‹ Familles illustres de NormandieChapitre 47 sur 50 · ABBAYE DE GOMER- FONTAINE · texte numérisé non relu

ABBAYE DE GOMER- FONTAINE

Le grand âge de Marguerite, joint à ses infirmités, lui avait, paratt-il , fait négliger depuis quelques années le gouvernement de son abbaye. A la faveur de cette négligence, un certain relâchement s'était introduit dans la maison, et les intérêts temporels n'étaient pas moins en souffrance.

M"* de Maintenon concourut beaucoup à faire cesser cet état de choses , lorsqu'une de ses anciennes élèves de St-Cyr , M"* de La Yieuxville , succéda à Marguerite de Grancey.

La célèbre marquise songea même un instant à faire de Gomer-Fontaine une succursale de St-Cyr. Sa puissanté protection couvrit jusqu'à sa mort cette abbaye qu'elle affectionnait particulièrement; et lorsqu'on I7i0, après la rupture du duc d'Orléans avec M"* d'Argenton, cette dernière voulut prendre pour asile l'abbaye de Gomer-Fontaine, M""" de Maintenon s'opposa de tout son pouvoir à ce qu'il fût donné suite à ce projet , épargnant ainsi aux bonnes religieuses une hospitalité compromettante.

ABBAYES DE LA SAUSSAYE, DE SAiNÎ-MANDÉ ËT DE MALNOUË.

HABIE-niAMÇOISE DE MÉDATY, D*ABOBD ABBESSE DE VlGKATS.

A peu de distance de Paris, sur le bord du grand

chemin de Yillejuif à Fontainebleau, se trouvait la léproserie de La Saiissayc, dont la fondation remontait à une haute antiquité, et que les rois de France s'étaient plu à enrichir de revenus importants. Là devaient être recueillies et soignées les lépreuses, surkmt eeUes de la maison royale (().

Depuis longtemps déjà la léproserie avait fait place à un riche prieuré, lorsque, le 26 décembre 1672, Marie- Françoise de Médavy, que nous avons quittée abbesse de Vignats, en fut pourvue par le roi Iiouis XIV. Les

fl) Louis le Jeune, par une charte de 1161, accordait à cette léproserie ia diaie des vim passant par i'aris pour 1 aliiiienUilion de^ cdiim rojauii {Gttltia chriêtiana].

478 LES MÉDAVY-GRAiNCEY DANS L'ÉGLISE.

prieures de La Saussaye étaient en effet nommées par le roi, et affranchies de la juridiction de l'archevêque de Paris, comme de celle de son archidiacre, pour leur prise de possession (1).

Quelques difficultés s*éleTèrent-elle$ entre Tabbesse et l'archevêque au sujet de son installation? On peut le supposer; car ce fui seulement le 27 juin de Fannoe sui\;uite qu'il y fut piocédépar D. de La Yrillière, cha- Doiue de la métropole.

Quoi qu'il en soit, trois ans ne s'étaient pas écoulés depuis l'intronisation de Tabbesse , qu'une sorte de transaction intervenait entre celle-ci et l'archevêque de Harlay. Aux termes de cette transaction, la communauté était transférée, sur la demande de M""* de Médavy, à St-Mandé, près Paris, comme dans un lieu plut eommoie et plus iûr (â).

Pour prix de cette concession, la maison devait rentrer sous la juridiction épiscopale.

Si Tabbesse avait compté sur un séjour paisible à St-Mandé, ses prévisions ne tardèrent pas h être déjouées. Ce n'était pourtant pas la splendeur qui manquait aux nouveaux édifices claustraux. Le marquis de Dangeau nous apprend, en effet, que la communauté de La Saussaye avait été transférée dans le château de Tinfortuné Fouquet. C'était là que le célèbre surintendant des finances, préludant par sa magnificence même à son insigne disgrâce, donnait à Louis XIT et à sa cour ces somptueux repas et ces fêtes splendides qui éveillèrent contre lui les premiers soupçons. La troupe de Molière,

f\, L'abbé LebvuT, Histoire du diocèse de PariSt U X| p. Ô5. (2) Jbid.f l. V, p. àO.

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