‹ Facéties du comte de CaylusChapitre 35 sur 47 · LE PRINCE BEL-ESPRIT ET LA REINE TOUTE-BELLE · texte numérisé non relu

LE PRINCE BEL-ESPRIT ET LA REINE TOUTE-BELLE

f L étoit une fois une Reine qui se nommbîf

Étrennes de la Saint-Jean, 177

ces mots écrits sur un. papier : Cest un rendu; pour faire entendre la façon dont elle le menoit tous les jours, et celle dont il la mèneroit cet heureux jour. L'espérance de devenir son compère, pour être dans la suite quelque chose de mieux, se joignoit au plaisir de paroître devant tout le monde en donnant la main à la Reine.

Toutes ces idées lui donnoient une joie qui le faisoient rire, comme Ton dit, aux anges ; mais cette heureuse situation (car les bonheurs ne peuvent pas toujours durer) fut interrompue par plus de trente-six sols en liards qu^une main barbare jeta dans la bourse de la plus belle des quêteuses. La Reine Toute-Belle rougit et versa même quelques larmes de TafFront que lui faisoit la fée Toinon, qui toute bancroche qu'elle étoit, n'en étoît cependant pas moins jalouse de la préférence que l'on avoît donnée à la Reine pour ce grand jour ; car l'on sait assez combien ces occasions sont agréables et souhaitées dans le monde. Le Prince Bel- Esprit rassuroit cependant la Reine par un clin d'œil et lui disoit, toujours en souriant : Ce ne sera rien^ Mademoiselle, croyez-moi, elle en aura le démenti ; rira bien qui rira le dernier ; elle s'est trop pressée. En effet, Bel-Esprit avoit non-seulement prié tous ses amis de donner à la quêteuse, à charge de revanche ; mais il avoit aposté plusieurs personnes, qui donnèrent plus de dix-huit francs en pièces de douze et de vingt-quatre sols, de façon que la mitraille se

la

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trouva couv^te, et que la grosseur de la bourse^ qui faisoît paroître la quête admirable, fit endêver la tée Toînon. C'est à vous, belle Javotte, de permettre à Tenchanteur Amour de' couronner une si belle union.

Javotte, piquée de ce que son aventure devenoit publique par cette indiscrétion (car la chose lui étoit en effet arrivée depuis peu) et désespérée surtout d'appî^endre que les' dix-huit francs venoiént de la générosité de son amamt^ et non pas de son mérite, dit tout haut que le prince Bel-Esprit étoit un sot, et qu'elle le chassoit de sa cour. Elle a tenu parole, et D... a perdu une belle fille et une grosse dot pour n'avoir pu se taire encore quelque temps sur les dix-huit francs, Les femmes n'aiment point qu'on leur reproche les dépenses.

POUR SAINT£*»ÉtISA8£TH.

MONSIEUR Vabbé ***j bel esprit de la vUle du Mans, étoit lié de la plus étroite amitié avec Madame de ***; elle s'appeloit ÉJisab^.

Le jour de sa fête il entre dans son apparteaneiit au. moment qu'oa TéveiLLoit^ tenapt d^yisf 'sa main une corbeille couleur de ^03e; il l'ajbor^ en disant ces mots ;

Pour voiis composer uh/boU^uôt^ ' ' * • • Des plut bfiilaiites^fletiffs'fai ohxMfiifàsaémbiagf^ •

Étrennes de la Saint-Jean^ 179

' Bo beaa seie qui nous engage Voua été» le plus bel ob;ec; Sijr lefi fleurs. de notre bosquet Elles ont le même avantage.

Alors il lève le dessus de la corbeille, îl en tire le bouquet ; mais, surpris, îl dit :

. ; Mai^ hélas j cesflturs sont passées, Votre réveil a . cl^ngé leur, estât î Par les vôtres je, vois qu'elles sont effacées; ! Près de vous tout se ^ae et tout perd son. éclat.

LES EPREUVES D'AMOUa

dans les quatre' éléments .

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