‹ Fais ce que dois drame en trois actes, en versChapitre 30 sur 59 · ACTE II, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V

* Se métamorphoser, jouer du coutelas...

•* Tel est l'échantillon de leurs joyeux ébats.

Et, s’ils ne trouvent pas votre enfant en Castille,

C’est qu’alors, monseigneur, vous n’avez plus de fille. Nous le salirons bientôt, car j’attends le rapport Demain.

BOURBON

Puisse l’enfer les mener à bon port !

l*OM PliRAN, désignant les couilisans qui reparaissent dans le fond.

Ah çà ! de leur respect c’est donner trop de marque ;

Us vous fêtent de moins en moins.

TALAVERA, aux autres. *

Il nous remarque,

Messieurs ; exécutons l’ordre de l’empereur.

YILLENA.

Mais nous l’exécutons, ce me semble, seigneur.

« Fêtez, comme il convient... » nous a dit notre maître.

Or, il convient, je crois, d’accueillir mal un traître.

(Rumeurs dans le fond. — Yillena, qui est remonté.) Voici l’instant venu de nous montrer civils ;

Chapeaux bas, messeigneurs !

(François 1er traverse le théâtre dans le fond, suivi de Charlcs-Quint et d’une foule de courtisans. — Villcna et les autres s'inclinent avec le plus profond respect.) •

BOURBON, étonné.

A qui donc en ont-ils ? Le roi ! Le roi de France, ici ! que signifie ?

LE ROI, dans le fond. "

Merci de ces respects dont je me glorifie,

Messieurs; on m’a tenu longtemps bien isolé.

Mais par ce noble accueil me voilà consolé.

* Talavera, ViHena, courtisans, Bourbon, Pompéran.

** Talavera, courtisans, Yillena, le Boi, l’Empereur, ronrlou, foniféran.

Et, si je ne dois plus revoir jamais la France,

Par vos fronts incline's, j’ai la douce espérance Qu’à présent ce pays va m’être hospitalier Et qu’on m’y traitera, dû moins, en chevalier.

l’empereur.

Mon frère, la chaleur du soleil est ardente ;

Vous plairait-il de vous asseoir sous cette tente ?

LE ROI, s’avançant en scène.

Non, laissez-moi jouir un peu de mon réveil.

C’est si bon de revoir les fleurs et le soleil.

Lorsque, pendant deux mois, dans une forteresse.

Du soleil et. des fleurs on n’a pas eu l’ivresse !...

Et dire qu’autrefois, peut-être sans raison,

J’ai signé des arrêts qui menaient en prison !

Les prisons ! Si jamais je revois mon vieux Louvre,

Je veux qu’à deux battants le parlement les ouvre !

(il Fait quelques pas de plus du côté de Itoui bon.', POMPÉRAN, bas, à Bourbon.

Il va vous voir.

LE ROI, reconnaissant Bourbon.

Ah! ah!

Il lui tourne le dos, l’Empereur se détourne pour cacher un sourire. Le Roi

remontant.)

Jardin délicieux !

11 ranime le cœur et réjouit les Veux.

Mais il est bien fâcheux que la foule y foisonne De façon... qu’on s’y heurte à... certaine personne,

Qui, par malheur pour elle, a droit d’y pénétrer;

Mais qui, lorsque j’y suis, n’eût pas dû s’y montrer.

(Il remet sou chapeau et s’éloigne par la gauche. Quelques seigueurs le suivent.)

BOURBON, faisant un pas vers l’Empereur.

Sire!...

L’EMPEREUR, l’interrompant. *

Un mot : jusqu’ici, j’avais eu l’espérance * Courtisans, Talavera, Villcna, l’Empereur, Bourbon, Pompéran.

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