‹ Fabrication des étoffes: Études sur les arts textiles à l'ExpositionChapitre 5 sur 49 · LIVRE L · texte numérisé non relu

LIVRE L

Le progrès, dans les arts textiles, se loanifeste tantôt par le perfectionnement ou le moindre prix de revient du produit, et parfois par la réunion de ces deux éléments complétés par une élévation de salaires résultant des conditions écono-> miques de la fabrication ; tantôt par l'apparition d'un article original qui augmente le nombre des variétés fondamentales de l'art vestimentaire. Le premier résultat est la conséquence ordinaire d'améliorations apportées à l'outillage. Le second est dû à une heureuse inspiration du goût, à une modification dans la manière de procéder et de faire fonctionner les éléments usités, ou à la mise à profit d'une manière particulière de certaines propriétés des substances.

Lorsqu'un progrès est entré dans la pratique, les moyens et les résultats se trouvent réunis, et la constatation en devient aisée dans les usines. Mais lorsqu'il est encore à l'état de stage ^ il faut un certain temps pour faire apprécier la valeur de l'invention ou de la modification qui y doit conduire. L'un des

ALCAV. — Atiz teoftUes, 1

principaux avantages des expositions est d'offrir l'occasion la plus naturelle de propager une nouveauté utile.

Cependant les inventeurs ne peuvent ou n'osent pas toujours produire leurs découvertes dans les concours publics, soit que les moyens matériels leur fassent défaut, soit qu'ils se trouvent arrêtés {lar la crainte de se voir ravir le fruit de laborîeusefe recherches et de grands sacrifices par les industriels des contrées oîi il n'est accordé aucune garantie à l'invention. Il en résulte que souvent les innovations les plus importantes, et surtout les plus récentes, ne sont représentées aux expositions que par des résultats. L'intérêt de l'inventeur l'oblige, en effet, à faire connaître sa découverte et à tenir ses tnoyens secrets, du moins pendant un certain temps. De là^ des lacunes que nous aurons à signaler même à rExpdsitidti de l8ô7, qui est cependant et devait naturellement être la plus complète de toutes.

De là aussi la nécessité d'examiner et d'étudier parallèlement les caractères et la valeur des pipduits et des moyens les plus intéressants de l'Exposition, les procédés et les résultats tentés dans le but de faire avancer l'industrie, mais ^ui n'ont pu prendre part au concours de cette année.

Pour faciliter l'examen des nombreuses questions qui se rattachent au travail des substances filamenteuses^ nous les grouperons par catégories comprenant :

1^* Les matières premières^ les éléments qui intéressent leur production, leur récolte ^ et les moyens de les épurer;

2° Les fils simples de toute nature pour te tissage;

3° Les fils apprêtés destinés à la couture et à t ornementation ;

4° Les cordages;

'S° Les moyens pour rectifier et déterminer les caractères et les qualités des produits ;

6° Les étoffes de toute espèce^ depuis les ouates^ les feutrés^ jusqu'aux tissus les plus compliqués et les plus ornïsmentés ;

7" Le ïnatériel tiécessaire pour amener là substance à chûcun des états ci-dessus;

8° Les renseignements statistiques;

9° L'étude comparée des matériels et des frais généraux.

Ainsi groupée, cette classification suggère, dans son ensemble, des considérations qui doivent être résumées telles qu'elles se sont successivement imposées à notre esprit.

Page 1