‹ Fais ce que dois drame en trois actes, en versChapitre 6 sur 59 · ACTE I, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE III

SAINT- VALL1ER.

Dites de la régente !

BOURBON

Qu’importe ! Il obéit ! Mon dédain s'en augmente ;

Et savez-vous pourquoi tant de vexations,

D’insolents procédés, de spoliations ?

Parce qu’un jour, ici, dans ma bonne province,

Je fis si largement les honneurs à mon prince,

Que le prince, ébloui d’abord, puis irrité.

Près du mien estima son luxe pauvreté ;

Car jamais il n’eût pu, dans son château d’Amboise, Me traiter à son tour de façon si courtoise...

Oh ! mais ce n’est pas tout ! Ce monarque brillant Etait fort amoureux de la Chateaubriand ;

Et, jaloux du pouvoir jusque dans sa tendresse,

11 voulait être roi, même avec sa maîtresse ;

C’était sottise. Aussi, je lui fis voir un jour Que tous les hommes sont égaux devant l’amour. Enfin, dernier grief, bien digne de colère.

J’ai refusé la main de madame sa mère ;

Trouvant, quoiqu’elle apporte un illustre blason. Qu’une femme impudique avilit la maison...

Et pour ces actes-là, qui sont d’un gentilhomme.

On oublie Agnadel et Marignan ! Cet homme.

Ce mince compagnon, que si haut j’ai porté.

Me laisse errant et nu dans mon étroit comté !

Il a tout et moi rien ! Je n’ai plus de murailles Où planter mon drapeau, vieux gagneur de batailles Mais je n’accepte pas cet arrêt odieux Dicté par une duègne à ses obséquieux.

Ma raison, ma fierté, mon droit, leur arrogance Allument dans mon sein l’ardeur de la vengeance; Quand elle s’ennoblit ainsi par le danger,

Mon sentiment, à moi, c’est qu’on doit se venger !

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