M . BORD E R E A I
Touchez la.
M . MINUTIN.
Il faut donc vous ouvrir mon cœur. Je ne suis rien moins que jaloux ; mais je suis ruiné. J'en impose encore au public par un faste éblouissant ; mais, dans peu, on me verra donner du nez en terre.
M. BORDEREAU
Eh bien, mon ami, nous vous soutiendrons.
M. MINUTIN.
Je n'aurois pas tout-à-fait besoin du secours
34 Contes de Caylus.
de mes amis, si Madame Minutin vouloit associer sa pratique à la mienne.
M. BORDEREAU
Ah ! ah ! est-ce qu'on passe aussi des actes par-devant Madame ?
MADAME MINUTIN.
Que voulez-vous dire ?
M. MINUTIN.
Vous rrTentendez : votre pension ne peut suffire pour vos plaisirs et vos habits ; il faut bien qu'il vous vienne de l'argent de quelqu'autre part.
MADAME MINUTIN.
Mais je gagne beaucoup au jeu.
M. BORDEREAU
Cela se peut sans miracle.
M. MINUTIN.
D'accord ; mais quand la femme donne à jouer, il ne reste ordinairement au mari que les vieilles cartes et les cornets.
M. BORDEREAU
Ne parlons pas de cela.
M. MINUTIN.
Tenez, Madame Minutin, je ne suis plus jeune ; et, à certain âge, on se défait de beaucoup de préjugés, faisons bourse commune : mettez le produit de vos actes dans Vesquipot.
Guillaume, cocher. -><r