‹ Familles illustres de NormandieChapitre 8 sur 50 · X. François-IiOuis Rouxel , né à Paris le dernier · texte numérisé non relu

X. François-IiOuis Rouxel , né à Paris le dernier

(1) C*est leur fille Aiioc-Marie-Françoisc tl'Oillamson qui, en épousant i'ierre de Miiuuour)' , est devenue noire Urisaieule maternelle.

GÉNÉALOGIE

août 4672 9 baptisé le lendemain à St-Roch, paroisse oii était situé ThOtel de Grancey , mort un mois après, et inhumé en Téglise de Ste-Uarie-Madeleine de la

Ville-l'Évêque.

XI et XII. Hardouin-Guy et Jacques Rouxel, morts au berceau, inbumés ea Téglise coU^iaie du chÂteau de Graneey.

. XIU. Anne-Guyonne Rouxél, née le 28 septembre 1668, au chftteau de Graneey, baptisée le 3 novembre

suivant, morte jeune.

Jacques-Léonor Rouxel, comte de Médavy et de Graneey , chevalier des Ordres du Roi , marchai de

France, fils aîné du comte Pierre II de Giancey et d'Henriette de La Palu-Bouligneux, sa première femme, sera de notre part l'objet d'une notice assez étendue. Il épousa, le 12 juin 1685, Marie-Thérèse Golbert de Maulevrier, nièee du grand Golbert, dont il eut trois filles, mortes sans postérité vivante, savoir :

I. Elisabeth- Victoire Rouxel de Médavy , née le 27 mars !686 , mariée en ili'A au marquis de Graneey , son oncle, morte le 16 janvier 1716 , en couches d'un fils qui lui survécut peu.

IL N. Rouxel , morte en naissant*

III. Elisabeth Rouxel, née le 4 décembre 1692, morte la même année.

Digiiizixi by Coogle

L*étiiâc que nous entreprenons^ comprend, nous l^avons déjà dit , une durée d*environ un jsij&cle et demi ,

de loGO à 1723.

Cet espace de temps peut liii-mf'me se diviser en deux périodes à peu près égaies, la première s étendant de mO à m2, la seconde de 1G52 à i72o.

Si la seconde de ces périodes fut entièrement remplie de nos luttes, d*abord victorieuses, ensuite désastreuses, avec rétranger , il n'en fut pas de même de la première. Elle offrit, en effet, ce caractère triste et particulier , que la valeur de nos pères devait s'y exercer presque exclusivement dans des dissensions intestines.

Âux guerres de religion succédèrent les agitations de la Ligue, bientôt suivies des intrigues^ des Mécontents et de la cabale des Importants. Richelieu eut à son tour à sévir contre les réformés ; enfin l'anarchie ne fitl définitivement vaincue qu'après la déconfiture des deux Frondes. A peine Tépée du grand Condé, daqs la lutte avec les Impériaux, vint-elle faire une^lorieuie diversion à de funestes collisions.

Au milieu de ces guerres h jamais déplorables, on a peiiic à démêler lu iespuii:^ubiiiié c^ui iD^omhe à

56 LES GRAIiCËY DASiS LES AAMÉES.

chacun. On vil, en effet, dans des cuiups opposés ceux que les liens du san^ ou do Tamillé devaient rassembler sous le môme drapeau.

La famille qui nous occupe ne fut point elle-même à Tabri de ces divisions. Tant que durèrent les guerres de religion , tous ses membres embrassèrent avec zèle la cause des catholiques ; mais il en fut différcmmeal à l'époque de la Ligue et de la Fronde.

Auxquels accorder nos sympathies? Nous le dirons sans détour comme sans prévention.

On se ferait une illusion bien gratuite y en voyant seulement dans la Ligue l'ambition des Grands sous la couduite des Guise. Les Huguenots, quoi qu'on ait pu dire, étaient loin d'être populaires en France. La I^ormandie surtout s'était prononcée résolument contre eux. C'est ce que put constater avec la dernière évidence rhistorien de Tliou , député par le roi en cette province pour y sonder Topinion. C'était peu de temps avant VÉdil d'Union, qui devait consacrer la révolte.

ÉvreiîX , Rouen , Dieppe, St- Valéry , le Havre , Montivilliers, Lisieux, Caen et Falaise furent successivement visitées par l'émissaire du roi. La ville de Caen se montra seule fidèle au monarque à demi détrôné » et mérita par cetle attitude la faveur d'ôtrc choisie plus tard pour le siège éphémère du Tarit ment.

Après l'assassinat des Guise, le soulèvement devint général. Caudcbec, le Havre, Honfleur, Neufebàtcl ^ Lisieux, Évrcux, Verneuil, Louviers, Vernon, les Andelys, Lyons, Âi^entan, Falaiise , Bayeux, Avranchcs et Valognes se déclarèrent pour la Ligue (1). La guerre

(1) Vttir b Ugue e» HoiVOMnAit far le licomte ftobert d'fisUiinlot.

LE . COMTE PIRRRE I*' DE aRANCET. 57

ne devait cesser qu'avec l'abjuration du roi , qui lui enlevait tout prétexte, et au-delà de laquelle n'allaient point les vœux du plus grand nombre.

Si ces luttes furent lamentables, n'oublions pas que l'unité de la foi en fut le prix, et que nous leur devons peut-être Tintégrité du sol de la France.

Qu'il y a loin de la Ligue à la Fronde 1 Là Tentbousiasmc et l'inspiration , ici la cabale et l'intrigue ; là des convictions en armes, ici des convoitises ameutées; * là une résistance opiniâtre et calculée , ici une révolte sans grandeur et sans suite. Et quelle diCfércnce dans les résultats I Quand la Ligue déposa les armes, sa cause était gagnée par l'abjuration du roi ; quand le ridicule et l'impuissance tuèrent la Fronde , l'influence de Mazarin , qui en fut le prétexte, était plus puissante que jamais.

icrra-iois.

Pierre ROUXEL, rfisuiER du kox,

Banu êt lUdKVf . puis comte de Granccy . Ileitenant général an foavtffllMlCBl de KomuuMUe , cbevaller d«» Ordre» d« Bol.

Pierre de Médavy, quoique ses biographes n'en parlent point, fut rais de jeune âge à l'Université de Caen. On ne faisait guère .étudier alors que ceux qu'on de&* tinait à l'Église; nous pourrions donc en oondure que telle fut sa première vocation , au moins dans son extrême jeunesse , car d'autres goûts ne tardèrent point à lui frayer une autre carrière.

Quoi qu'il en soit, à l'époque où le jeune étudiant y fut admis, la célèbre Université de Caen se relevait

5S LÈA dAANdËt DANS ÎJSSS AStiÊÊËR*

à peidé, gr&ce h dé générciux protecteurs, de T^tat dtf décadence où Favaient plongée les guerres de religion et la peste qui affligea la contrée , vers la même époque.

En I5G4, le naïf historien de Caen , de Bras do Bourgueville, chargé, comme lieutenant du bailly, de faire une enquête sur les causes de cette décadence , nous en traçait le tableau le plus piteux. Les abords des collèges étaient encombrés de fumier» et d*immon« * diees ; la peste avait exercé des ravages parmi les professeurs et les élèves ; l'horloge et les cloches de l'Université n'appelaient plus aux exercices les rares étudiants qui les fréquentaient ; les directeurs des collèges avaient cessé de conduire leurs élèves aux offices divins ; deux des doyens avaient ^ quoique prêtres , abjuré le catho* licisme, et l'un d*eux était devenu ministre de la nouvelle religion.

Le recteur, maître Nicolle Le Vallois, qui avait perdu ses biens dans la tourmente, était, au grand scandale du bon de Bras^ rencontré , dans les rues de la ville y en robe fourrée , à eolUt rabattu , ce qui n'était pat trop honnête. Le temps n'était plus où cet émînent personnage « vêlu d'écarlate rouge , arec sa grande chape recforale à fourrure d'hermine » , no sortait que précédé d'un bedeau portant sa masse d argent , escorté de doctes et savants hommes , et suivi de nombreux écoliers.

Ati temps de celte splendeur, les premières familles

de Normandie envoyaient leurs enfants prendre les grades de rUniversité. C'est ainsi que Jean de Diosay, sieur de S^^^-Marie-cn-Auge (i), et maistre Bertran du

(1) De même que le rélèbre cftitHnal de Pellevû professa d'abord le droit h B<Mir|es» JçaD de prosay Tut professeur eta dnwt i riTuivenilé de Cecn. Oit.

LE COMTB PIERRE I** DE GRAECanT^ 5^

Vay , sîeur de MoniviroD, genUlikommis de fxmm mmton^ recevaient le grade de docteur en droit, en même temps que Nicolas de Pellevé ^ devenu cardinal , et son

frère , levôque de ramiers.

L'UnWersité de Caen n'avait point dans Pierre de Médavy un élève qui dût lui faire autant d'honneur , mais il ne tarda point à s'acquérir une autre aorte de renommée.

Pierre Rooxel , premier du nom , liaron dé Bléd^vy,

puis comte de Grancey , fils aîné de Jacques II et de Perronne Foiiqnes de Manetot, naquit le 8 février 1562 , probablement au château de Médavy , résidence ordinaire de sa famille.

Son éducation guerrière fut confiée h Denis Rouxel , son oncle, cet intrépide capitaine qui devait échanger la cotte d armes contre la crosse et la mitre , après les cruelles blessures reçu ps an sit^o de Donifront en lo78.

Pierre Rouxcl acqtiii bien jeune à celle éc«»lo la science et l'amour de la noble profession qu il eoibjrassa avec tant d'ardeur.

Doué d*une force physique peu fx>romune, il ne tarda point à se Gitre remarquer , dans un séjour en lUilic, qui lui foui n il l'occasion de déployer sa valeur.

il s'était tellement signalé , que son mérite commençait à lui susciter des en\ieux. A son retour en France, un seigneur itelién» &vori d'Henri 111, l'ayant provoqué, un combat singulier fut autorisé par le roi pour vider leur querelle. Le champ leur fut marqué par le seigneur de i uleadies. Médavy obtint un triomphe éclatant ,

lui floU «ne vAbCNte poor appmidn le droit êékn rcifnrit de loiUnleii, Gmd, *Wi el iipe gnaiiMire liélireAiae ioprinèe Tannée pfécédente. De Em, pi«e S&O, el llMWfUle. t. VI, me 57.

qui rehaussa encore son prestige, otlui valut l'amitié du vaillant duc de Nemours.

A quelque temps de là, une nouvelle affaire également terminée à son avantage, avec un redoutable adversaire, du nom de Francho, vint mettre le comble à sa réputation.

De semblables exploits seraient de nos jours, grftce à radoucissement des mœurs, un faible titre à la recomipandatîon ; mais à une époque si voisine encore des exploits de chevalerie et des brillants tournois du règne de Henri H , il en était autrement.

Dès l'âge de 17 ans, Piiiro do iMédavy avait été nommé capitaine du château d'Argentan, avec per* mission d'y entretenir garnison. Les lettres de provision de ce commandement lui furent délivrées le 8 juin 1579 par ïrançois, duc d'AIençon, frère du roi, qui, le 4 août iS71 , avait donné le gouvernement d'Argentan au père de Médavy.

Pierre Houxel ne tarda point à être fait cornette de la colonelle de France, puis mestre de camp d'inlanterie et capitaine de gendarmes.

En 1588 , Tannée même de son mariage avec de Fervaques, il obtint la conduite de cent chcvau-lcgers, et peu après il était maréchal de camp.

Cependant le parti de la Ligue commençait à s'organiser. Pierre de Bouxel , qui ne devait l'abandonner qu'à la dernière extrémité, fut aussi un de ses premiers adhérents (1).

Dès le 27 mai 1589, Charles de Lorraine, duc de

(1) Le bctn-pèw el le gendre ne snifirent peiiit le tohae baimftro; car le roi de Navarre n*eiat point <le pies ferme soeUen qne le maréehal de Fer^ Tiques,

Page 1