IL—ORIGINE DES FAMILLES CANADIENNES
Ce n'est qu'après l'arrivée de Samuel de Champlain que nous commençons la longue série généalogique de la nation Canadienne. Oui, c'est à l’immortel fondateur de Québec que revient l'honneur de l'établissement des premières familles en Canada!
Et ces premières familles, quel généseux dévouement ne firent-elles pas paraître ? Il ne faut que reporter un instant nos regards vers cette époque si féconde en faits héroïques, pour voir surgir les innombrables périls auxquels elles furent exposées : périls sur l'océan, périls sur une terre encore sauvage et inculte, Que l'imagination nous rappelle ensuite l'isolement, l'absence des parents, l'abandon de la patrie, joints à la crainte de subir la cruauté qu'exerçaient les nations barbares envers leurs captifs. Tel est le spectacle que nous offrent les premiers colons de la Nouvelle France,
C'est ainsi qu'une femme remarquable, Hélène Boullé, dans la fleur de l’âge, accompagnait, en 1620, son mari, l'illustre Champlain, pour partager avec lui une vie de sacrifices et de privations.
Les sauvages, à son arrivée, n'ayant jamais rien vu de si beau, la voulaient adorer comme une divinité. Ils admiraient son visage et ses habits, mais plus encore un petit miroir qu'elle portait à son côté ne pouvant comprendre comment toutes choses étaient, ce leur semblait, renfermées dans cette glace, et qu'ils se trouvassent tous pendus à la ceinture de cette dame,
Madame de Champlain ne fut pas longtemps sans entendre et parler passablement la langue des sauvages, et tout aussitôt elle enseigna la prière à leurs femmes et à leurs petits enfants.
C'est à bon droit que nous pouvons l'appeler la première institutrice de l'Amérique du nord. Elle coula ainsi quatre années de son existence dans la privation d'une foule de choses nécessaires à la vie. La disette des vivres et d'autres raisons plus puissantes encore la firent repasser en France, et après la mort de M. de Champlain (1635) elle se fit religieuse Ursuline à Meaux, sous le nom de Sœur Hélène de St. Augustin, et y mourut en 1654.
Les familles qui s'établirent les premières sur le promontoire de Québec, furent celles du vertueux Louis Hébert, du laborieux Guillaume Couillard, de l'intrépide m vin Abraham Martin. Vinrent ensuite les familles Côté, Langlois, Nicolet, Giffrd, Juchereau, Bourdon, Gravel, Guyon, Cloutier, Joliet et Caron.
De plusieurs de ces premiers colons descendent, entre autres, les vénérés Archevêques Plessis, Signaï, Baillargeon, Taschereau, Blanchet et Taché, et Sir George Etienne Cartier.*
* L'auteur du Dicionnaire Généalogique présentait, il y a quelques années, à Sir Georges, alors ministre de la milice, l'arbre généalogique de ses ancêtres, accompagnée de l'envoi suivant :—