‹ Fais ce que doitChapitre 14 sur 14 · SCENE QUATRIEME · texte numérisé non relu

SCENE QUATRIEME

Sur le morne Océan te harcèle et te roule,

Et que le rude assaut des lames et des vents

Fait craquer ta carène et grincer tes haubans.

Nous t'avons vu souvent, sous l'effort de l'orage,

Courir vers les écueils et voler au naufrage,

O vaisseau qui du grand Paris portes le nom!

Dans l'ouragan hurlant plus haut que le canon

Nous t'avons vu souvent t'abîmer sous la brume;

Mais tu te relevais toujours, couvert d'écume,

Superbe et vomissant l'eau par les écubiers.

Donc, s'il faut qu'à la fin, Français, vous succombiez,

Dans un combat suprême, écrasés par le nombre,

Si Paris doit périr, si c'est bien l'heure sombre

D'amener pavillon ou de couler à pic,

Souviens-toi de Jean-Barc et de Du Couëdic,

Navire, souviens-toi de Villaret-Joyeuse!

Lorsqu'après la bataille atroce et furieuse,

Rouge de sang, n'ayant plus de mâts, plus d'agrès,

Tu verras ces maudits face à face, tout près,

Et te jetant déjà les chaînes de l'esclave,

Meurs en volcan pour les engloutir sous ta lave,

Et que le monde entier convienne avec effroi,

3o FAIS CE QUE DOIS.

Que le sort du Vengeur est seul digne de toi !

Henri.

O mère, il a raison. C'est un conseil funeste Que te donnait tout bas ton désespoir.

A Daniel.

Je reste.

Marthe à Daniel.

Hélas! qu'avez-vous fait?

Daniel.

Le devoir est ici.

Marthe à Henri.

Tu l'exiges de moi, cruel enfant?

HENRI se jetant à son cou.

Merci !

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