AVERTISSEMENT
Le présent volume est consacré au rôle de la France dans V œuvre internationale qui consomma, à la fin du XIX^ siècle, le partage de V Afrique.
Cette histoire na pas encore été écrite : f offre ce livre à ceux qui l'écriront comme une contribution émanant d'un acteur et d'wi témoin.
Une partie importante de ma vie publique s'est consacrée aux questions coloniales : à ses débuts, auprès de Jules Ferry, elle avait reçu les premiers enseignements , la doctrine, et collaboré aux premières entreprises.
Après la chute de Villustre initiateur, il y eut, pendant cinq ans environ, une période de remission daîis l'expansioyi française : ?nais à partir de i(SVS'9, la crise du boulangisme passée, la France se remit avec ardeur à l'omvre coloniale.
Viri AVERTISSEMENT
Nommé, à cette époque, par M. Spuller^ chef du service des protectorats au 7mnislf)re des A/Jaires Etrangères, en cette (jualitê d'abord, puis comme directeur, puis coynme ministre, je m^attachai à ces questions. C'est à ces titres divers que f ai pris part aux nojnbreuses îiégociations qui ont consacré r expansion française dans les diverses parties du monde.
Tandis qu'au ministère des Colonies, M. Etienne et son école dirigeaient la tâche laborieuse de l'établissement et de la conquête, tandis que les sociétés et les comités d'initiative^ la Société de Géographie, la Société de géographie commerciale, V Afrique Française, entretenaient le feu sacré, tenaient le public en haleine, provoquaient les collaborations et les concours^ saluaie?it au départ et au retour les champions et les héros^ le ministère des Affaires étrangères avait pour mission de veiller aux contacts soit avec les puissances voisines, soit avec les populations lointaines, et, quand les résultats paraissaient acquis, de tes saisir et de les fixer dans des actes définitifs.
Double tâche où la difficulté s'accroissait encore d'une sorte d'inquiétude permanente de Vopinion,
Il s'agissait d'ouvrir le inonde à la pénétration française sans provoquer des i^ésistances trop graves et sans réveiller des oppositions trop redoutables. Il fallait, avant tout, ménager les intérêts vitaux de la métropole dans ses relations générales.