‹ Fais ce que doitChapitre 6 sur 14 · SCENE TROISIEME · texte numérisé non relu

SCENE TROISIEME

Comme un soldat, pendant sa vieillesse attristée, Souffre encor dans sa jambe autrefois amputée r Sait-il que dans nos mains on a brisé le fer Et sait-il que son père es: mort à Frœschwiller r

Marthe.

Oui, mais il sait encore et surtout que je l'aime, Qu'il est toute ma vie et mon espoir suprême, Et, s'il fallait le perdre enfin, que j'en mourrais.

Daniel.

Marthe !

Marthe.

Rappelez-vous le soir où je pleurais, Près de vous, au début de l'affreuse campagne, Lorsque cet officier, captif en Allemagne, M'envoya cette croix d'honneur de mon mari Et ces mots par lesquels je sais qu'il a péri. Rappelez-vous. C'était une nuit de septembre. M'agenouillant alors du côté de la chambre

Où se trouvait le lit de mon fils endormi, Ardemment j'ai prié devant vous, mon ami, Disant : — Conservez-le, Seigneur plein d'indulgence, Pour mon amour.

Daniel.

Et j'ai songé : Pour la vengeance.

O Marthe, au nom du sang, au nom des pleurs versés...

Ken. La France m'a pris mon époux ; c'est assez.

Vous ne pouvez partir.

Marthe.

Dès ce soir, je l'emmène*

Daniel.

Lâcheté !

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