‹ Fabrique de romans: maison Alexandre Dumas et compagnieChapitre 2 sur 7 · CHEZ TOUS LES MARCHANDS DE NOUVEAUTÉS · texte numérisé non relu

CHEZ TOUS LES MARCHANDS DE NOUVEAUTÉS

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PARIS» •« imprimerie de Hauquelih et Bavtrucbe, rue de la Harpe, 90.

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31 no& 3lini0 l»e demain.

Donc écoutez-nous, Messieurs :

Un chai, nommé Rodilardus / ]

Faisait de rats telle déconfiture,

Que Ton n'en voyait presque plus, Tant il en avait mis dedans la sépulture.

Le peu qu'il en restait, n*osant quitter son trou> Ne trouvait à manger que le.quarl de son sou.

Le quart f tia Fontaine est généreux.

Ce Rodilàrd passait^ chez la gent misérable, Non pour un cbat> mais pour un diable.

Un boîi âkbte , disent quelques-uns ; mais au fond ils savent bien qu'à est noir.

Or, un jour qu*au bant et Au loin Le galant alla chercher femme> Pendant tout le sabbat qu'il ût avec sa dame.

Rue Joubert, n" 10,

Le demeurant des rats tint chapitre en un coin

Dans les salons de Lemardeiay, rue Richelieu,

Sur la nécessité présente.

Une terrible nécessité ! Vous étiez tous de notre avis, messieurs lès genâ de lettres , et chacun de vous

Opina qu'il fallait, et plus tôt que plus tard, Attacher un grelot au cou de Rodilàrd.

Quel grelot? belle demande f l'opinion publique. — Agitons-la , disîezvous, elle fera du bruit; et le bruit de Topinion, c'est quelquefois lé tocsin.

La difficulté fût d'attacher le grelot.

Ceci devenait sérieux*

L'un dit : Je n'y Tais point, je ne suis pas si sot;

Nous eûmes, ce jour-là, tant d'esprit !

L'autre : Je ne saurais. Si bien que sans rien faire

On se quitta. j

Sans rien faire n*est pas le mot. On vota bien quelque chose ; cela coûte si peu de voter ! On statua donc à Tunanimité que les rats étaient fort à plaindre , et qu'il était urgent de se tirer de peine. Après quoi Ton se sépara , sans qu'il fût autrement question du grelot.

Ne faut-il que délibérer?

La cour en conseillers foisonne.

Est-il besoin d'exécuter?

L'on ne rencontre plus personne.

Il nous a paru rare et plaisant de faire mentir une fois La Fontaine.

Nous attachons le grelot.

S'il fait un bruit salutaire , si le conseil des rats ne s'est pas trompé , si Rodilard , en effet , se voit contraint de revenir à des pratiques de tempérance, vous tous, messieurs, qui trembliez de devenir complices d'une folle entreprise, et qui, hier, faisiez la sourde oreille , quand nous demandions votre appui , sans doute, le grelot attaché, vous reprendrez de la hardiesse et vous viendrez nous adresser des félicitations de frères et d'amis.

Qui sait? ce sera peut-être encore du com*age.

Salut donc à nos amis de demain !

Eugène de DIirecourt.

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