LE MARÉCHAL DE GASIELNAU
en Angleterre, envoya près de la reine Élisaibeth Michd de GastelnaU) qui y demeura pendant 10 ans. C'est durant ce long séjour en Angleterre que furent rédigés les célèbres Mémoires de Gasteinau.
De retour en 1 1 ance en ll>85, il fut fait chevalier des Ordres du roi, et put encore rendre des services à son pays, quoique les Êttigues eussent altéré sa santé. Après son avènement au trône, en IH^, Henri IV sut utiliser son expérience ; mais bientôt le repos lui étant dc\L'nu indispensable, Castelnau se retira à son château de Jonviiie, en Gâtinais, où il mourut en 1592, âgé de 74 ans.
Nous devons la première édition des Mémoires de Castelnau à son fils , Jacques de Gasteinau , mari de Gharlotte de Médavy , qui entreprit cette publication
en 1621.
Pariiji les autres éditions qui ont paru depuis cette époque, celle de J. Le Laboureur, en 1659, se fait remarquer par les nombreuses additions qui l'accompagnent , et qui comprennent les généalogies des Castelnau et de leurs alliés, les Rouxel de Mcdavy.
Dédiée au marquis de Castelnau , notre maréchal , alors lieutenant générai des armées du roi , cette belle édition est ornée des portraits de Michel de Gasteinau et du maréchal son petit-fils.
Le premier, dessiné et gravé par de La Roussière , représente Fauteur des Mémoires en costume du règne d'Henri ill, avec cheveux en brosse, barbe en pointe et moustaches retroussées. Sa figure allongée est un peu rembrunie par un certain air de sévérité.
Le burin de Nanteuil , au contraire, donne au ma« itclial une physionomie à lu fois noble , douce et Intel-
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lîgente. On regarde généralement ce portrait ooEime lé chef-d'cMivre de Nanteuil.
Six en&nts naquirent du mariage de Jacques de
Castelnau avec Charlotte Rouxel.
Celui qui fait l'objet de cette notice, Jacques, mar- • quis de Castelnau, maréchal de France, servit vaillamment pendant une eariière trop tàX brisée par une mort glorieuse.
Cousin des maréchaux de Grancey , de La Ferté- Imbault et de La Mothe-Houdaucourt, il fut leur émule dans presque tous les combats de cette époque.
Il fit ses premières armes dans cette campagne de Hollande qui, commencée sous de favorables auspices, eut un si triste dénouement.
En 4 636, il était aux sièges de ^^orhie; en i638 à la brillante prise du Catelet par du Uâiiier; Tannée suivante, à la réduction d'Hesdin.
En 1640, il assistait aux combats meurtriers qui se livrèrent devant Arras et à la prise de cette ville par les maréchaux de Châtillon et de La Meilleraye , qui firent mentir le iàmeux proverbe :
Quand les Français prendront AiraB, Les 60Uiis nckangeront les rats.
En 4644, il prit part au siège d'Aire.
Castelnau se trouvait encore, eu 1644, devant Fribourg, à ces brillants combats où le grand Gondé jetait son bÀton de maréchal dans les retranchements ennemis pour exciter Tardeur de ses troupes.
Il était alors à la tèie du régiment de cavalerie du cardinal Mnznrin.
L'année suivante, le marquis de Castelnau prenait
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part , en qualité de maréchal de bataille ^ à la iFictcnre de Novdlidgen, oi^ il reçut deux coups de mousquet et où Gondé se couvrit de gloire (i).
Castelnau fut lait maréchal de camp et gouverneur de la Bassée en 1647, après la prise de cette ville par le maréchal de Gassion^ le id juillet (2).
£n i648 f il joignait le gouveniément de Brest au gouvernement de la Bassée.
En 1651 , la Ga»ette cite avec éloge le marquis de Castelnau qui commandait une des principales attaques, lors du passage de l'Ëscaut par l'armée du roi, sous le commandement du maréchal d'Aumont.
Cette même année , Castelnau fut fait chevalier des Ordres du roi, le 9 février; il n'avait que trente-un ans (3).
A cette époque, le marquis était uii des plus fidèles conseillers de la reine et du cardinal. Monglat le nomme parmi les IDumliers de la cour qui avaient la nuit des conférences avec la reine, au sujet des affiiîres d'État, alors si épineuses. B s'agissait d'amener le jeune roi et sa mère à sortir de Paris et à se mettre à la tête de l'armée contre les Frondeurs , dont les exigences devenaient de plus en plus impérieuses.
En 1653, Gastehiau, lieutenant général, était aux prises de Dunkerque et de Mouzon. Cette dernière place donna beaucoup de peine h la forcer. Castelnau , qui était le seul lieutenant général présent au siège, y prit une part considérable. D'après le duc d'York, le mar-
(1) Le P* Amàme et Mémoire» de Mooglatt
(2) Ibid.
(3) Ce fut senlcment le 9 Jénier d'après le catalogue des chef allers des Cidres*
178 LES GRANCaSÎ DANS LES ARMÉES.
quis «s'entendait parfaitement bien à foire un si^ (i). » Aussi la GaulU nous le montre-t-elle , comme ayant
grandement contribué au succès, par sa présence continuelle à la tranchée. C'est à lui que fut réservé l'honneiir de dresser les articles de la capitulation, qui furent acceptés par Turei^ne (2).
A la prise de Ste-Ménéhould, le 20 octobre 1653, Casteinau étant descendu dans la tranchée, y reçut trois balles dans la cuisse (3).
Au coramencement de mars 1654, il fut envoyé par le roi comme second au maréchal de La Ferté-Senneterre, en Lorraine. Chai^ du siège de Tanes, il s'y livra avec tant d*ardeur que, dès la première nuit, il prit les faubourgs. Deui jours après, le 8 mars, il donnait Fassaut à la ville; mais ayant eu les deux doigts fracturés, il fut transporté à Nancy, au grand legret de ses troupes, qui admiraient son intrépidité et sa vigilance ; ce qui n'empêcha pas la ville d'être prise le lendemain.
Le 20 mars, sa blessure lui permit de revenir à Tanes commander , en Tabsence du maréchal (4).
Ali mois de juin, il se faisait remarquer à l'affaire de Brissac. Cette place avait été soustraite à i obéissance du roi par la défection momentanée du comte d'Haroourt, qui fut bientôt contraint de la rendre (5).
Le mois suivant, Casteinau reçoit Tordre de rejuiiidre en Flandres l'armée de Turenne , où il devait avoir un commandement sous ce maréchal.
(1) Mémoires du duc d'York*
(2) Gazette étlÛ^
(3) Ibid,
(&) Ibid,, 165A.
(6) lifid.