‹ Fanatiques- l: Maximilien RobespierreChapitre 3 sur 27 · VIII PREFACE · texte numérisé non relu

VIII PREFACE

lérable, que nous la fuyons comme on fuit tout ce qui menace notre sécurité. La sagesse, nous avons voulu la créer, ainsi que nos œuvres, hors de nous, en l'édifiant en des corps de doctrine plus ou moins acceptables ; en lui donnant une sorte de corps vide et de bronze, dans lequel nous devrions nous refondre et nous mouler de gré ou de force.

Le premier mot de la sagesse ne serait-ce pas le connais-toi toi-même socratique, et le dernier ne résiderait-il point dans cet impératif de la Genèse, que la nature répète de sa voix éternelle : Sois ? Ceci reviendrait à dire que la sagesse n'est pas un recueil de préceptes ni un cadre à remplir, mais seulement la volonté consciente, toujours active en soi, de vivre toute la vie ; de ne point laisser de lacune dans toute la continuité du moi, ni de friches ou de solitudes dans son étendue ; d'être un homme enfin physiquement, moralement et spirituellement, avec une puissante intensité. Par cette animation vigoureuse et successive de nos facultés, l'existence deviendrait en quelque sorte, si l'on peut dire, un dynamisme statique, un état d'être toujours

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