‹ Fanfan la tulipe drame en sept actesChapitre 105 sur 121 · ACTE VI · texte numérisé non relu

ACTE VI

FANFA?(.

Votre voiture ?j^ai entendu le' valet qui m’a averti de votre part donner ordre à vos gens de gagner je ne sais quel vitlage.

MADAME DE POMPADODR.

Ôn a donc tout prévu !

FANFA N.

Une idée! J’avais cinq tix hommes avec moi, je vais les appeler, et nous vous garderons, (piitauu’oroiüe.) Dieu! écoutez! un bruit de galop! (couram à h parie Jo Raiiciie.) Ah! les malheureux SC replient vers le camp. Ahandouiié! trahi! Vous disiez bien, on a tout prévu, et chaque mouvement que nous ferons pour nous sauver peut nous [lerdrc.

MADAME DE POMPADOER.

Cependant, sortons toujours! sortons d’ici!

FANFAN, montrant l^isstie de dreilc.

J’ai eu le temps d’observer les alentours. Celte baie donne sur un ravin, et les ennemis occupent la crôte opposée.

MADAME DE POMPADOUR

Cette chambre par oii je suis entrée?

FANFAN

Elle vous ramènerait sur la route de France.

MADAME DE POMPADOUR^ dcsiguaai la porte du fond.

Cette porte?

FANFAN

Ouvre sur le chemin du camp français.

Sortons par là.

FA NFA se jelaiit au-devant d’elle.

Soit ! mais laissez-moi d’aboi d sortir seul.

MADAME DE POMPADOUR

Pourquoi ?

FANFAN

J’ai la conviction que nous sommes surveillés, cernés. Cinquante pas dehors, des gens apostés nous arrêteront. Si vous étiez là, je ne pourrais peut-être pas me défendre.

MADAME DE POMPADOUR

Vous défendre ! à quoi bon?

FANFAN

Tiens! à me défendre l

MADAME DE POMPADOUR

Oh ! ne sortez pas ! ne sortons pas !

FANFAN

Vous avez peur que je vous compromette encore plus mort que vivant !

Eh non ! mais je ne veux pas que vous mouriez !

FANFAN

Comment! c’est à cela que vous pensiez, vraiment ! Oh! voilà qui me fait du bien! Oh! le danger a son bon côté : il rapproche. Et, dans ce moment -ci, je vous dirais que je n’ai jamais été contre vous, que vos ennemis ont toujours été les miens, que je n’avais l’air de m’engager dans ce mariage que pour vous servir, — eh bien, maintenant, grâce au danger, vous me croiriez peut-être?

MADAME DE POMPADOUR

Je vous crois.

FANFAN

Merci, danger!

MADAME DE POMPADOUR

Oh ! ne dites pas cela ! Ce danger inconnu, ce danger traître et lâche, qui, dans le silence de celte nuit immobile, nous entoure (le tous les côtés et qu’on ne voit nulle part... ah! écoutez, je ne suis qu’une femme, — ce danger, je le trouve terrible !

F A NF A N.

Bah ! qui sait? si pourtanl, au lieu d’une honteuse embûche, c’était quelque belle mêlée! .si, au lieu de Fitz-Onnall, je n’avais affaire qu’à un détachement des Anglais!

MADAME DE POMPADOUR

Hé ! on ne me trouverait pas moins avec vous ! Oh ! non, voyez-vous, c'est impossible ! Rien que cette idée soulève toutes les pudeurs, toutes les fiertés de la femme... et de la dame! — Songez donc! j’aurais, dans ma situation si difficile, gardé

Page 1