‹ FacétiesChapitre 10 sur 50 · M . BORD E R E A I · texte numérisé non relu

M . BORD E R E A I

Touchez la.

M . MINUTIN.

Il faut donc vous ouvrir mon cœur. Je ne suis rien moins que jaloux ; mais je suis ruiné. J'en impose encore au public par un faste éblouissant ; mais, dans peu, on me verra donner du nez en terre.

M. BORDEREAU

Eh bien, mon ami, nous vous soutiendrons.

M. MINUTIN.

Je n'aurois pas tout-à-fait besoin du secours

34 Contes de Caylus.

de mes amis, si Madame Minutin vouloit associer sa pratique à la mienne.

M. BORDEREAU

Ah ! ah ! est-ce qu'on passe aussi des actes par-devant Madame ?

MADAME MINUTIN.

Que voulez-vous dire ?

M. MINUTIN.

Vous rrTentendez : votre pension ne peut suffire pour vos plaisirs et vos habits ; il faut bien qu'il vous vienne de l'argent de quelqu'autre part.

MADAME MINUTIN.

Mais je gagne beaucoup au jeu.

M. BORDEREAU

Cela se peut sans miracle.

M. MINUTIN.

D'accord ; mais quand la femme donne à jouer, il ne reste ordinairement au mari que les vieilles cartes et les cornets.

M. BORDEREAU

Ne parlons pas de cela.

M. MINUTIN.

Tenez, Madame Minutin, je ne suis plus jeune ; et, à certain âge, on se défait de beaucoup de préjugés, faisons bourse commune : mettez le produit de vos actes dans Vesquipot.

Guillaume, cocher. -><r

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