‹ Familles illustres de NormandieChapitre 48 sur 50 · ABBAYE DE LA SAVSSATE · texte numérisé non relu

ABBAYE DE LA SAVSSATE

dont la vogue était alors si brillante, partageait ses représentations entre le Louvre, Fontainebleau, Vaux et StrMandé (1).

L'audacieux financier, dans les derinères années de Mazarin, prévoyant déjà sa disgrâce, avait tracé un plan de défense, pour le cas où il serait inopinément arrêté, il ne s'agissait de lien moins que d*une résistance à main armée, en vue de laquelle il avait fortifié Belle-Isle.

La mort de Mazarin apporta une trêve à ses transes, mais n'arrêta point les soupçons qui avaient gagné jusqu'au roi. Comment Fouquet fut-il assez imprévoyant pour laisser, derrière nn miroir de St-Mandé, le brouillon de ses projets de défense? Toujours est-il que ia découverte de ce plan forma plus tard la base de l'accusation dirigée contre lui.

Désormais le château de St-Mandé n'allait plus retentir de l'éclat (les fêtes princièru^ du suiintendant, et, pendant quelques années au moins, la solitude et la paix du cloître succédèrent à tottt ce bruit. Mais cette paix devait bientôt fttre troublée, grftce à l'admission auprès de Fabbesse d'une hôtesse inattendue.

Marguerite-Louise d'Orléans, fille de Gaston de France, et de sa seconde femme, Marguerite de Lorraine, avait é|iousé, en 1G6I, (losmc de Médicis, grand-duc de Toscane. A peine arrivée à Florence, où elle reçut l'accueil le plus enthousiaste, cette princesse, douée de plus de beauté que de jugement, songeait d^à à retourner en France (2). Ëlle fit tant et si bien pour arriver à ses fins, qu'elle en obtint enfin la permission du grand-duc,

(1) Loieit Mute hiêtoriqmtt 1* du SO octobre 1690, cité par Waldienaër. (1) Leurti 4e It prihcesse pattUne.

480 LES MÉDÂVT-GRANGEY DANS L*ÉGLISE.

heureux de s'en débarrasser à si bon compte. Mais le prince mettait des conditions à son départ» et Louis XiV^ qui savait à quoi s'en tenir, se fit un point dlionneur de les foire exécuter.

La grande-dueliesse devait recevoir une pension dont le roi fixerait le montant; il lui était interdit de paraître à la cour, à moins de graves motifs ; un couvent, hors Paris, lui était assigné comme résidence ; elle ne pouvait pas même passer une seule nuit à Paris.

n parait que la fantasque princesse se lassa promptement du séjour de Pîcpus, qu'elle habita d'abord. Elle obtiiif alors la permission de se réfugier à Montmartre, mais cette nouvelle résidence ne fut pas plus de son goût; et bientôt la discorde s'étant mise entre elle et Tabbesse, elle sollicita un nouveau changement. Cédant une fois encore à son caprice, le roi l'autorisa à se retirer à St-Mandé, auprès de notre abbesse , Marie-Françoise de Grancey.

C'était là une triste recrue pour la communauté. Quatre mois ne s'étaient point écoulés depuis son arrivée, que l'intraitable princesse entrait en lutte ouverte avec Tabbesse.

Le roi, fatii^ué de ces incessants démêlés, et ne voulant sans doute point consentir à un nouveau changement de résidence, prit le parti de retirer l'abbesse. Deserais fut chargé d'aller prendre M"* de Grancey à St-Mandé et de la conduire à Tabbaye de Malnoue, située & quatre lieues, est, de Paris.

Le roi , ajoute Daii^^eau qui nous a liau^mis ces détails, lui donna trois commissaires, qui lurent M. l'archevêque de Paris, M. d'Aguesseau et M. de Harlay.

Ces tristes démêlés firent une si] douloureuse impres-

Page 1