‹ Face à face ou Luttes mentales d'un catholique romain [microforme]Chapitre 21 sur 24 · OS PA · texte numérisé non relu

OS PA

Fe

“te ter me

Mais j'avançais avec lenteur vers la lumière, Je me tenais attaché aux choses vieilles avec ténacité, ne procédant, dans mes recherches, qu'avec la plus grande circonspection, n’admettant rien qui ne soit passé par le creuset de la plus sévère épreuve. Ayant disposé des prières aux saints, je tournai mes regards vers le dogme du purgatoire, qu’on définit ainsi : ‘ Un lieu de peines, où les justes achèvent d'expier

En

Purgatoire. 203

leurs péchés avant d'entrer en Paradis ; ” et on nous assure que ces peines ne diffèrent de celles de l'enfer que par le terme de leur durée. Rome veut établir son purgatoire à la fois sur les Ecritures, la tradition, et la raison. J’examinai la question à ce triple point de vue. Amon étonnement tous mes efforts pour en retracer l’origine dans la Bible furent infructueux. Nulle part, je ne vis de distinction établie entre péchés mortels et véniels, qu’exige cette doctrine.

La Bible ne reconnaît que deux classes d’hommes : les saints et les pécheurs, convertis et inconvertis, figurés par le blé et l’ivraie, les brebis et et les boucs. Pas de milieu. Iln’y a que deux lieux éternels : ciel et enfer.

La Bible ne présente qu’un élément pour la purification du péché, savoir, le sang de Jésus-Christ. Le feu n’a aucune vertu par lui-même, bien qu'il soit employé figurativement pour représenter le Saint-Esprit. Si la souffrance peut müûrir la grâce, elle ne peut la produire: ceux qui souffrent ne sont pas nécessairement purs. L'ange dit à Jean : ‘ Ceux-ci sont venus de la grande tribulation,” mais il vattribue pas leur salut à leurs souffrances, car 1l ajoute, “ils ont lavé et blanchi leurs robes dans le sang de Agneau.” De cette multitude de rachetés pas un seul ne soit gré de sa félicité aux flammes du purgatoire ni aux indulgences. Ils proclament à l’unanimité que tout le mérite en re-

204 Face à Fuce.

vient à l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde.”

La Bible prescrit que les péchés ne sont remis que dans ce monde : ‘ aujourd’hui est le jour du salut,” demain ne nous est pas promis. Après la mort il est ordonné que “ celui qui est impur et souillé le devienne davantage” Voilà les principes fondamentaux dont il n’est pas prudent de se départir; donc, que le purgatoire n’est ni plus ni moins qu’une fiction.

La doctrine des indulgences est intimement liée à celle du purgatoire ; mais elle est tellement inintelligible que la plupart des écrivains de l’église qui la proclament ne paraissent pas la comprendre. Cependant elle conduit le vulgaire à croire que l’expiation du péché peut s’accomplir au moyen de péuitences et de bonnes œuvres surérogatoires.

— Ceci dépasse les bornes de ma compréhension, remarqua Luella, qu’on puisse faire au-delà de ce que Dieu nous demande, lorsqu'il veut que nous l’aimions et le servions de tout notre cœur, de toute notre âme, et de toutes nos forces. Dans ma dernière leçon biblique, je me souviens d’avoir lu que Jésus a dit à ses disciples : ‘ Quand, vous aurez accompli toutes les choses qui vous sont ordonnées, ajoutez que vous êtes des serviteurs inutiles, car vous n'aurez fait strictement que votre devoir.”

— C'est exactement ce passage qui me fit voir

Fictions superstitieuses. 205

l'instabilité, le néant du système. Au moyen de ses enseignements un romain peut gagner plusieurs indulgences plénières ; or, comme une seule suffit pour délivrer du purgatoire, le surplus est applicable aux autres qui pourraient être moins fortunés,

— Si Rome était sincère, dit tante Mélie, elle tiendrait un livre de compte avec ses membres, et quand aucun d'eux aurait le crédit d’une indulgence plénière durant sa vie, à l'heure du trépas, elle le proclamerait passé tout droit dans les cieux.

— Plûtà Dieu qu’elle tint compte du mérite de Jésus-Christ, dit le Professeur ; alors ces absurdités païennes r’eurent jamais éclipsé la vérité évangélique. Rome n’a pas la main heureuse lorsqu'elle en appelle aux Ecritures, qu’elle récuse si souvent, car leur témoignage lui fait invariablement défaut.

— Vous avez heureusement disposé du premier argument, observa Mr. G. ; il vous reste maintenant à constater que la tradition fixe l'introduction du purgatoire à une époque plus récente que les temps apostoliques. Rome ayant un urgent besoin d’argent pour subvenir aux dépenses de son faste a eu recours à ce subterfuge pour remplir son trésor épuisé. Voilà l’origine du trafic des âmes dont parle l’apocalyp*e. Le prix des messes forme une source de revenu intarissable. C’est la poule d'or du pape et des prêtres. Le libertin Phillippe IV de France paya le chant de dix mille messes pour le repos de son âme.

AE rene ef

de rt

nt mn

RE

Page 1