‹ Fanfan la tulipe drame en sept actesChapitre 104 sur 121 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

MADAME DE POMPADOUR, FAN FAN, colrant parla gauebe ; il a sa carabine^ qu^H pose en enlranU

FANFAN

Qui est-ce qui me demande?

MAD\MK DE POMPADOUR, rpconnai«taiit la voix, jette un cri.

Ah!... (Moment de stupeur.) Quaud jc disais quc j’étais au pouvoir de Maurepas et de la trahison !

FANFAN

Trahison! C’est votre premier mot, à vous aussi! — Vous • avez raison d’ailleurs, madame : il est évident qu’il y a trahison !

MADAME DE POMPADOUR

Vous en convenez ?

FANFAN

J’en conviens. Seulement, je suis tranquille! pour vous, du moins, j’espère que je vais être justifié, quand, sous vos yeux, je serai tué par les Anglais, ou, ce qui est encore pis, accusé et arrêté par les Français comme votre complice.

HC

FANFAN LA TULIPE MADAME "DE POMPADOUR, avec mppris.

Vous ! vous ! (Elle tomlie a«ise sur un fragmcnl do menln.)

FANFAN

Ah ! monsieur de Fitz-Onnali ! tant que vous n’avez attaqué et frappé que moi, c’était bien ! homme contre homme, je n’avais qu’à me garder et à me défendre ! Mais voilà que vous jetez dans notre combat une femme... et celle-ci! et que vous voulez m’atteindre dans ce que j’ai de plus délicat et de plus secret au cœur! ah! ça devient infâme! J’ai 'été stupide, j’aurais dû prévoir que le guet-apens était votre arme, et vous forcer à vous servir de l’épée, et vous tuer ou mourir, — mais au moins mourir seul !

MADAME DE POMPADOUR, d'une voix brisc'c.

Ah ! que VOUS soyez ami ou traître, j’ai le droit enfin de savoir ce qui m’attend. Qu’y a-t-il, voyons? qu’y a-t-il?

Madame, vous veniez rejoindre secrètement le roi, n’esl-cc pas? et peut-être ne l’aviez-vous pas averti lui-même de votre arrivée ?.

MADAME DE POMPADOUR

C’est vrai.

FANFAN

Eh bien, soit hasard, soit ruse de vos ennemis, le roi a quitté subitement ce moulin, cette place oîi nous sommes et où il était il y a quelques heures. Tenez, voilà encore une pièce qu’on n’a pas pris le temps de démonter... Mais on ne vous a pas moins amenée ici. Et de deux choses l’une : ou les Anglais vont s’emparer de cette colline et vous faire prisonnière avec moi; ou ce sont vos ennemis qui vont venir, etqui seront censés nous surprendre, la nuit, en secret, seuls ensemble.

MADAME DE POMPADOUR, »vec nn cri.

Oh! mais c’est effroyable! mais je suis perdue!

FANFAN

Oui, le piège est combiné avec une diabolique adresse!

MADAME DE POMPADOUR

Allons! à n’importe quel risque, je sors d’ici, je remonte eu voiture.

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