lessé. proha1)lement, Antoine Chaudillon, rhirurmen
Le, ou vers le même jour, les Iroquois auraient tué ou fait prisonniers des femmes, des enfants et des colons, au moulin de la Rivière-des-Prairies, à Repentigiiy et à l'île Sainte-Thérèse, mais nous n'avons aucune certitude sur cet épisode, non plus que sur les noms des victimes.
L'unique auteur de l'assertion est l'excellent abbé Vachon de Belmont dont la brève histoire, bien qu'utile, n'est pas toujours un guide sûr ainsi que nous l'expliquons dans l'ap'pendice.
L'ennemi paraissait tellement formidable que nos ancêtres ne crurent pas prudent de transporter les cadavres des combattants au cimetière de la paroisse et on les inhuma à la hâte sur le lieu même de leur trépas.
En 1694, leurs restes furent transportés au cimetière de la Pointe-aux-Trembles et nous reproduisons plus loin l'acte de leur sépulture.
Celle exliiinialinii el eelle réinluniiation lurent laites (|uel(|nes jours seulement après qu'on eut procédé aux niênies céréuionies à Lachine. relativement aux ossements (les victimes de 1689, sur l'ordre que Mgr l'évêque de Québec en avait donné pan un mandement en date du 18 juin 1694. Tl est donc probable que' le curé de la Pointe-aux-'Prembles se conformait, lui aussi, aux instructions de son évêque en accordant, en terre bénite, un asile aux braves défenseurs de la localité.
Notre petite étude serait incomplète si nous ne faisions part aux lecteurs des renseionements que nous possédons sur ciuelques-uns des héros du 2 juillet 169O.
De Colombet
On ne s'accorde pas sur rortliogTa])he de son nom. Ici on écrit Colombez, là, Colomb, ailleurs Colombes; dans l'acte de sépultiux ainsi que dans un acte du notaire Senet, du 8 décembre 1706. on lit très l:)ien Colombet et nous avons ado])té cette fr>rme.
Ancien lieutenant, on lieutenant réformé, en tont cas officier de mérite piiiscju'on le choisissait pour commander, les documents ne nous donnent aucun autre détail sur son compte. Son nom de baptême nous est même inconnu.
Joseph de Montenon, Sieur de la Rue
Fils d'un receveur des droits pour le roi, en la ville de Quimpercorantin, en Bretagne, il épousa à Montréal, en 1677, la fille aînée d'André Charly dit Saint- Ange.
De son mariage quatre enfants étaient nés. A la date de son décès, il n'avait plus qu'une fille et un fils.
Sa veuve entra à la Congrégation de Notre-Dame où elle fit profession sous le nom de Sainte-Françoise et dlle décéda dans cette communauté en 1713.
Trois sœurs de madame de Montenon l'avaient précédée dans la vie religieuse. Leur père, André Charly-Saint-Ange, était propriétaire d'une partie du terrain qui forme aujourd'hui l'angle nord-ouest des rues Saint-Jean-Baptiste et Saint- Paul et c'est par ses filles, sans doute, f|ue son emplacement passa à la Congréoation de Xotre-Danie.
Jean Jallot. chirurgien
Né en 1648, il épousa, vers 1661, aux Trois-Rivières ou au Cap de la Madeleine, Marie-Antoinette Chouard des Groseillers, fille du célèbre explorateur, compagnon de Radisson.
Jallot vécut à Champlain de 1678 à 1683. En 1682, il avait une maison au bout de l'île de Montréal (Maugue, 10 septembre 1682). Il était à Repentigny en 1688, car on voit dans l'étude d'Adhémar (14 décembre), qu'il achète la terre du notaire Fleuricourt pour le curé Buisson de Saint-Cosme.
Neuf enfants naquirent de son union :
quatre garçons et cinq filles. L'une de ces dernières fut religieuse de la Congrégation de Notre-Dame. Elle mourut en
Trois mois après la mort de Jallot, sa veuve renonce à la communauté de biens qui existait entre elle et son défunt mari. (Etude d'Adhémar.)
Guillaume Richard dit Lafleur
Après avoir vécu à Montréal en qualité de sergent de la garnison, il était allé demeurer à la T\^intc-aux-'rrembles et il y
commandait la milice, avec le grade de capitaine ou de lieutenant.
Le 26 novembre 1675, il épousa à Montréal, Agnès Tessier et celle-ci lui donna dix enfants.
La veuve Richard épousa Claude du Congé en secondes noces, 1692.
Joseph Cartier dit Larose
Marié à Montréal, en 1674, à Marguerite Celles-Duclos, il était père de six enfants lors de son décès.
Sa veuve épousa, deux ans après, Nicolas Perthuis.
Jean Baudouin, fils
Baptisé le 12 juin 1666, il était fils de Jean Baudouin et de Marie Charlotte Chauvin.
Mgr Tanguay, dans son Dictionnaire, commet une erreur en lui faisant épouser Marie Gloria, en 171 3. Il l'a confondu avec son frère Jean-Baptiste, né en 1691.
Pierre Marsta
Fils de Mathurin Marsteau ou Marsta et de Antoinette Eloy, Pierre fut baptisé le 18 juillet 1672»
Ce nom de famille est souvent écrit AJasta dans les documents de la fm du X\^lle siècle.
Jean Delpué dit Parisot
Marié à Renée Lorion, en if>74. De son mariage naquirent huit enfants. Un an aii)rès sa mort, deux de ses fds, Jean et Nicolas, se noyèrent.
La même année sa veu\e é])ouse Jean Le Tellier.
Nicolas Joly
Il avait éi)ousé P'rançoise Hunault, en 1681, et était père de (|uatre enfants en 1690. Ces' dans un acte d'Adliémar. du 7 juillet 1692, qu'on constate (|u'il fut tué l)ar les Iroquois, le 2 juillet 1690.
Il possédait une terre sise " près d'un écart ", noii loin du ruisseau Desroches.
Un engagé de Beauchamp
Aucun rensei'J'nemenl .
Deux Beauchamp. Jean et Iac(|ues, étaient mariés et vivaient alors dans cette région.
Isaac, soldat
Ce nom n'apparaît (|ue dans l'acte de sépulture.
Jean Rainaud dit Planchard
Epoux de Catherine Millet, il était, en 1690, père de huit enfants.
Son sobriquet s'est transformé en Blanchard et ce dernier nom est porté, aujourd'hui, par une branche de ses descendants.
Jean Grou
Marié à Anne Goguet, en 1671. vSept enfants étaient nés de son mariage.
Sa veuve épousa, en 1693, Jacques Desnoxers- Lajeunesse c[ue Tanguay, par erreur, nomme Joary.
C'est près d'une coulée qui traversait ou longeait sa terre que plusieurs des victimes du coml:)at furent enterrées.
Jean Grou est l'ancêtre de notre historien distingué, l'abbé Lionel Groulx.
Paschange
Il nous ])arait (ju'il s'agit de Bertrand de R e n n e s, colon arrivé en 1653 à ]\h)ntréal et (\v.i est souvent surnommé Pachanne. Au recensement de j68t, on voit que de Rennes, était célibataire, âgé de 45 ans, et f|u'il cultivait une terre voisine de celle de Daveluy, de Grou et de Beaudoin. Enfin, diverses transactions
de bien-fonds, consignées dans l'étude de Basset; au mois de décemljre 1687 ne laissent aucun doute sur l'identité de ce héros.
Le Bohême
Un Gaspard Dargan dit Le Bohême était à la Pointe-aux Trembles, en 1678. ( Tangua V, Dictionnaire ycncalogiquc I
Pierre Payet dit Saint-Amour
Epoux de Louise Tessier et ancien caporal de la compagnie de M. de La Mothe, il s'était établi dans la pointe de l'ile. Fait prisonnier au cours du combat, il fut emmené au pays des Iroquois d'où il revint en 1693.
On l'avait cru mort, car on baptisa, en 1691, son fils comme enfant posthume.
Antoine Chaudillon, chirurg-ien
Epoux de Marie Boucher, il résida à Sorel de 1674 à 1678; ensuite, on le trouve à la Pointe-aux-Trembles. Mgr Tanguay, dans A travers les ref/istres, le mentionne parmi ceux qui furent tués le 2 juillet, mais c'est inexact, car il figure dans un acte
d'Adhémar peu après le 2 juillet 1690, et il signe au baptême d'un de ses enfants, à la Pointe-aux-Trembles, le 11 février 1691.
Tout au plus, peut-on dire qu'il fut présent au combat et peut-être blessé.
En étudiant les événements de 1690, on serait porté à croire que les Iroquois se rendaient à Québec pour coopérer à l'attaque de cette ville avec l'amiral Phipps et qu'en les arrêtant au bout de l'île, nos " habitants '' firent une action digne, dans une certaine mesure, d'être rapprochée de celle de Dollard et de ses compagnons.
Envers ces héros modestes qui se dévouèrent pour la patrie, n'aurions-nous pas quelque reconnaissance à témoigner ?
Serait-il oiseux de demander qu'on élève quelque part sur la route du bas de l'ile, une stèle rappelant le combat et les combattants ?
Les livres n'atteignent jamais ([u'une partie de la population, c'est par le marbre, le granit et le bronze c[ue le grand nombre apprend l'histoire.
Appendice
Voici le texte des documents et les extraits des iiupriniés (|iii traitent de cette page de notre histoire.
Mémoire attribué à M. de Lérv :
" Comme il y avait un parti (rennemis derrière la Pointe-aux-Trembles, les habitants proposèrent de les aller combattre ; prirent monsieur de Colombes, officier, pour les conimander. Ils eurent le malheur d'être surpris, la plupart pris et monsieur de Colombe tué avec trois ou (|uatrc habitants." — {Collection de Manuscrits. I, 571).
Rapport de l'intendant de Chanipiijny
" Il est descendu, au bas de l'isle de Montréal, vers la fin de juin, un party de 100 Irocpiois, 25 habitans avec un officier des troupes à leur teste allèrent s'embus(|uer pour les charger.
Un canot de (juatre Iroquois fut défait, le gros tomba par terre sur nos gens (|ui avoient le bois pour eulx.
Le combat fut rude.
L'officier et treize des nostres restèrent sur la place criblez de coups et les aultres se retirèrent dans un fort à la faveur du bois. ( )n ne si^ait pas précisément combien les ennemi.s ont perdu de monde parce qu'ils ont bruslé leurs morts; mais nos gens assurent en avoir bien fléfait 25 ou 30." — (Callcction de Ma)ntscrits. Il, M)).
Registre de la Poiiitc-aux-Trciiibles (1690) Hommes tués par les Iroquois an bas de l'île.
Le second juillet 1690, ont été tués par nos ennemis les Iroquois au bout de l'île proche La Coulée de Jean Grou le Sr Colombe Lyeutenant reformé, Joseph de Montenon Sr. de la Rue, que les ennemis brûlèrent le jour même derrière le fort de Lacbesnaye, Guiilamiie Richard dit La Fleur, notre lieutenant de milice, Jean Jalot notre chirurgien, Jean Delpué dit parisot, Joseph Cartier dit La Rose, Jean Rainau brûlé aux Onneious avec Jean Grou, paschange et le bohème en présance du père Millet de planchar, Jean Baudoin fils, Pierre Masta fils, et un engagi du grand Bauchant nommé (nom omis).
(Signé) Seguenot.
Au revers de. cette feuille :
Pierre Payet dit St-Amour a été pris dans L'ataque de l'autre part et emmené prisonnier le 2 juillet 1690, il a été donné aux onneious qui lui ont donné La vie, ainsy que nous a mandé le père Millet, du mois d^ février 1691 d'Onneious...
(Signé) Seguenot.
Le dit St-Amour est revenu au pais en 1693.
2 nov. 1694
Ce (jui précède est écrit sur une feiiilie insérée dans le registre conservé au presbytère de la paroisse de la Pointe-aux- Trenibles et doit avoir été rédigé après la réception de la lettre du père Millet en date du mois de février 1691.
Plus tard, le curé a noté le retour de Payet.
Registre de la Poiiite-aux-Treiiibles (1694)
Inhumation des ossements de Ceux qui ont été tuez au bas de Lile par Les irocjuois.
Le 2 novbre. 1694 ont été Inhumez dans nre. cimetière Lés ossemans dés Sieurs de Colombet, lieutenant réformé dans Lés troupes, La rue, Jalot chirurgien, Lafleur richar Capitaine des habitans de Cete paroisse, La rose Cartier. Jean Baudoin fil, pierre Masta fil, et Isaac... Soldat, qui ont été tués par les iroquois dans Lataque du bas de lile de Montréal au bas à La Coulée de Jean (irou le jour de La visitaon de La Ste vierge 2 Juillet 1690. on enterra Leurs Cors du mieux que L'on put an ce tant La Sur Lés lieux, par La Crainte des ennemis, et jay fait aujourdhuy an fouir Leurs os que nous avons tous nu's dans une même bière et dans une même fosse. On Leurs dira un Service dans huit jours: le tout fait gratis et an presance de Mr le Breton prêtre, missionnaire et de prescpie tous Les paroissiens dont jay fait signer dans la minute Los suivant J l^)auchan, L Archambau et X vSenet C Le Breton
Seguenot
Extrait du dictiomioirc de Mgr Tanguay
" Le 2 juillet 1690, les Iroquois tuèrent, Coulombe, Jalot, Larose. Cartier, Jean Baudoin fils, Pierre Masta fils, Isaa:c, Soldat, de Montenon vSr de Larue, Guillaume Richard dit Lafleur et plusieurs autres du nombre desquels se trouvait le chirurgien de la paroisse, Antoine Chatillon." — Tanguay, D. G. I, 285 et A Travers les registres, p. 70.
Cet auteur fait erreur au sujet du sort de Chatillon ou Chaudillon comme nous l'avons précédemment démontré.
Extrait de l'Histoire dit Canada de l'abbé Ferland.
"...Les partis de guerre des Iroquois recommencèrent à infester le gouvernement de Montréal ; ils se rendirent même jusque dans celui de Trois-Rivières. Plusieurs canots iroquois étaient descendus par la rivière des Prairies jusqu'au bas de l'île de Montréal ; un chirurgien nonnné Jallat, les aperçut et donna l'alarme, \"ingt habitants de la Pointe-aux-Trembles, conduits par le sieur de Colombez, ancien lieutenant, les attirèrent dans une embuscade et les chargèrent vigoureusement. Vingt-cinq Iroquois demeurèrent sur la place, mais les Français eurent à déplorer la perte de douze hommes, parmi lesquels se trouva leur chef..." — Ferland, Histoire du Canada II, 209-210.
lî.vfrait de l'Histoire du Canada par l'abbé de BcUnont
"Le 2 juillet (1690), un party d'Iroquois estant descendu par la Rivière des Prairies à Repentigny, fit encore un grand massacre. Il y eut 20 homîmes tués et 30 Iroquois. Pierre Milet, tué; sa fille bruslée. Trois Lajeunesse, bruslés. La fille de la meunière emmenée. Le sergent Du Moulin tué. Daillot et Colomb, lieutenants tués, Charles Pouliot, aussi tué dans l'Islc Ste. Thérèse. Planchau, Gervais, Beaudry et Desroches tués et Lamour pris."
Il y a plusieurs erreurs dans ces quelques lignes.
D'abord, pour répéter une remarque déjà faite dans notre étude sur Dollard, le copiste qui a transcrit le manuscrit de l'abbé de Belmont s'est trompé souventes fois; ensuite, l'abbé de Belmont ou celui qui a rédigé ses notes a dû s'emmêler.
En efifet, Pierre Milet ne fut pas tue, ni '' sa fille brûlée ". Pierre Milet était un Jésuite que les mêmes Iroquois venaient de faire prisonnier. {Collection de Manuscrits, l, 57t). On peut supposer que l'auteur a voulu écrire Pierre Masta et indiquer le rôle que le R. P. MiMet joua dans ce trai^ique événement.
Au surplus, il est probable que l'auteur a réuni par inadvertance, en un seul fait,
l'assassinat de Pierre Dagenets et de sa femme, en 1689, avec le combat de 1690.
Daillot est évidemment mis pour Jallot, Planchau pour Planchard, Beaudry pour l'audouin, Lamour pour St-Amour.
Le sergent du moulin peut être Richard dit Lafleur. Il y avait dans la localité un colon nommé Desnoyers dit La jeunesse, mais o-n ignore tout de ses enfants à cette date.
Jean et Nicolas Desroches habitaient aussi le bout de l'île, mais ni l'un ni l'autre ne furent tués.
Ce cjui semble certain, c'est que près du lieu du combat il y avait un ruisseau nommé Desroches. Une note trop succincte a sans doute trompé l'historien!
Quant à Charles Pouliot et à Gervais nous n'en trouvons pas trace.