IV. Y
Je vois trois saints Prélats dont la douce auréole, Et puis, je vois jaillir en des sources nouvelles, Aux feux du sanctuaire emprunte son éclat: D'autres ruisseaux couvrant le pays tout entier, GEORGES saura chérir, instruit à son école, Toutes je les suivrai; mais entre les plus belles L L Ï La Religion dans l'Etat. Est la tienne, Grorces CARTIER, £ ,
“Je les ai réparties dans des familles respectables jusqu'à ce que ceux qui les demandent en mariage soient prêts à s'établir...
“I faudrait encore que Sa Majesté en envoyât 150 à 200 pour l'an prochain.
“IT faudrait aussi recommander fortement que l'on choisit des filles fortes afin de pouvoir travailler dans ce pays, et afin qu'elles eussent de l'aptitude à quelqu'ouvrage manuel.”
Ces filles qu'on appelait “les filles du Roi” étaient de jeunes personnes tombées orphelines en bas âge et qui étaient élevées aux frais du Roi à l'hopital général de Pois. C'était de cet établissement que l’on dirigeait des envois au Canada ; malheureusement eiles étaient élevées trop délicatement pour le climat et les travaux du Canada, ce qui fit que Colbert, cette année 1670, pria l'Archevêque de Rouen (Mgr. de Harley) de faire choisir par les curés de 30 à 40 paroisses des environs de cette ville, une ou deux jeunes filles en chaque paroisse, pour les envoyer au Canada.
Le convoi de 150 filles, en 1671, fut le dernier, car les naissances étaient déjà assez élevées pour répondre aux besoins de la colonie, En conséquence, Talon manda que près de 100 jeunes filies natives du Canada pourront se marier l'année suivante.
Toutes ces jeunes personnes, à leur arrivée à Québec, étaient de suite placées dans les communautés des Ursulines et de l'Hotel-Dieu,
Les jeunes colons à leur tour, après avoir terminé les travaux de culture, se rendaient dans la même ville et choisissaient leur compagne, et pendant plusieurs mois, les mariages se célébraient en grand nombre,
Aussi l’on remarque que les Registres de l'Etat des personnes qui ne comptaient que cinq à six mariages de janvier à juin, en renfermaient plus de cent pour le reste de l’année,
Le chiffre des naissances, peu considérable dans la première période de notre histoire, augmente graduellement et devient même très important,
Le nombre d'enfants dans la tamille atteignait ordinairement dix, et plusieurs fois dépassait de beaucoup ce chiffre.
Dès qu'une fille avait accompli ses treize ans d'âge, elle devait contracter mariage, et le gouvernement favorisait tout particulièrement ces alliances en dotant la jeune mariée,
D'un autre côte, le jeane homme marié avait sans cesse à lutter contre les dangers de la guerre. Il avait à défendre sa famille et ses foyers contre l'invasion des farouches Iroquois et, le plus souvent, il payait de sa vie le courage qu'il avait déployé dans ses expéditions guerrières.
Ces circonstances malheureuses, jointes aux accidents dans les forêts, aux naufrages sur les rivières, aux épidémies multipliées, peuvent de suite expliquer le fait bien remarquable que nous rencontrons, €’est qu'un grand nombre de jeunes femmes veuves sont en troisième noces dans l’âge de 26 à 36 ans, et se remarient pour une quatrième fois,
Les mortalités dans ces époques avaient surtout pour cause les attaques réitérées des sauvages. Il suffit de mentionner les massacres de Lachine, de la Pointe-aux-Trembles de Montréal, de la Rivière St. François, de l'Ile d'Orléans, et surtout le combat du Long Sault.
Ce combat du Long Sault, qui sans contredit peut passer pour le plus héroïque fait d'armes de toute notre histoire, est peut-être aussi un des moins célébrés par nps poëtes,
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