BOURBON, LÉONOR
Enfin,- je vous revois, madame !
Le bonheur qui m’enivre est trop grand pour mon âme...
LÉONOR, troublée d'abord, avec une froideur alfcctée.
On m’a dit de venir, monsieur le duc, je viens.
BOURBON
Un tel langage...'
LÉONOR
Il vous étonne ?
BOURBON
J’en conviens ;
Car, après les serments échangés à Venise,
J’avais, d’un autre accueil, l’espérance permise ; ■Votre regard limpide, alors, m’était plus doux.
Il semblait ignorer les éclairs du courroux... Pourquoi ce changement qui m’étonne et m’afflige? Qu’étais-je donc, alors? et maintenant, que suis-je? J’étais un petit duc, qu’un monarque orgueilleux Pouvait déposséder du toit de ses aïeux ; Maintenant, je n’ai plus d’entraves, plus de maître; Je puis être, à mon gré, ce qu’il me plaira d’être ; J’ai mon drapeau, j’ai des soldats, qui sont à moi, Et, s’il vous faut un trône, eh bien! je serai roi !
LÉONOR, aveccffo.t.
Jadis, monsieur le duc, le seigneur de Chantelle Etait sujet loyal, et chevalier fidèle.
* Lconor, Bourbon.