ACTE IV, SCENE V
Monsieur !
ANDREWS
Si celui que vous voyez devant vous , était une de' vos victimes.
Vous ?
ANDREWS
Si vouS l’aviez frappé dans ce qu’il avait de plus cher au monde ; si vous l’aviez atteint mortellement dans ce que l’homme a de plus noble , dans son honneur... si vous l’aviez forcé... depuis vingt ans... (depuis vingt ans!... entendez-vous?) de cacher son nom, de rougir du sang, du sang irréprochable de ses pères ! homme endurci par l’orgueil, que prouveraient les détours de mon langage , si ce n’est ma générosité ?
falkland, hors de lux-même.
Qui que tu sois, homme, ou génie sorti de l’enfer, qui me poursuis , qui m’obsèdes , il faut que tu t’expliques, enfin, ou ma trop juste fureur va tout se permettre.
Sans doute, monsieur le comte, où nous en sommes , l’alternative est forcée i la mort ou l’honneur 1... Je ne suis entré dans ces lieux que pour obtenir l’une, ou recouvrer l’autre.
Qu’entends-je ?
ANDREWS
Avez-vous pensé que les lois qui régissent le ntpnde moral dussent être suspendues éternellement?... Et pourquoi ? afin de satisfaire l’orgueil d’un grand de la terre?... Noh : le sang du juste crie; il faut qu’un sacrifice l’apaise... Vous voyez devant vous un descendant des Howkins. L’infortuné Howkins, père, était mon oncle. Son fils fut mon ami, mon frère:.. La Providence m’a conservé, dans les trésors de sa justice, » afin que je fusse un jour le vengeur de leur mémoire.
Que prétendez-vous ?
Que vous rendiez à la famille dès Howkins ce qui peut encore lui être rendu ; que vous leviez l’infamie qui souille leur nom, ou que vous m unissiez à leurs cendres.
Où suis-je?
ANDREWS
Vingt années gi’ opprobre se sont amassées sur la tête. de leurs malheureux descendants! dites si la conservation de votre renommée ne nous a pas coûté
assez cher!... M. le comte, voici mes derniers mots :
Votre mort ne feur rendrait pas la vie; je ne demande