SCÈNE III
Les Mêmes, moins LE ROI.
BOURBON
Damnation!... J’ai fait ce que personne au monde N’eût même osé rêver! une chose profonde;
Et malgré la grandeur du service, on me dit :
« Je ne veux rien de vous! » Mais je suis donc maudit?... Mais je suis donc un être à ce point misérable Que je ne puis plus tendre une main secourablc?... Repousser un trône !... Oui... je comprends cela... mais Un captif refuser la liberté!... jamais!
Jamais, — fût-ce un vieillard sur le bord de la tombe, — Quelqu’un n’a dédaigné ce trésor, d’où qu’il tombe !
Et ce refus royal est un si grand affront,
Que je ne m’en vais plus pouvoir lever le front !
Ah! c’est vraiment par trop de honte et de misère!
{Il pleure et tombe assis à gauche.)
POMPÉRAN, s’approchant doucement de lui. *
Monseigneur, monseigneur !
BOURBON
Qu’cst-ce ?
POMPER AN
Que faut-il faire ?
BOURBON, avec un rire amer.
Ecrire à Saint-Vallier qu’il avait bien raison,
Quand il me détournait de quitter la maison.
* Bourbon, Pomperait, soldats dans le fond.
POMPERA N
Monseigneur, revenez à vous... l’heure se passe !
L’on peut, à chaque instant... (f
BOURBON
Que veux-tu que je fasse?
POMPER AN
Si ce n’est pas pour vous, songez «pie vos soldats...
CONRAD, entrant vivement, à Pompéran. *
Messire, le seigneur Carlos est sur mes pas !
Il vient de ce côté... . ■
* (Il remonte.)
POMPERAN. .. '
Déjà?... Quittons la place;
Peut-être pourrons-nous, avec un peu d’audace;..
CONRAD, du fond.
il est trop tard. / •
(Carlos entre vivement par le fond.)