TROISIÈME COUPLET
Quinze ans, et sans ressource aucune...
Que l'on éveille de soupçons!
Ctf.endant j'ai fait ma tortune,
Et n'ai donné que mes chansons.
Fillftte page, apporte cri Fr tnce T-es chansons, tes quinze ans, ta vielle et l'espérance.
EDOUARD, avec chaleur.
Charmante créature !
FANCHON
Ce riche hôtel, ces meubles somptueux , ce luxe auquel on s'habitue sans le vouloir , tout cela n'a pas changé Fanchon , la fortune est venue frappera ma porte; je lui ai permis d'entrer, de m'accabler de ses bienfc'iits, mais à condition que jamais elle ne gâterait mon cœur.
EDOUARD
En vous comblant de ses dons , elle a cessé d'être aveugle : qui mieux que vous mérite Populence ? Fanchon , vous savez être riche.
FANCHON
Je ne m'en défends point, j'ai un grand plaisir à donner... que dis-je ? je ne donne pas , je partage : en distribuant à
C 24 ) tanL d'êtres intéves^ans ce que le hasard me prodigue , Je ns fais, selon moi , que leur vendre me 5 comptes.
EDOUARD
Oh! je sais les visites que \ous laites faire pai* le bon
Qui vous a dit...
Vous secourez des né^ocians , des pères de famille , des artistes mejmcs.
F A N c H o N, j avec intenlioii'
Des arti'^tes?.. pas autant.que je le voudrais; il en e'-t à qui l'on n'ose oîiVir. .. Vous avouerez pourLaot (jue dans les arts l'on éprouve par fois des retards, des momen.- de g'^nc, et ne pensez-vous pas qu'alors une amie u'aiL le dioit...
EDOUARD
Je vous coinpreuds , et vous remercie; je n'ai bejoiu de rien . je vous assuie.
Cependant des modèles à payer , milie dépenses nécessK-»res... et vous êtes orpheiia , m'avez-vous dit , sans np^ ui. EDOUARD, embarrassé.
Il est vrai ; mais avec du travail et de fécononiie...
Au moins, Edouard, puisque vous ne voulez rien recevoir de lanchon, vous lui permettrez d'eu user de même avec vous.
Comment ?
J?e?père que vous ne me parlerez jamais du loyer de l'appartement que vous occupez dans ma maison; vous ne pouvez me reiuser
Hé bien, j'accepte.
Air nouveau de Dociie,
Avec vous sous le ntème toit Heureux le mortel qui respire, A chaque instant du )Our vous voit, Et vous ailore et vous admice !
Oui , je sens que je doniieraia Tous les trésors de l'opulence Pour que le hasard n'eût jamais Entre nous permis de distance.
Que parlez-vous de distance ?
EDOUARD, à part.
Je m'oublie.
Je vous l'ai déjà dit, je ne suis que Fanclion la vielleuse;
LES PRÉcÉDENS, FLORINE, accourani.
Hé' bien ! hé bien ! vous n'avez pas entendu ?...
Quoi donc , mademoiselle ?
A votre porte un équipage brillant, une bouquetière qui erie , un corlier qui jure , un maître qui rit aux éclats, en un mot, une visite de M. de Sainte-Luce.
L'étourdi! je reconnais bien là un capitaine de chevaux légers. ,
EDOUARD
Je me retire.
IS'on, restez; je vctix vous présenter à M. de Sainte-Luce. fOn entend rire dans la coulisse. J
Le voici.