‹ Fais ce que doitChapitre 9 sur 14 · D A XI EL · texte numérisé non relu

D A XI EL

Marche, vous vous trompez, et je ne douce pas

Du calme et vrai bonheur qui vous accend là-bas.

Vous me connaissez trop pour croire que je mente.

Partez. Le ciel est pur et la mer est clémente.

Vous avez le bon vent et le flot régulier.

Partez. Le nouveau Monde, au sol hospitalier,

Où vous irez, conduics par la brise docile,

Vous garde ses désercs immenses pour asile,

Qui, dans la solitude, au soleil assoupis,

N'attendent qu'un colon pour se charger d'épis,

Et ses plaines sans fin et jamais parcourues

Où l'on trouve de l'or au sillon des charrues.

C'est là qu'est le bonheur. Aussi, je vous le dis,

Partez. Vous trouverez là-bas un paradis.

— Pour un homme pratique, et qui compte, et qui s'aime ,

La patrie est le champ qu'on laboure et qu'on sème,

Et c'est un sentiment très-stupide et très-vieux

De s'attacher au sol où dorment les aïeux.

Et puis, que quittez-vous } Une France frappée,

Qui saigne en s'appuyant sur un tronçon d'épée.

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