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Culte iolâtre. 199
—Mais alors il ne leur en reste plus que neuf, interrompit Jean.
—L'Eglise a ingénieusement pourvu à cette lacune, mon garçon ; car elle à divisé le dixième en deux.
— Une telle mutilation doit attirer sur ses auteurs un châtiment sévère et mérité, dit tante Mélie.
— Cela lui donne aussi, dit Nora, deux commandements qui sont vraisemblables, le sixième et le neuvième.
—Ce fait, repris-je, m'avait souvent taquiné, Quelle fût done mon indignation quand je trouvai qu'on m'avait pris pour dupe. Qui se douterait d'une telle perversité ? Cependant c’est comme cela que le clergé donne le change au peuple, en disant que l’église n’adore pas, mais qu’elle honore seulement les images.
—C'est le plaidoyer de tous les idolâtres anciens et modernes, observa le Professeur, Aucun d’eux ne veut admettre que son culte s'adresse à l’emblême qu’il pare, malgré la défense formelle de l'Etre qu’il prétend adorer ; mais cette argutie n’exonère pas du péché. Les Ephésiens avaient la prétention d’adorer Diane, et non son image. Les Athéniens affectaient de rendre leurs hommages au Dieu inconnu, bien qu’ils le représentassent sous des formes variées. Si le romanisme est plus rafiné il en est que plus sacrilége.
—V6s remarques sont très pertinentes, mon ami ; elles jettent un nouveau jour sur la question, mais les images me conduisirent, par affinité, aux prières qu’on adresse à leurs originaux. L'église assure qu’elle ne demande que leur intercession, tout comme nous demandons à nos amis, de prier pour nous. Pourtant, si on consulte les litanies et les prières qu’elle adesse à Marie, on verra combien le culte qu’elle lui rend est blasphématoire et en contradiction avec l’enseignement biblique. En voici un exemple : “ Souvenez-vous, à très pieuse Vierge Marie, qu’il ne fut jamais ouï qu'aucun de ceux qui ont eu recours à votre protection, imploré votre secours et demandé vos suffrages, ait été abandonné. Animé d’une pareille confiance, Ô Vierge des vierges, je cours à vous, et gémissant sous le poids de mes péchés, je me prosterne à vos pieds. O Mère du Verbe, ne dédaignez pas mes prières, mais écoutez-les favorablement, et daignez les exaucer.” En voici un autre, où la Vierge occupe la place de la troisième personne de l’adoruble Trinité : ‘ Dieu soit béni. Béni soit son Saint nom. Béni soit Jésus-Christ; vrai Dieu et vrai homme. Béni soit le nom de Jésus. Béni soit Jésus au très St. Sacrement de l’autel. Béni soit l’incomparable Mère de Dieu, la Très Ste. Vierge Marie. Béni soit sa Sainte et Immaculée Conception. Béni soit le nom de Marie, Vierge et Mère. Béni soit Dieu dans ses Anges et dans ses Saints.”
Culte idolâtre. 201
— Hélas, s’écria tante Mélie, je frémis dans tous mes membres, en entendant de tels blasphèmes contre le Saint-Esprit qüe l’on iguore et déplace. Qui pourrait nous trouver de tels sentiments dans la Parole de Dieu ?
—Nous voyons en effet que même les mages ainsi que les bergers n’ont adoré que Jésus. Et plus tard, quand une femme dit au Seigneur : “ Bienheureux est le ventre qui t’a porté, et les mamelles qui t’ont allaité,” Il répond : ‘“ Bienheureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent.” On ne doit donc pas regarder à Jésus d'après la chair et le sang, mais par la foi et l’amour. Lorsqu'il apprend à ses disciples comment prier, pourquoi omet-il sa Mère ? Avant de monter au ciel il leur dit: “ Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera.” Jésus nous envoie directement au Père de toute Eternité. Rome veut nous y conduire par une voie détournée. Dans l’île de Patmos, Jean veut se prosterner devant l’ange; celui-ci le reprend disant : ‘“ Adore Dieu.” C’est le témoignage indubitable des Ecritures. Mais Rome prêche un autre Evangile. Si adorer veut dire rendre hommage en se prosternant, ou honorer d’un eulte particulier, les romains adorent la Vierge Marie.
—Les prêtres, remarqua Nora, insinuent que la Vierge Marie est d’une nature compatissante et bonne, qu’elle connaît nosinfirmités et qu’elle en est
touchée plus que le Père même, vu que nous pouvons nous approcher d’elle plus facilement que de lui.
—Oui, j'ai été témoin, dans les neuvaines, de l'effet produit par cette adroite méthode de présenter la chose ; on gagne la sympathie des simples, et on a soin de la tenir en éveil ; muis toute cette paraphrase tombe à-vau-leau devant un examen sérieux. Seuls les crédules se laissent séduire, car supposer que Marie puisse entendre les prières des milliers qui lPadressent, c’est lui accorder lPomniscience et Pomniprésence qui sont les attributs de Dieu seul. A la divine Trinité appartient, sans partage, la gloire et l’honneur aux siècles des siècles.
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‘ Gloire soit au Saint-Esprit !
Gloire soit & Dieu le Père !
Gloire soit à Jésus-Christ, Notre Epoux et notre Frère !
Son immense charité,
Dure à perpétuité.”