‹ Fanchon la vielleuseChapitre 44 sur 52 · F A N C II O N · texte numérisé non relu

F A N C II O N

J'aimais Edouartî , et jtire de ne point l'oublier : niais je âois renoncer au colonel de Francarville.

FRANCARVILtE.

Ma tante aurait exigé cette fatale promesse!... Non ; elle vous a vue , vous lui avez parlé ; elle doit approuver mon amour. Qui pourrait résister à cette grâce qui séduit , à ce maintien cfui impose!,... Et ce contrat peut-il s'eîFacer de mon souvenir... où est-il ? que je le signe comme ton ami , ton époux, comme le plus heureux de tous les hommes.

Qu'entends-je ! vous mon époux ! Tlejeton d'une famille illustre, vous devez en soutenir l'éclat.

AIR : J'ai pour toujours h ma Sopliie,

A contracter cette alliance, Si par anionr je consentais , Et l'orgupil et la uiLiiii^nnce Oublicraicnt-ils ce cjue j'étais?

Le monde «ou« ferait un crime De n'écouter que votre ardeur.

Edouard j achetez son estime....

Et payez-la de mon bonlicnr.

FRANC ARVItLE.

Que me font les préjugés lorsqu'il s'agit d'être heureux! te voir, t'adorer, est pour moi un besoin aussi indispensable que l'air que je respire. ï'anchoo , obéis à ton coeur ; au nom de l'amour , ne me prive pas de ma félicité , dont tu es depuis long-teras l'unique dépositaire.

Que nepuis-je, aux dépens de ma vie, assurer le bonheur de la vôtre! il me serait plus facile de la sacrifier que de consentir à une union impossible... Oui, coh^nel , impossible. Yoyez Fandion, au mJlieu de votre famil,ie, exposée aux demi-mots injurieux, à mille regards liumilians, souffrant de.-; reprociies qu'on vous fait, craignant ''lU'ils ne vous couflni^ sent par dégrés à l'indiflférence , et f;eut-rtre n'éveillent chez vous un repentir. Vo^iez-moi ea public , n'osant me doinK-r le titre de votre épouse, sans voirie àourire amer de tous

ces grancis qui vous entourent , sans entendre ces félicî[atîons équivoques et mordantes, dont l'art leur est si tamillier. Oh! que je souffrirais ! non, non : si je suis assez sage pour ne point m'élever jusqu'à eux, je suis trop fière pour supporter leurs dédains...

FKANCARVILLE.

Plus tu paries, plus tu me fais sentir la perte que je ferais* Est-il une famille qui ne fût heureuse de te posséder?

F A N c II o N.

T^'espérez pas, en flattant ma vanité, me faire oublier la distance qui nous sépare,

FKANCARVILLE.

Hé bien! tpiittons Paris : mes pinceaux sont prêts; Je brûle dépeindre le hameau qui vit les jeux de voire enfance, de commencer ce tableau pour lequel vous avez fait choix d'Edouard.

F A N c n o N , émue.

Ah! que me roppelez-vous !

AIR : Hélas 1 Jeannette.

Edouard t'implore, Cède à ton amant

Qui t'adore ; Tu peux encore Finir son tourment.

De ma naissance Veux-tu nie pimir :

Ta résistance

Me fait trop souffrir.

Que je vous donne Ma main et ma foi.

TRANCA RViLLE, se jetant à ses pieds.

L"amonr l'ordonne , Tu dois être à moi.

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