‹ Faits pour le peuple: la Rébellion du nord-ouest: la question des métis et leur traitement par le gouvernementChapitre 8 sur 15 · TT · texte numérisé non relu

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manière suivante, au cas des frères Tourond :—

“Le rusé Riel chercha de toute maniôre à engager ces jeane gens à le joindre, mais sans réussir. Jour par jour, 1! se rendit auprès de leur panvre mère pour abuser de sa superstition et de ga crédulité, avec une ruse disbolique. 11 lui raconta ses visions côles etc. * * * et la pauvre femme ayan foi dans sa mission divine, pria ses eufants de s’en. rôler et de combattre sous la : bannière du ciel.”

Parlant des prisonniers en général, il dit :— “JB ont été trompés par nn homme qui connaissait tement que:leurs cœurs et leurs esprits étaient faibles, Ils ontété appelés auxarmes. au nom de Dieu et des Saints, par un homme qui se disait l'envoyé de Dien pour accomplir une bonne et grande œnvre. ont été sreulés par de prétendues visions et messages def Espri nt; pauvres gens, dans leur absolue confance, ont été conduits à la désolation, la misère et la mort.”

Ayant fondé une nouvelle religion, Riel ivstitua une cérémonie à l’église de Batoche qui devait consister dans le baptême de son secrétaire Jackson à la foi nouvelle.

Il envoya des éclaireurs pour amener les |Q

métis à cette cérémonie, les engageant à apporter leurs fusils, pobr tirer une salve, et conime on k verra par les déclarations assermentées, 1 eut beaucoup de difficulté, dans certains cas, à les engager à s’y rendre. Lorsque les métis furent arrivés à Batoche, Riel leur dit que le gouvernement <nvoyait des troupes pour les tuer, leur enlever leurs propriétés et détruire leurs familles, et ces menaces eurent pour résultat d'amener le combat du Lac-aux-Canards qui compromit ses dupes infortunées, et de <aaser les tristes évènements qui s’en suivirent. Cea faits décenlent du témoignage assermenté W’un certain nombre de ces gens <ux-mêmes. Ilsuñfira de citer quelquesunes des déclarations assermentées qui suivent :— °

Jean Baptiste Laplante, cultivateur, jure :—

“J'étais en voyage, quand la rébellion a éclaté a Troy, avec des marchandises pour des marchands de Batocke appelés Walters & Baker. Je n'ai pas été ailleurs ; ajsès avoir livré mes marchandises, je suis retournè chez mol Je ruûis resté chez moi un seu] jour, et un homme appelé J. B Deschamps est venu me chercher. Descbarmps avait un fusil et {] dit qu'il ‘me prendrait par force’ si je ne joulais pes venir, et ‘ nous prendrons tout ce que vous savez." étaient deux, tous deux armés Ils m'ont emmené avec eux, mails je n'avais pas de fusil Jls m'ont emmené

Batoche et m'ont dit qu'il falisit que je serve comme les autres. * * * Riel nous dit que nos f: es sent tuées par les troupes et qu'il fallait tontes leg réunir, ? #

Gabriel Parenteau, cultivateur, jure =— “J'étais ici

P Ba l'église le dimanche, j'ai 6t6 fuit prisonnier (dans l'égiise de Saint Laurent) par Pbilippe Guardupai et

un autre, je ne sois pas son nom." Ilsnyont dit qu'ils alliiont me fusiiler ou m'enfermer si je n'y allais pas. Ja m'ont fait passer la riviôre et m'ont mis dans tm maison et m'ont gardé deux fuurs. Le troisiètne je me suis échappé et suis allé chez moi. En trois jours après, il sont venus me chercher ; Gabriel Dumont est venu me chercher et me dit que si je ne voulais pas venir, ils m’attacheraient, me mettraient dans la cave et m’enlèveraient tons mes animaux. Je leur ai dit qu'ils pouvaient prendre mes animaux, Mais ils m'ont forcè à aller avec eur, —et après quartre jours, je me suis encore enfui chez moi et suis resté là cinq jours avec mes chevaux dans la prairie: je ne venais na la maison qu'à la nuit. John Ross, le jeune, est encore venu me chercher et sous a tous emmenés --n0s. frmilles, femmes et enfants—et nous a gardés, là tout}le temps, jusqu'à ce qu'enfin j'ens, peur d'essayer de Me sauver,” :

Jean Carron, cultivateur, jure :—

“J'étais à Batoche pendant la rébellion et J'ai part avec les rebelles dans La rébellion. Je n'é pas un conseiller. Je fus invité À venir au baptéme de Jackson et a apporter mon fusil de peur que neus

; fassions EI par la police. .Je m'avus pes gs 6 fusil e vingt jours sans en avoir un, ‘at été fo PP

monde.” :

Louis Marion, cultivateur, jure :— .

se Je sais que M. Ness a été fait prisonnier ks robelles. Quand j'ai été pris, j'ai été is dos la même chambre que luiet il était oncore prisonnier quand j'ai 6t6 mis en liberté. M. Ness était un cultivateur, et il avait des vaches et des chevaux autour de chez luf, Je les ai entendus, les rebelles, dans l'église où on nous a mis, dire qu'Uls iraientchez Ness, et prendraient son fusil et toute autrs choss qu lear serait utile Le 17 mars, j'étals au ningasin e Walter à Batoche, et il est entré un jeune homme qui nous a dit qu'il allait y avoir du trouble Le lendemain matin nous fâmes portés à l'église et il tinrent une assemblée, et Riel me dit que j'avais dix minutes pour décider si je voulais me joindre à eux, ou bien il serait obligé de faire quelque chose. : Je loi promis de me joindre à ue à remière antasion, je’ m'échappai.. Une füis, Riel avait prononcé une sentence conte phares op A K yer parce qu'ils ne s ent pas joints à eux.

Knsutte il demands aux gensqu'est-ce qu'ils pensaient de ce qu'il avait fait en condamnant ea hommes, et tont ls monde l'approuva en faisant un grand Uruit. 1i se tourna alors et dit & quelques uns des prunes ce qu'il avait fait, grd 1 m'avait vu, et El dit alors, Dieu vons soit en . J'ai ri de jui quand ü dit: il ratpu encore trop tard'; et. se tournant vers la peuple dit qui m'avait oublié, mais qu'il me k onnerait dix minutes pour réfléchir à ma: , Cette même nalt, ils sont allés an magasin de Hatochie: et en ont tiré des ballots de couvertes ot de hardes ot les ont distribués à ceux qui pour lee prendre Carleton, À ce moment, un 40! gonvernement Provisoire s’orgauisa et tint là ses s$ancck. Riel nommait les membres au peuple et st lo pain approuvalt, celui qui était nommé entrait Je Couseil. Je crois qu'il 20 Joigait à lui, seire capitaines qui étaient nommés per l et élns par la foule qui était dans l'église, J'ai entendu Riel dire : est-ce que la vie de nos marchands de cette Jocalité vaut plus que la nôtre ? nous allons aller, ot les amènerons avec leurs armes. J'ai vu un ls de George Fisher ct un fs da Salomon Venne et un, jeune Gareault qui furent amenés de cette manière. J'al va le pistes sauvages, 'quelqtes-uns étaient de le de Ure

Fièche, quelques-ns de celle du Barbu et quelquesana, sauvages Sioux. J'ai entendu dire, que plusieurs avaient été forcés de so joindre à eux ; les gens entendant Riel nons faire tant de menaces, lis x nt

de lui résister: 1 faisait ces menaces pour

ider lea gens ét en avoir plus de son côté ; ou ns pouvait pen s'opposer À lui et à ses ‘prin uXx

oinmes. Ses menaces contre nous, ont réussi à

rester son monde ensemble.” À

Pierre Paranteau, cultivateur, jure :— “Us m'ont dit —Eiel m'a dit,—que les soldats venaient pour tuer nos familles, et quand j'arrivai à

Y M était pleine. Kiel Dousa trompés. Riel a dit aux que les soldats venaient Pour nous

vies de nos familles, comme Riel nous l'avait dit

Charles Nolin s’est sauvé du Lac anx Canards quand la

bataille a commencé ; avant cela il était un des chefs.

Sl'nous n'avions pas été trompés comme nous l'avons.

été, nos hômmes n'auraienf pas du tout pris les ° armes.” ! “4

+ ’ “On verra que ces déclarations Assermen nait, et je sols retonmné chez mol pour envhon one | ées des principaux métis donnent une bis” - : chercher et m'ont ravené À Batoche où fle resté toire dé‘là; rébellion et de £es causes, bien tons Je temps. J'étais là quand les magasins de | différentædes romans débités sur les es- Batoche, ceux de Boyer ci do Fisher dut été plllés et | trâdes de op ition et dans ]a presse de les rparchandises dées ane ter | l'opposition, dan bout à l’antre de Ia Puissante. < :

magasin de Venne ; à ce moment il j avait

deux cent soixante hommes, Jein'alrian et n'ai É

pas pris part au pillege. ‘On m'en a offert, mais j'ail (es déclarations pourraient être multipliées a l'infini ; mais les extraits que nous en donnons servent à démontrer les moyens .

refusé. Je n'ai pris à aucune des bataîlles, Ils dont Rie] s’est servi pour faire tomber daus

avaient des gardes à différents endroits ot is avaient paré une loi que si quelqu'on désertuit, ll serait

| le piége ses partisans, simples d'esprit, et leur faire commettre des actes de rébelliou

ouverte. b être la ré da ol

*e qui peut être la réponse la plus comteaux prétandues causes de Ia rébellion, les qu'exposées dans les jonruaux de l'opposition et dans les discours des orateurs de l’opposition, se trouve dans le rapport de M. Penrce, mis devant le parlement,

sa dernière session, et dans lequel ce monsieur prouve que des 258 colons lors de l’éclosion de Ja.rébellion dans les distriots qui en ont élétronblés, 238 n’avaient aucun droit à des scrips, attendu que leurs titres avaient êté éteinte avant leur départ : du Manitoba. M. Pearce “fait rapport comme suit -

:"" Prince-Albert, T.N.0., 14 Déc. 1885.

‘L'Hon: Thomas White, Ministre de l’Inté t\" rfeir, àOttara, Ont. :

pagni le peuple que les gèns croyaient que tont-ce | * Mfoxstrvr,—Süivant les instructions que j'ai reçues qud Riel disait, arriveralt ; Riel par sea cérémonies et | do roue, lors de votre dernière visité an Nord-Ouest,

ue je: devrais, pendant ma présente visite dans ce district, rsssembler toutes les informations possibles “sur. des tendues causes du malheureux soulévement qui vient d'éclater nu Nord-Ouest, j'ai lhonneur de vous faire rapport comme suit:

Les six causes, prétendues telles, sont les auivantes :—

1 1 que les colons métis n’ont trequ de titres

pour Jeurs terres, par suite de d dont Ia faute incombe au seul gouvernement, et qui ont fait qu'il leur “= été rapossible d'obtenir de faire Inscrire des entrées pour les terres sur lesquelles ils étaient établis,

2, Qu'en conséquente du système d'srpentage, = e été impossible à ces colons de 36 faire donner Les dit là, que quand pons.avous prisles armes, nous | terres sur lesquelles ils s'étaient établis et qu'ils l'avons fait, non contre le. gouvernement, mais coufte | avaient, améliorées avant l'arpentage. . la police. Riel disait que les outrages étaient que , nocs devions être rmassacrés ‘avec ‘hoë familles et} 8. Qu'ils avalent droit à obtenir le mômo pririège notre racs extermminée, st je ne sula pes ‘capable de | qua celui qui svait êt8 accordé aux métis du dire la moitié des mensonges qu'il nous a faits,” : Manitoba. os .

Norbert Turcotte, cultivateur; îure Les

; - Pierre Tourond, cultivateur, jure :—

‘t J'étais présent à Batoche avec les rebelles, j'ai été forcé à marcher par Iliol, etif'étais présent à la bataille de l'ansc aux poissons'aous les armes et J'ai

à partir du 1° mars q il nous a fait dire de venir au baptéme de Jackson et d'apporter nos fusils pour saluer la cérémonie, chaque fois que Yun de nous essayait de retourner chez, lui, ils- nous arrêtafant et nous disaient que si nous nartions, nosanimaux ct nos effets seraient pris, et que si nous étions repris, nous serions fusillés.” t : tt,

Maxime Lépine, caîtivateur, jure ï—

\ Riel par la manfére doit fl s'était conduit de

pè attirés dans an piégée. C'est à ja seule raison, que Bots avions da Fe les armés contre le gouvérnevu

eee

4. Que les terres sur lesquelles ils résidnient depuis desaunées, avaient inalgré leurs droits, été vendues à d'autres, priucipalument à des spéculateurs.

5. Que la taxe sur Ja conje du bois leur avait été Erès-ouGreuse et avait Gté une caose grave de mécontentement, et

6. Que la taxe pur la coupe du foin sur les terres du gouvemmement était aussi onéreuse et une cause

. de grind mécontentement

Après avoir donné des dêtails complets sur ses recherches et leur résultat, M Pearce résume et conclut, comme suit, soa rapport :— .

1. Ce rasport démontre que de tons les 25$ colons, au moment du sou:êvement, pas un seul u'avait 6t6 “empéthé d'ubtenir pateute pour sa terre par suite de Y'action—ou plutôt de l'inaction du gouvernement, et

- mêtne en Mars, 1884 il n'y avait que dix cas en retard,

. et ce returd 16sultait d'une différence entre l'arpenta, de la Réserve de Une Flèche et celui de la paroisse de Saiut-Laurent ;

2. Que pas un homme de ces, 258, ni personne autre ayant jamais résidé dans le district, n'a perdu un seni pouce de terrain pur suite du systême d'arpentage, losque cet arpentage a 6tG fuit après que le colon s8

. fut établi sur sa terre ; - |

8. Que 92 par cent de ces 25S n'avaient pas de droits corame métis du Nord-Ouest. Sur'les 92 par cent, ceux qui étaient métis, avaient participé à tous les droits accordés à ces personnes dans lu Province du Manitoba;

4. Que pas un colon dans le district, n'a vu vendre en dépit de ses dfoits, un acre de terre sur lequel il cût un titre ou même sur lequel il en réclamät;

5. Que la taxe sur la coupe du bois n'était pas onéreuse, vü qu'elle ne s'élerait qu'à 5 ceutins par colon. par anuée ;

6. Que la taxe sur la coupe du foin ne les a janais affectés, fut-ce au plus minime degré.

Ce qui fut le motif réel du chef de Ja . rébellion, peut s’apprendre du témoignage suivant du Père André, donné au cours du

rocès de Riel. Il nour fait votr cet

omme que les Rouges de Québec nous représentent comme un héros-martyre, et Jee Grits d’'Untario, comme un malheureux qu’on n’a pu laisser pendre qu’en commetant un crime; il nous le fait voir comme un aventurier mercenaire, essayant de Jaire chanter le gouvernment.

Q. Je crois qu'au mois de décembre 1884, vous avez eu une entrevue avec Riel ct Nolin au sujet d'une certaine somme que ,l'accus£ réclamait dn

gouvernement? R, Nou, Pas ave Nolin. Nolin n'était pas présent à l'entrevue,

Q. L'accusé y'était’ R Oui

Q. Voulez-vous déclarer ce que l'accusé voulait avoir du gouvernement fédéral? R. J'ai eu deux entrevues avec l'accusé à ce sujet

Q. L'accusé réclamait une certainc indemnité du gouvernement fédéral? R. Lorsque l'accusé fit sa . réclamation, j'étais là avec une autre personne et il voulait avoir $100,000 du gouvernement, Nous fûmes d'avis que cette detnande était exorbitante et l'accusé ndit : ‘Attendez un peu; je prendrai tont de suite $35,000 comptant.”

Q ‘Et à cette condition, l'accusé devait quitter le ys, si le gouvernement lui donnait 855,000, R, Oui, s'est la condition que Riel mit.

PRET IEEE TETE

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