S. G. MGR RUTTEN, ÉVÊQUE DE LIÈGE
ÉvÊcHÉ Liège, le 4 novembre 1912.
de
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Monsieur le Président,
Nous sommes trop heureux, en Belgique, de posséder la liberté d'enseignement, pour ne pas souhaiter ardemment que les autres peuples la conquièrent, et applaudir aux efforts qu'ils font dans ce but. C'est la liberté d'enseignement qui nous a permis de couvrir notre pays d'écoles gardiennes, primaires, moyennes et autres, absolument catholiques. C'est grâce à elle que l'Episcopat belge a pu fonder et maintenir l'Université catholique de Louvain, dont la valeur et la prospérité constituent une gloire pour notre patrie. Si la Belgique est restée profondément chrétienne, si, depuis bientôt trente ans, elle est gouvernée par des hommes qui aiment la religion non moins que leur pays, nous le devons, en grande partie, au fait que la majorité de nos enfants n'ont cessé de recevoir une éducation foncièrement catholique, en dépit de tout ce qu'ont pu tenter nos adversaires pour nous imposer l'enseignement neutre. Nul doute que la liberté d'enseignement, loyalement pratiquée, ne produise des fruits semblables en France.
En érigeant un monument commémoratif de la Loi de 1850, et en glorifiant l'homme d'État, M. de Falloux, qui en fut le principal auteur, vous faites, dites-vous, un premier pas dans la voie des revendications légales pour reconquérir la liberté d'enseignement que le malheur des temps n'a que trop mutilée. Puisse ce premier pas être suivi de beaucoup d'autres jusqu'à ce que vous soyez arrivés au succès ! Puisse la France, revenue à une conception plus juste de son devoir et de son intérêt, rappeler bientôt les milliers d'éducateurs chrétiens qu'elle a expulsés de son sein, pour le seul motif qu'ils portaient un costume religieux !
Vous ne désespérez pas d'atteindre un jour ce résultat pour l'honneur et le bonheur de votre noble pays, et voys avez rai-
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son. La Foi, qui a toujours suscité dans votre patrio des dévouements sublimes, la générosité, qui est le fond du caractère français, l'ardeur et la vaillance, que vous savL'Z déployer pour la défense des grandes causes do la civilisation, nous donnent la confiance que Dieu vous accordera la victoire, et cela, peut-être, au moment où l'on s'y attendra le moins. J'unis mes prières aux vôtres pour qu'il en soit ainsi.
Votre bien dévoué en N.-S.
7 M. H. flUTTEN,
Evêquc de Liège.
M. CHARLES WOESTE,