Lemieux, M..., épouse de J.-B
Tous:as, de Saint-Constant. Mention dans les deux journaux.
26. — Lemieux, Angélique, épouse de Louis Brosseau, de Saint-Constant. Mention dans les deux journaux.
27. — Longtin, Antoine, de Saint-Constant. Mention dans le Canadian Courant seulement. Ce journal a dû faire erreur. C'est la femme d'Antoine Longtin, Josephte Fauber, qui périt et l'on a confondu l'un avec l'autre.
28. — Mangault dit Clermont, Marie, 51 ans, veuve de Jos. Lessaline, de Saint- Constant. Sépulture le 1er juin, à Laprairie. Mention dans les deux journaux.
2(j. — ]\ran,i;ciiilt dit Clcnnont, Marie- Rose, 36 ans, é|)ouse de François Parent, de Saint-Constant. Sépulture le 4 juin, à Laprairie. Mention dans les deux journaux.
30. — Pa])ineau, François. 29 ans, époux de L/)uise Héhert, de Cliâteaui^uay. vSépulture le 3 juin, à Saint-Constant. ^^Tention dans les deux journaux.
31.— Payan dit Saint-Oni^e, T^naee, de Saint-Constant. Mention dans les deux joui'uaux.
;^2. — Perrotte, Marie-Louise, 44 ans, épouse de François Longtin, de Saint-Philippe. Sépulture le 2 juin, à Saint-P]ii1ip])e.
^lenlion dans les deux JDurnaux.
;^^. — Pinsonnault, l'aul, de Saint-Constant. Mention dans les deux journaux.
34. — Plant ier dit Lagrenade, J.-B., de Saint-Philippe. Mention dans la Gazette.
Le Cauadiau Coiiraiif le nomme J.-lî. Pla- ([ue.
;2^^. — Provosl, Julie, i<S ans, fille de ].-\\. ProNost et de Marie Jouassin (voir ee dernier nom ci-dessus). Sé])ulture le 5 juin, à Longueuil. Non mentionnée dans les journaux.
3/. — Qiiertier, François, 28 ans. maître d'école, époux de Marguerite Bertrand, de Saint-Constant. Sépulture le 1er juin, à Saint-Constant. Mention dans les deux journaux.
38. — Surprenant, Michel, de Saint-Constant. Afention dans les deux journaux.
39. — Tourangeau, Antoine, de Saint- Constant. Mention dans les deux journaux.
Sur ces 39 personnes, 30 étaient de Saint-Constant, 6 de Saint-Phili/ppe, 2 de Châteaug'uay et t de Laprairie.
Ceux qui échappèrent au naufrage se nduimaient, comme on il'a dit plus haut: Agnès Lefebvre, épouse de Paul Lanctôt qui se noya, Pierre Lemieux et François Faille.
La coutume du temps.
Un si grand malheur ne pouvait manquer de faire le sujet d'une complainte, car, autrefois, il était de mode de conserver par des chants, le souvenir des événements tragiques, mais ce n'est qu'après de longues recherches que le hasard m'a fait trouver la Complainte des 40 noyés ou Complainte des uau frayés de Laprairie.
Durant trois ou quatre ans, j'ai interro- £^é ou fait interroger, dans le comté de Laprairie, une dizaine de vieillards qui avaient chanté ou entendu chanter ce morceau dans leur jeunesse. Trois ont pu m'en donner un couplet, toujours le même, ce sont : Madame Eliza Cardinal, épouse de Siméon Létourneau, âgée de 70 ans; Mme Marie Lemieux-Picaron, épouse de Ludger Berthiaume, âgée de yy ans et Mme Lefebvre, âgée de 83 ans. Une autre, Mme Hermine Audct. veuve Larichelière, née à Laprairie en 1844 ^t aveugle depuis 191 1, m'en a fourni quatre couplets. Mais la palme appartient à M. François-Xavier Senécal, âgé de 70 ans, né à Laprairie et qui demeure maintenant à Pont-Viau, île Jésus. Ce septuagénaire a retenu dix-neuf couplets de la fameuse complainte! Il les a appris de son grand-père, François Senécal, de Laprairie, vers 1858.
Enfin, M. Joseph-Albert Richard, mécanicien de Montréal, aussi âgé de 70 ans, et né à Sainte-Martine, comté de Châteauguay, m'a fourni un apport intéressant.
Son père, Louis Richard, né à Cap-Saint- Ignace en 1807, demeurait à Saint-Hyacinthe, lorsque la catastrophe se produisit en iSïQet c'est là (|u'il entendit la complainte
que son fils a recueillie. M, J.-A. Richard n'a pas pu se rappeler autant de couplets que M. Senécal, mais sa version eai contient quatre qu'aucun autre chanteur n'avait retenus.
Dans la version qui suit les couplets I à lo, 12 et 14 à 21 sont de M. Senécal, ceux qui portent les numéros: 11, 13, 14 et 22, sont de M. Richard.
Ecoutez, Chrétiens, La triste complainte.
Que tous cœurs humains Soient saisis de crainte.
Car c'est un arrêt porté, Que par la Divinité !
Par un vendredi, Selon qu'on raisonne, Il s'est englouti Quarant'-deux personnes Dans le fleuve Saint-Laurent Qui sera leur monument.
Près de l'île au Héron, Place remarquable, Pour ceux qui voiront Ce lieu déplorable,
C'est un sujet d'oraison Pour ceux (|ui \ passeront. ( 1 )
Par un très s^rand vent Au pied de ces chutes Le sort inconstant Et les eaux disjjutent, Renversent ainsi le bateau Livrent tout ce monde à l'eau.
Ce pauvre lîrosseau Tout- rempli d'hardiesse A bravé les eaux Avec grand(e) détresse.
A péri, dans un moment.
Quarante et un de ses gens. ( 2 )
Trois se sont sauvés.
Deux homm(es). une femme.
Qu'ont été trouvés Près de rendre l'âme Sur la sole du bateau Au gré des vents et des flots. ( .^ )
(i) Variante Imirnie par Afadanic l.ariclielii-rc. net Hermine Audet :
Près de l'ilc au Hrron Place redoutable Ceux qui y ijasscront Souvenir reniar(|uahlc, Là un navire a chaviré.
Presque tous se sont noyés.
(2) Quarante et un.- ])lus Rrosseau. l'ont quarantedeux, coinine il est dit au deuxième couplet.
(3) Tous les vieillards (|ue j'ai interrogés et qui ont conservé quelques hrihcs de 1,t complainte se rai)pellcnt ce couplet !
Ces pauvres patients, Quoique avec douleur, Sur cet instrument Ont dérivé six heures.
Entre la mort et la vie Oui les menacent de penl.
Mais par un effet De la Providence, Des homîues bien faits Leur donn(ent) assistance, A terre les ont rendus Ouoiqu'ils se croyaient p3rd\
Retournons vers ceux
Qui sont les victimes
De ce gouffre affreux
Quoique légitime ! '•
Ceux-là font verser des pleurs
En racontant leurs malheurs.
l'entends ces enfants
Dont les pèr(es) et mères
Sont dans le courant
De cette rivière,
Pouss(ent) des cris et des sanglot:
Réfléchissant sur leurs maux!
L'époux s'écriait :
O ! ma chère épouse, Quel malheur affreux Nous y sonmies tous ! ! , C'est aujourd'hui notre fin L'orphelin est sans soutien.
Pendant quelques jours
Au bord du rivage,
Les larm(es) coul(ent) toujours.
Dues à ce naufrage.
La nuit, avec sa frayeur,
Ne peut arrêter les pleurs.
V'arenne(s) et Verchères Ont eu la douleur De voir sur leurs grèves, Même à Contrecœur.
Plusieurs de ces pauvres corjis.
Depuis l()ngleni])s étaienl morts.
Je n'oublierai pas
Aussi P)OUchcrvillc.
Ainsi que Longueuil
Près de notre ville.
Que Dieu bénisse, à jamais.
Ces paroisses ])i>m- leurs bii-n faits
Cet événement
Est digne de lannes
Pour tous les parents
De ces pauvres âmes
Et pour ceux qui chanteront
Ces vers en réflexion !
Cessons de pleurer, Offrons nos prières, D'un cœur disposé Vers le Dieu de gloire ; Qu'il abrège les tourments Que souffrent ces pénitents.
Ce grand accident
Doit être un exemple .
Il doit en tout temps
Finir la carrière
De ceux qui vont sur les eaux !
Où plusieurs font leurs tombeaux!
Chrétiens, qui voyez
Ce tableau de peines :
Les pauvres noyés
Que les eaux entraînent.
Ils demandent les secours
De vos prier (es) en ce jour.
Mettez-vous, un peu.
Amis, à leur place !
Nous apprendrons d'eux A garder la grâce Afin d'être toujours prêt vSi Dieu ])rononce l'arrêt.
Oui ([uc nous soyons.
v^iu" terre ou sur l'onde.
Sans cesse prions.
Pour un si grand monde.
Oui voyage sur ces eaux
Où ])lusieurs f(jnt leurs tombeaux.
\'ous. chers vovageurs.
Que la destinée .(Expose aux malheurs), Quantité d'années, Gardez donc, absolument, T/usage des Sacrements.
Qu'en a composé La triste complainte.
C'est François Dupont Et Louis Lafontaine Pour se souvenir longtemps De ce terrible accident !
De qui sont ces couplets? De François Dupont et de Louis Lafontaine ? J'en cloute.
Depuis trente ans que je m'occupe de folklore, j'ai souvent constaté que des chanteurs de régions différentes s'attribuaient la paternité d'un même morceau parce qu'ils y avaient introduit quelcjues mots ou fj^uelques traits locaux. Cela flattait leur vanité. La déclaration finale peut donc être reçue avec suspicion.
D'autant plus cjue si on examine les vers de près on aperçoit à certains indices c^u'ils ont dii être composés par un lettré, dont le texte original a été déformé en passant de bouche en bouche, ce qui arrive toujoiu"s.
Alors, suivant l'opinion de l'historien de Laprairie, le docteur T. Brisson, avec qui j'en ai causé, la première version de cette pièce a pu avoir pour auteur ral)l)é Boucher-Belleville qui fut curé de Laprairie entre 1792 et 1839, car cet ecclésiastique avait la plume facile et il a signé plusieurs cantiques en vogue au commencement du siècle dernier.
Par ailleurs, M. J.-A. Richard m'a confié une assertion qui mérite d'être considé-
rce. Son père prétendait que la complainte était l'œuvre des sieurs Dupont et Lafontaine, mais que leur texte avait été revisé par un curé de Laprairie!
HEEOS OUBLIES
Le combat de la Rivière-des-Prairies
Quelques historiens mentionnent succinctement le combat que les habitants du bas de l'île de Montréal livrèrent aux Iroquois, en 1690. Comme le fait est d'un intérêt plutôt local, on ne s'est pas occupé de chercher quels furent ceux qui, en cette circonstance, moururent au champ d'honneur.
Pour réparer cette lacune, et connaître les noms de ces humbles héros, nous avons eu recours aux archives du palais de justice de Montréal, à diverses publications et aux notes de M. Philibert Baudoin, notaire, un vigoureux octogénaire qui travaille encore avec zèle et constance à dresser la généalogie de son intéressante famille, originaire de la Pointe-aux- Trembles.
De ces sources diverses, nous avons reconstitue un l)ref récit du coml)at auquel nous ajoutons des notes bioo-raphi- (lues et la rei)roduction des extraits qui concernent le point d'histoire qui fait l'objet de cette petite étude.
Quatre jours après l'horrible hécatombe de Lachine. soit le 9 août 1689, les Iro(|uois enflammés par leur succès, se ré])an(lirent dans la campagne et. au bas de l'île de INIontréal, massacrèrent Pierre Dagenets dit Lespine. brûlèrcrit probablement sa femme. Anne Brandon dont on constate la (lis])arilion dès cette époque et assiégèrent le moulin de la Ri- \ière-des-Prairies récemment construit.'^*
Ce n'était, cependant, (ju'un prélude.
Au iv,-intem])s de 1690. les indigènes f|ui axaient semé la terreur. Tannée précédente, enxahirent de nou\eau les environs de Montréal cl commirent maints bri'>anda!»'es.
(i) RcKi^tif ik- l'ilc Jcsus, i-tiuk- d'AiilDiiiL' Adhcmar. Hulîcliit des Recherches historiques, 1914, p. ni.
Le 2 juillet, avertis de la présence des Iroquois sur la rivière des Prairies, quelques habitants de la Pointe-aux-Trembles, sous la conduite du sieur de Colombet, ancien lieutenant, se portèrent à la rencontre de l'ennemi.
Postés près de la rive, ils firent feu sur les sauvages et leur tuèrent quatre hommes dans un canot. Les Iroquois, au nombre d'une centaine, se hâtèrent d'atterrir et comme les habitants ne formaient qu'une pçtite troupe de 20 à 25 individus, *' le combat fut rude."
Une quinzaine des nôtres restèrent sur le champ ou furent faits prisonniers, tandis que le reste dut se replier en hâte sur un petit fort sis non loin.
Du côté des indigènes, la perte s'éleva à une trentaine d'hommes.
L'ennemi traversa ensuite, à l'île Jésus pour brûler quelques-uns de ses prisonniers, puis emmena les autres dans son pays où il 'les fit mourir également par le feu, à l'exception d'un seul, ainsi que le rapporte le R. P. Jésuite, Pierre Millet, lui-même prisonnier chez les Onneyouts, à cette époque.
En autant que nous ])ouvons en rétablir
la liste ceux qui périrent en cette circonstance furent :
T. — De Colombet, commandant.