‹ Fais ce que dois drame en trois actes, en versChapitre 29 sur 59 · ACTE II, SCÈNE V POMPER AN, sccoQant la tète · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V POMPER AN, sccoQant la tète

Demain ?

Douterais-tu de l’empereur?

‘ POMPÉRAN

Je doute

De tout... Je suis ici depuis huit jours... j’écoute, Et tout ce que j’entends ne me dit rien de bon.

BOURBON

Est-ce qu’on oserait mal parler ae Bourbon?

POMPÉRAN

En Espagne, seigneur, on dit ce que l’on pense... Et j’ai déjà puni plus d’une impertinence.

BOURBON

Gagner ces malveillants ne doit être qu’un jeu.

POMPÉRAN , désignant les courtisans à la cantonnade. Je trouve, en attendant, qu’ils vous fêtent très-peu.

BOURBON

C’est... par discrétion, par respect, je suppose. Mais laissons ce détail et parlons d’autre chose. Lorsque tu m’as quitté, pour prendre les devants. Je t’avais ordonné de fouiller les couvents ;

Ne sais-tu rien encor de cette jeune Allé?...

POMPÉRAN, souiiant.

Je crois qu’on chercherait vainement en Castille Un cœur plus complaisant que le vôtre, seigneur. 11 brûle pour la reine ; et, malgré cette ardeur,.

11 ne dédaigne pas de se montrer facile Pour une autre beauté, sans doute plus docile. Vraiment, c’est merveilleux !...

BOL'RBOX.

Tais-toi; c’est mon enfant. , Une faute... un remords qui m’a troublé souvent.

J’avais seize ans ; les soirs, à Chanlelle, étaient tristes ; L’ennui me conduisait auprès des caméristes ;

Une d’elles me plut ; je pris pour de l’amour Un caprice ducal, qui ne dura qu’un jour :

L’été revint bientôt; avec l’été, la chasse;

Cet amour s’envola, comme un oiseau qui passe ;

Et, comme Elle aimait trop pour ne pas se venger,

Un jour, elle emporta ma fille à l’étranger.

J’appris enfin, après cent courses obstinées,

Qu’elle avait mis entre elle et moi les Pyrénées.

Or, c’était un abîme, alors; mais maintenant.

Je puis poursuivre encor ce songe rayonnant!

(Pomperait le regarde avec étonnement, i Car cette enfant, vois-tu, fut toujours ma pensée,

Le culte et le repos de mon âme lassée ;

Ce cher petit enfant, une femme aujourd’hui,

Comme on serait heureux de lui servir d’appui !...

Si la voix de la gloire et de la renommée A souvent paru douce à mon àmc charmée.

Jamais, ami, jamais cette magique voix,

Qui, dans le monde entier, va dire nos exploits,

C’aura le doux accent, le charme involontaire D’une bouche qui dit en souriant : Mon père!...

Parle; puis-je espérer?...

POMPERAIS.

Parmi vos lansquenets,

J’ai choisi cent hardis lurons, que je connais.

* Lorsque l’on fait chanter de l’or à leurs oreilles,

* Ce joyeux tintement enfante des merveilles ;

' Pourvu que le succès couronne leurs efforts,

* Tout moyen leur «st bon. Ce sont... des esprits forts...

’ Griser les gens discrets, séduire femme ou fille,

* Vieille ou jeune, franchir le mur, forcer la grille.

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