HISTOIRE NOUVELLE
UNE dame, dont je tairai le nom, appelée Cécile^ fort . adonnée aux amosÈments de Pesprit, avoit exigé d'un cavalier, qui la considérolt beaucou|>, une histoire de sa façon |^il(r bouquet, en guise de discrétion qu'il avoit "petdue aviecelleà certain jeu ; dont Voici comme îl s'acquitta.
Euialie étoit née pour éprouver les capridès les plus singuliers de la fortune et de l'amour; sa beauté étoit conforme à sa naissance, et c'est tout dire. Sa vie aooimeaçavd'abord au bal de l'Opéra de^ Paria, oti Madatiie sa mère .se trouva
lôo Contes de Caylus. '
dans la nécessité dé la mettre au monde. Elle y fut reçue par une troupe de masques, parmi lesquels il s'en trôùra une en sage-femme, et Tautre en nourrice, qui facilitèrent beaucoup la naissance de la jeune Eûlalîè. D\in alatrè côté, le f eune Alexis naissoit. C'étoit un cavalier qui devôit être accompli, comme il le fit voir dans peu. Cétoit lui-même que le Ciel <lçs* tinôlt pour causer et partager les aventures d'Eu* lalie; car nous naissons toujours àssoi'fis à quelque autre ; la question e^t de rious tencomrer. Ceperidarit la belle- Eulalîe énttia en nourrice comme Alejcis en'softoit: leur étoile <:othmençA par les faire venir frère et sœur de' lait ;' jugeï de la sympathie que cela leur donftal'mt porxt l'autre. Aussi pcut-^on ^aiicfet* que ce comme»* cemeiit leur procura, par la «uiie, l'occasion dé se connoître, de s'attacher jeitdore pitïs: étFOitô+ ment'iSin à l'autre, et de renriplir Uur'vocatiioQfcu Je )pfâs§eràî;è^ilHnoiis plàîl; èfiTsîle^ntetoWWs les geiitflle^ek ^d'uàé ehfahce si charmante, qui remplîrôient un volumle, afin d'aller 'ea^-^vaat dans Une hiétoire si ihtéroâ^ttniie. Passons dowz tout' d'iTn' ciou}^ à T^doldscence de' ce^ jbaaWès enfe Ati ; '<^' '^ue ■ jVin die ' de- paûvresL' lenfantp îiVst'p^ qu^il^i^è fussent asèe^^accommodésides biens de la fortune ^uf avoir i-db qùoi^ 'mais c'est pàfr rap^oH dui révôlutifansdeleiws» coàirs. LaH[%tufie-'^ui'sè^fnb}ë^^ 'CODdUireltoV'Ufsomttir par ïà main, lit ènciofè'{)l'Ute''po«Uf - eux/^t'tos rendit Voisi ns de quartier^ - erv ^sorte • qu^il ' w'y
Étrenn^s- 4b, Ici Saint^Jean. i8i
avoit que 4a rue . eiUre deux. Bientôt leurs pareAs, qui s'yétgient plu à voir rattachement rçciproqi^e de ces deux enjEans, et qui s'en faîsoient ua jeu, ,€fa craignirent les. suites. Une brouiller ie :suir;ve w^ à jpropos entre eu^: fut le cpmmisî^cemye^i def jnfoxtunes gui tpurjtnentér^nt la vie de no?, , ^ip^fis. JLes. voilà donc, séparés, et; réduits à,n(^,p^w5 $^ voir, qu'à la dérpbée ^ U PQiesse eitwpaçtQi^t o.ù iU s^ .risncontroie^t, C'i59t-àrdire xof ea^jçaî. ,aju;5 .. promenades .et jamais a^ij^çpeçtaçles, He^jy-^u^em^nt ils, demeu^'oient yiSràr vis Tun d^ Ji^i^^itr^, et Us passoi^nt ijne bpnjGke moiMidç 1% jpu^n^ à lfyr$ fenêtres, à s'jspvoyeii: mjile .r§gar)4s pt,m\\^$Qaj^ij:s queues aiphyr? letHr < pçmij^VfW ^ et, ; r4Pi)<?f;tQien^ . sans Qe83ejtrès-ôdèlf2|mftftt?).C^ .^qujL^gçnjeot/Iei^r fvifflsoit; rAiîto,uriî)5er.p#gSje..4,rpett q\^nà il,e.st îeilne ; m9^ iB^^i4)^f:^|[|$.;^;'en,*perç^etU; qp olwng©a.KnkHfliJf^W^l^^îïi.®»«>^.'13epe. dfrniàfe «épftcaiûpn. te^ri ^ pftf m i bp^n r plus ; insffppQn^y p que lft^pc€»ni^. iBs-:^fty^jb&ntjpasfé JÎ^i^yI^ | fiC'. vuegardcc à' firfttier s.ol* lim^, i4MîS%ÇÀo? -j^ #
EcojKMODt-' Alcetfôg^pfSîiijeicrpijtriw jl-ipwo^f sîbie^.il iidli»! ^s'jûden^tolft^rcheij r^^ ç^p^^d,i/ef}? çoûinéluÊfer;taj'fi^(ei«[fd^^rsrJj^raji^.; JUf^ ,J&?jc; tsmepiqixii fm)faissj|pqu&jejiiib|aM[ dp r)Q;^/^t^7 doimeryks tiiFa'd?embftrraf5..^..rjî-'v .,: or> -r, ,, \ p.iHbui»ui5Jïiïfe0é(lfeft\l .i^îtrfifeq^, :Ç<u4^1iç,^ i?;ai$ aBrecjtamudfe yi^few^ guf^tf^i]ti,pn.j;ft^^cp^dp ;î«6iiî jcQcnme «aoi^n^^iit^Fififisç^rP/WV.^ tf^
i82 Contes de Cayîtts.
qu'Alexis n'en profitât pas. Il ne perdît point de temps, et, sans craindre ni feu ni flamme, il se jeta tout au travers de Fincendie, etfitsi bien qu'il pénétra jusqu'à la couchette d'Eulalie, l'en tira le plus modestement qu'il put, la prit entre ses bras, et l'emporta si à propos chezlm, que le plancher d'Eulalie s'effondra le moment d'après, et la maison presque consumée tomba en ruine et s'écroula sur elle-^même si parfaitement, que ce n'étoit plus qu'un monceau 'de décombremens, qui n'avoit plus ni forme ni figure de maison. La confusion fut aussi grande que le désordre; en sorte que les parens, ne sachant à qui entendre, ne s'ape*çûrem pas de l'heureux enlèvement de leur chère filie^ et même ils firent mieux, car ils crûrent qu'elle avoit été brûlée et écrasée avec' lés môubfcs et le reste de la maison. Tandis qu'ils la pleuroient, nos heureux amans étoîent réunis en secret par le plus grand bonheur du mon^ :• juger de leur amour. C'est là que l'histoire resté tout court: on ne peut décrire ce qu'on né -peut •définir. Mais cependant remaSr^utMîS Id ^délicatessê d'Eulalie, qui, entré "les'brâs de son amant, devoit naturellement n'a voirrica^àdésirei*, et qui pourtant regrettfe de n^Avoir )Ças sauvé dé l'incendie quelques petits^ billets ^ux qu'elle avoit reçus de son cher AlekisJ Cependant il la tënoit avec bien dû seevet,: fdans^^a chatiibre au troisième, lia >notirtissànt detbut cequ'il pouvoit attrapera la ODisiwe^/ et jy met-
Étrennes de la Saint^Jean, 18}
t^nt jijisqu^au dernier sou de Targeut qu^on lui donnait pour ses menus plaisirs; mais Tamour .-suppléoit au reste : ai la chère étoit courte, les cQnteatemens étoient grands. Leur félicité pa^oîtra incroyable aux insensible; mais laissonsTles là, ils ne so^t bons à rien.
.Gea d^ux amans passoient les jours entiers à s^aimer et à en être charmés; ils n^avoient pas -le. temps . de song^ à l'avenir ; ils n'cnvisa- -geoient qu<e le prése^nt et en profitoient : qu'au- Toient pu faire'4^'^i^ux des gens plus raisonnables, et plus expérimentés? Le bonheur de ^leur rom^n.fjut tijoublé. par cette fatalité qui, ne permet jamais, ji la félicité d'ét/e durable. Un fripon d§ valet s'^apençut 4ç. quelque chpse; il . eîn jasa^ tout fut déco»yertt etPcn vint arracher, I un bew matin, Eulalie d'entre les bras de TA- . oDftDur même. Quel réveil ! car ^nfin elle dortmoitralors;, il faljoit.biçft dormir quelquefois. îUne.mèreJiîjçbftUs^,, comcf^e c*^ Tordinaire,
riP^nkfva'd'aUtpriN ; L<çe qui fut accpmpftgné de qujelques petiteç inA^ervres sur les, joujes jde^ro-
- î^es d'Eulalie. Quf'ftyoit . foU Aa p^uvr^ )cnfaut que
- 'toute auiifef a'eût h\%. ^ m, place:? Le? yoili^, donc iàépai>és -comme m 4e.ri^n?étpit, s^nssavpir ce
> qju'ib, alloient d^Y#j9ii(;^iIiO?en resta à Alexis, / saàs camptet Jç ç«ste> , r qu^ «1^ -, pljaisîr d'^yjoir -fsa^yô EulaMitL dii ftu, ex le cb^gfin.d^ la perdre i /peut^tre:'PQur jiamaîs^. Mai& il y a» coi^imie. on iidit,;tin Dieti pour «lies ^nlain^^^oux les. amans, -»oaiF c'est tottt'Urt >[ .; u--. :; ,- ;. •
.jf84 * Contèis de Gayins.
Alexis^. à force de remn/ery-appritenfin qu^on alloit mener Eulalie ajQ côirsnent dans unis province des* environs de Paxis^ et.quMppftrem* ment «Ue étoit perdue pouir Im : :saa$ retour. EffectÎTement sa mare prcténddit en laijîe, ban ^té mal gré, une religieuse ' pémr toiitle. $a yi^ ; - et^ pour mieux y déterxDiBfçr< sa .iiUe, elle; lui •avoitlait accroire rinconstaoce de -son . aânailt. Pilles^ ne vous y trompez pas, c'esKiarubriqùfe ordinaire doiit les parens se Iservent en pareil cas; Ettkdiè^ qui ne le. croyoit paspluls 4uei4e irarson,. laâssoit faire sa mère et pre;noît pér ' force le paorti d^obéir. Le ^aur du départ .fatal «rrita.. Il' fallut se lever -pour la: derniècç fd^; on. la Qhit.enjcaixûisse^ et Ton (Partit sam' lui ^efmettre d^aller faire ses adieux dànsle quArtifS*. ' Csst ralbrs que riafjorjtuftée £ullaliei s^tît :pl us : que îimiistrtdute la foroede* soin malhçurtrwi fot^)lé.raya©id^e»po«aM»J!avOft toujours soutenue; mais, voyant que chaque paâ ^u^eUe lËEisoit. IVloJgaotf d6 son ichiec Aleài^ ^t r^pt^ro- ' cfacût de son èiil^^ét^mel) tdleper ditda ts59(m^»ir latte;. Le désespoir. sPenlpaara dejsosi itriste^ce^t' elle prhiUHeîîésQlutioarjbîefit tejtâWçjvtrrfa'ftt-tendit qu'une occasion favorable pour lîca&écut^. Mais, me dira-t-on, on n'a point de nouvelles d'Alexis ? Patience, lecteur, chacun aura* son tour; nous l'avons laissé rongeant son frein; il ne tardera pas à reparoître sur la scène.
Eulalie rouloit, lorsque, à une certaine distance, il survint une rivière qu'il falloit passer
Étrennes de la Saiiit^Jean. 185
dans un bâc ; à cet aspect; Eulalîe feignit d^a^voir pour/ et demanda à descendre rcûmme on cher* dtkOA à Tamadouer, bn n^eut garde de lui refuser sa demande. Etant donc descendue à pied dâhs te bac, elle s^approcha dHin des bords, et, dans rendroit otï Peau étoit la plusiorte, elle se piiédpita à corps perd:»': aussitôt oo: entendit rderriére un graiûi cri, et un des gens de livrée ne fut ni ion ni étourdi ; mais, sans perdis detetnps^ il se }eta après elle^ dans le dâsieîii4e la' sauver ou de périravec. Âusisi étott-ce le désespéré Alexis^ qui s^étoit ainn travesti pour suivre: sa maîtresse de rœil ; comme il s'étoit déjà jeté unô fois dans le ieu pouf elle, il n^est pdB étbniïftnt qu^il se jetâtÀ Teau pour k séuver «icoreiune-fods. " .
'Côpétîdatit Ib cburatu:, qui étoit extrêmement ^Tàpidev âvoit 'déjà entraîilé bien loin Eulalie et ma amant! ^ il faiscs^it desfeffocfô^sumaturds pour 'li' joindre;..,; ' ' < i
' 'feî l'histoire é'est' trouvée par malheur intea:-
: rc^mpoe ; 'iMisrom^&ra :son possible 'pmir enga^r
lUarteuri' à rnoué en donner promfptement la
-seconde piastre^: qiui'ne 'serà peut«4tre''pas la
demièréi. ' '':•'•' '• .1.: ...;.., ,,- .-• .•: '"
i86 Contés de Caylas.
SUITE DES ÉPREUVES D'AMOUR dans Us quatre élèntnts,
POUR peu qu'on s'en souvienne, on peut ïse rappeler aisément que nous avons laissé nos deux amans .à vau-4'eau. Les speaateurs tes avoient perdus de vue, et se contentaient, ne pouvant faire mieuï, de les recommander à saint Nicolas. Cependant Alexis ne s'iendormoit pas, de son côté; au contraire, il fit tant,* qii41 ^o^tut enfin sachâre Eulaiie, que ses hai^dés et quelques mouve-méns involontaires ^'elle Msoit de temps en temps' faisoient revenir sur Peau; mais, au > moment oîi son amant ^oît mettre la maîa dessus, il lavoyoitfcùreleiplcmgeon^ et< hii-méme alloit à la dérivei Ce peitit manège dura quelque temps : ^lexis essayuit tomes cesf contrariétés ; il retoonmoit sans, ce^se avec urie patience admirablq à' lai obaorge'^jqt, sans attendre ^que^ sa proie reparût, iMailèlt, inêmeea' ptongeant, la cbd^cfaei* ^tisques»QU fond des ondes, tel qu'un bai:bâ^ courageux qui poursuit un canard. ; Jl.>étoiti jtemps que j leur hauffa^ fiAÎt I. Alexîsy épuisi, tâ^ssonbla toute son industrie ; êtv à force de . roses,' .il >sâîsit Eulalie par ses beaux chevea», qui fiofttotent au gré des èawE.,Alc»rs^ ràniini' par cetiheuirei^x ava;ntage, il la remorqua jusque «hJrr la rive^et • la fit édgromersUr un gazon, iquiisemblaiSej6rou-
Étrennes de la Saint^ean. 187
ver là exprès pour recevoir une si belle charge ; il ne Peut pas plus tôt mise à sec, que, se mettant à la considérer, il crut s'apercevoir que la vie lui manquoit, et quWe Tavoit laissée au fond de la rivière. Alors il fut sur Je point d'aller s'y jeter lui^mâme, désespéré d'en avoir fait à deux fois : il prenoit congé de sa pauvre défume par mille baisers qu'il prodiguoit sur . ce visage où il n'y avoit plus que des lis, lorsque, ayant par hasard rencontré sa chère bouche, il sientit quelque, reste de respiration ; H auroit noo-seuleraeht, partagé son âme avec elle, mais il Iél lui auroit voloniiefs transmise tout eatière. Il continua donc : c'étoit de quoi ramener un mort ; aussi le fit-il.- Eulalie, reprenant haleine, soupira^ ouvrit! ua de ses beaux yeux mourans, et Un de ses regards fut adressé à son libérateur, "qui jouit de sla résurrection avec des transports trop^ grands pou^ étare» sensibles : trop heureux jde , poîuvoir ^ lépfouver . altemativemeiu qu'on . peut jnoûrir. de plaisir ainsi que de désespoir. Tandis qu/ilss^oieiittqusdeux, dans cet heureux passagp^dç la ibovtl à Id viû^ les palrens, les.amis i^t toua^lespassa^sri arriv;ènent.àJa.ôle;! et nuDs .aoiaQs, saqLS'SÎen'rapei-ceVoîr, s'ea- trouvèrent 'enviiKJdnéss Chacun^lLoit^: Alexisy excepté Ja ; mère^iqui^ Ffin xemencîa froidement^ ert qui iit t^caospértsT^ sa : aller 'autre^^party sans vouloir /permettre . àt Alexistiie ysmis prendre .un. air. jde lieu avec eille;.i^fut,iJCpmmeon dit, obl^ de iseséofaeiî bu iis'^tait>BiBquîllé*.Ce jdienuer trait
de ^cté l.>aiigQa,plu^iq[Ujç.tout le^fies^.; .mais il s'jçp. ,çpf>spl^ p^r k plaisir d'aypir;^a^véjce qu'il. ainjoit. Il prjt da^jq si;m pajrti,.ejj4çxij^t çe<lfi'ii'.plu.tÀl^Jort^i;ip.„. . .y ... ,,.;„; ; ,. .QÇRSWlp^t^^ï^prè^,.qi^'on,.wîi fait. à.EHJi^e t9¥^F i^tt'W BHt IvÛ ^.fai^^Êi.lui/Çja^^qu^pAî.il fallut iç^ioptex ^T^ çarrpçççi e^ p9^^{ni:^eF^fr.Wfcej-
•séjou^^pù.^Uç 4fivpijt^tr^jîon|iàé^J>^nt^f,s^r^^^
M ,^ss?„^>fs?i..mp«,illpçj dg. js^ ftl^urç.^quS^Si
ft>ft^pai!djtpoiA|„çt,p^rtff^^a?^^ ^ypir f^ffiB* n>§p4«t.;^^x,.j^es4isf:ïpt^s ^ft.Ji^,4«nn^jj«
lpi<i?i*çUt. J|i?^ ::e|i^fer:iaA!içji$>^ Jn§tl^i fMt;>Ppr|ffl[riÇtÇ rYfèi*ib'mii«>i«.fl^^m[fe§fMi^fi<>«tl i^mf^^^
«Jfe ; ^i^îJt. :que^. (i^oin^ omi'Jfimrj et, ,Ml[§i^Ayi^
• Étrenriès^ d^ là Salût-^yean. i8p
vraisemblance et appuyé par ràmou'r. Eh effet, c'étoît Alexis, qui, à l'aide dé sa physionomie modeste et de sa jeunesse, avoit trouve le secret d'entrer parmi les novtcèis-de ce cotiVënt. U ne tarda pas à ne laisser aucun doute à 'EtrMîe du recouvrement de son amant ; ce ftit alors qu'alêne pardonné tbiit à la 'fortune; Quel plaisir pour deux amans de porter le méihe habit; devoir ïa même demeuré, l«s mêmes fonctions, lés mêmes devoirs,' et dé né voir ehtre eux d'autre différence que celle' qui servoit endoi*^ plus- à les réunir! Ils coniptoîent faire ensemble pro^ fëssîon ;* îH aVoîéiit' toujours feît'lés- inertes vioeûx: ain^î Ceux qu'ail léàr réstoit à farrelétlt paroJssoieht la consommation du resté. Le temps de la profession approchoit; ils' slèltipl^ôieht apffès' cfe 'moméftfv'qul^déVoit 'les iimr p6ur jamkft. Ils aûrokînt yr^lii en êtré^aù' léridéfifeîn; mais le démon 'de la jaiouàie'àfc- fourra entré éùidéiix; leur çraWdé^lfàfisôh oU plutôt 'TfaistltiCt de quelques nohhcs'fitqd'elles eka^rfîhêreiit fe lHUè^'qu''éHtes pUiiétit la'fëussernôviaer LMrtôtir Héuitùx est aveuglô^, la^TéHcîté:p(îMrte=â'«ree''élie unie espèce dé séfeirfité qùt dlevlent sbiiVefnt ttëé^ tfenj^ei'euse J ^ •^ô¥ qitfîî len pwidieiêïl*é,' Al^èiik ffat-ti-àhî'par^l^h'fefeïè,'quîtrëtt«ip<ét-j^t'àti*éV^^^ sa ^ g^AthpèJ ta! ' «èJÀne ' -qui' 's^éttoh' fàrthreiwettt a*fetarée4u"fait' ri'ëi' 'ditfdta ' j^ltls j^>kj''fettît '^par dëàesjyoîp^ ou 'pa^irâttloi!!^ de sa' téglé^tileftlt
cHt^iod àtithentiique ât|x-tâènôS di^Clièt^f qtiii
ipô Contes dé Caylus: •
eurent peine à croire ce rapport. L^affaire fut mise en délibération; celle qui nloit le fait n^étoit pas fâchée en secret de s^en convaincre par ses propres yeux : c'est ce qui fut exécuté fort heureusement pour elle. Un beau madn^ Alexis fut pris au saut du lit ; il n'y eut pas nloyen d'éluder; la conviction fut telle, qu'il fut dès lors traité comme un loup^uî se seroît sauvé dans la bergerie : cependant l'on en revint^ après bien des débats, à uni parti plus raison^ nable, qiai étoît de ne rien laisser ébruttevj Après avoir pris d'Aiexis un serment qui rassuira touDe la communauté^ ei qui maintint chaque religieuse dans -son innocence^ on lui£t déposer les dépouilles moaastiquesy que l'on rebéait après, et on lui fournit les vieux habits ^vaa sacristain mort depuis peia à la fleur de< son :^ au service du ccuivent» Ainsi' Alexisiut renroyé^ avec défense de rôder amou^ dù>cQuvem^i'et (Pen approcher plus près 4*U)'à la' pdrtée!'<iu pistolet. On dit qu'EuIaliene fut paslq scoaile qui le regretta : toutefois, pour ne rien ayahoôr qui ne soit vraisemblable^ m son désespoir fat égale à sa perte; mais il. fut presqiae secret. Heureusement pour elley on convint, pour plus de sûreté, de lui faire reconumencer son nbv3[« ciat. Je dis heureusement, parce que celd lui me^toit encore une année devant «lie: comme on dit, qui a terme ne doit rien ; et leDemps amène bien des évétiemens qui i n'arriveroient pas sans lui i i. .. ':iï,\
Étrennes 4^' l^. Saint-Jean. 151
De quoi Pamour féminin n'^est-il pas capable, quand il estcontrecarté si constamment ! Eulalie pa^soit le temps à imaginer inutilement, lorsqu'enfin, n'ayant plus d'autre ressoui'ce^ eU^ s'^en tint à un expédient bien impfévu, qm fut de faire semblant d'être enceinte. On lui apprit à en feindre tous les symptômes les plus signifi* cati&; on lui fournit à mesure de qUoi s'ax* ^ rondir la^ taille. Comme elle s'étoit faât aimer dans le couvent, çUe y trouva secrètement tous les secours néceissaires. Les choses étant eik ce état, un bruit sourd en circula par toute 1& communauté ; rhabit&tion qu'Alexis avditiaite dans le oouvent^ne nuisit pas à la confirmc^tion de cette runieui;^ Au^e conseil fut.ténu ^sai& le chapitre secret, et l'on résolut d'en. écrire à la mère, qui, aussitôt k lettre reçuey devint comme une fuiîe^ déclara qu'ielte renonçait sa fiUepotu: jamais; ' qu'elle i'âbandoDinoît à ^ct ;nilauvais destin^ la privoit 4e sa successioû^f et que die pius, parla présentey èUelUi envôyoltsa-inalét diction. Que faire à put cela? Lagrossesseipré^ tendue âlloit touijoursisoii d:hemin et augmentoit à vue d'œil ; i^ terreur augmenta aussi dans lé couyent; peiit-»être que,- si l'on eût.. pu. espérer qu'Eulalie n^accauchât que. d'une fillle, onauroit pu la gardqr ; >ii!ijaj,s on^craignit qu'elle ne mît au monde un; garçon ^ et même, deux : quel sqandale auroit^ce été! Dans cette incertitude, oa signifia à. Eulalie qu'elle eût à preddse json parti le plus promptement qu'elle jipoiBaroit^