LES FAMILLES CANADIENNES
Aux Trois-Rivières se groupaient les familles Pepin, Boucher, Godfroy, Trotier, et Jutras, qui comptent parmi leurs descendants l'Hon. Ministre des Travaux Publics, es familles DeBoucherville, de Niverville, de Montizambert, de la Bruyère, etc. et aussi celles des Beaubien, Désaulniers, Crevier.
À Montréal se fixaient les Dumay, Mousnier, Baudry, Desroches, Fleury, Lemoyne, LeBer, Migeon-de-la-Gauchetière, Gautier et Viger, tous ancêtres de familles distinguées de Montréal.
Ici se présente une question bien importante au point de vue de nos origines, Pendant grand nombre d'années le chiffre des femmes arrivées au Canada n'était qu’une très petite fraction de l'immigration des colons. Le régiment de Carignan, à lui seul, avait ajouté près de 1500 hommes à la population canadienne. Ces jeunes soldats licenciés, et qui se firent agriculteurs, durent-ils s’allier aux femmes indigènes, et devons nous compter ces dernières pour nos aieules ? Quelques colons épousèrent en effet de jeunes filles indigènes ; mais l'éducation que la plupart d'entre elles avaient reçue dans les communautés des Ursulines et de l'Hotel-Dieu les avait tout-à-fait policées. Nous pouvons citer plusieurs familles des plus respectables du Canada qui comptent parmi leurs ancêtres des fils de la forêt, et qui doivent s'en estimer heureuses.
Entre autres se trouve la famille de feu le commandeur Jacques Viger, dont une ancêtre était la fille du brave Arontio, un des premiers néophytes hurons de la bourgade de l'Immaculée Conception, disciple du Père de Brebeuf et martyr de la Foi.
Il ne faut cependant regarder ces alliances que comme de rares exceptions.
Les mémoires de cette époque nous montrent quelle sollicitude les ecclésiastiques et les communautés religieuses, qui s’intéressaient à la colonie nouvelle, apportèrent au choix et à l'envoi des jeunes personnes destinées à épouser les colons de la Nouvelle France.
En eflet les ofliciers des régiments licenciés, ayant obtenus des seigneuries en concession y établirent la plupart des jeunes soldats de leurs régiments. C’est ainsi que se formèrent les seigneuries de M.M. de Sorel, de Contrecæur, de Chambly, de St. Ours, de Berthier, de Chateauguay et autres.
Comme il fallait des compagnes à ces valeureux défenseurs de leur nouvelle patrie et que le nombre des jeunes personnes du pays était encore très-limité, il failut recourir à l'immigration de filles de France.
Dès l’année 1653, la vénérable Marguerite Bourgeois, fondatrice de la communauté de la Congrégation Notre-Dame, à Montréal, conduisait au Canada, quelques jeunes françaises qu’elle avait choisies avec un soin tout particulier pour la colonie. En 1658, elle prenait encore sous sa garde cinquante filles pieuses, envoyées en partie aux frais de la maison de St. Sulpice de Paris.
Dans chacune des années 1666, 1667 et 1669, le nombre de ces jeunes filles venues de France s'élevait à 150.
Dans l’année 1670 on en porta le chiffre à 165, et l’intendant Talon, dans sa lettre du 10 novembre 1670, dit: ‘ Qu'il est arrivée cette année 165 filles de Normandie, et que trente seulement restent à marier