‹ Fais ce que doitChapitre 10 sur 14 · SCENE QUATRIEME · texte numérisé non relu

SCENE QUATRIEME

Fuyez. Vous resteriez ici dans un enfer.

Avec une profonde tristesse.

Nous sommes arrivés à notre âge de fer, Et ce pays descend une fatale pente.

Espérer qu'il s'arrêce un jour et se repente, Nourrir cette sublime et folle illusion Qu'il redevienne encor la grande nation, Qu'il se relève enfin, je ne l'ose plus guère. Hélas ! ce que j'ai vu dans la dernière guerre M'a souvent fait penser que j'avais- trop vécu, Et, dussé-je irriter ta rage de vaincu, Peuple qui dans l'orgueil et le mal persévères, Tes fils sauront de moi les vérités sévères. Oui, lorsque dans l'école ils viendront se ranger Et sur nos grands malheurs d'hier m 'interroger. Il faudra que leur maître accablé leur raconte Qu'il a pleuré du sang et sué de la honte. Il faudra qu'il distingue, en sa ferme équité, De ce qui fut fatal, ce qui fut mérité ; Qu'il leur dise quel vent d'incroyable folie Souffla pendant six mois sur la France envahie; Ces chefs et ces soldats se jetant sans raison

Le mo: de lâcheté, le mot de trahison ;

Les factieux, malgré le danger de la ville,

Réservant leurs fusils pour la guerre civile,

Les aboiements des clubs, les efforts des partis

Par le malheur public à peine ralentis,

La foule se grisant de journaux et d'affiches,

La chasse aux croix d'honneur, des gens devenus riches

En volant sur le pain et l'habit du soldat ;

Et, dernier déshonneur et suprême attentat!

A l'heure de profond désespoir et de larmes

Où Paris épuisé dut déposer les armes,

A l'heure où, sous ses murs, ceux qui l'avaient vaincu,

Tristes que le géant eût encor survécu,

N'osaient trop s'approcher et se disaient : Il bouge;

L'émeute parricide et folle, au drapeau rouge,

L'émeute des instincts, sans patrie et sans Dieu,

Ensanglantant la ville et la livrant au feu,

Devant les joyeux toasts portés à nos ruines

Par cent mille Allemands debout sur les collines !

Henri.

O maître, finissez. Vous me faites rougir.

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