‹ Fanfan la tulipe drame en sept actesChapitre 112 sur 121 · ACTE VII · texte numérisé non relu

ACTE VII

VOUS résigner pour une fois au rôle de spcctalcur, après nous avoir donné si souvent de si grands spectacles !

LE MAHÉCHAL PE SAXE

Ah ! madame^ vous me gAtez !

MADAME DE POMl'ADOLR.

Avouez que VOUS ne me le rendez guère! Vous savez quelque chose qui m'intéresse sur le compte de ce baronnet, mon plus cruel ennemi, et vous ne me laissez même pas deviner votre secret !

LE MARÉCHAL DE SAXE

Patience ! vous le saurez. A cause de vous, j’ai bien patienté, moi, pour agir... (lu pa.scm.)

Entrent Angeliit, en [jrlerin de CylUère, coqniljoi cl bourdon, ol Blanche, en Pliœbd-rrcoco, robe de gaze bleue à étoiles d'argent.

Je suis la silencieuse Phœbé ; il ne faut pas m’en vouloir si mes paroles s’envelo[ipent d’ombre et de mystère.

ANGÈLES.

Oh ! j'ai trop souffert pour avoir voulu agir, pour avoir voulu douter ! Vous et madame de Pompadour, vous daignez me diriger; je laisse faire les fées. Sur un mot de vous, — qui d'ailleurs s’accordait avec le conseil secret de mon cœur, — j’ai évité de revoir Fanfan; sur un signe, me voici 5 cette fête. Je vous contemple, je vous écoute, j’ai votre sourire et votre regard, les deux langages célestes qui peuvent parler quand les lèvres doivent se taire, — tout est bien ! et je veux, sans raisonner, me laisser aller à l’heure présente, à la dou ceur de ce que j’éprouve et à ce charme même de l’inconnu, comme à la musique invisible qui pénètre l’air autour de nous...

(lit paitcnt.)

GL'ILLEMETTE , distraite etl’ceilan gect, à Ramponneau.

...Oui, Madame de Pompadour, qui maintenant me protège, m’a chargée de mettre partout des fleurs dans la fête...

RAMPONNEAU

Et moi, je suis entré avec les gens de monsieur le maréchal de Saxe, qui va sans doute avoir besoin de moi, — et, de moimême, je me suis dévoué au service des vins.— .Mais vous avez Pair d’attendre quelqu’un, Guillemette ?

FANFAN LA TDLIPE

Hein? si c’était le baronnet?

RAMPONNEAU, avec effroi.

Le baronnet! (se remcuaoi.) Bih ! j’ai un faux nez dans ma poche. Et puis, le Maréchal est là. — Ah ! Guillemette, quel bon conseil vous m’avez donné de me réfugier à ses pieds ! vous m’avez sauvé la vie ! Aussi, je vous l’olfre toujours, ma vie. Oui, malgré celte histoire du moulin de Lawfeld, je...

GUILLEMETTE

Je vous remercie, monsieur Ramponneau; mais ces dettes-là, voyez-vous, il n’y a que celui qui les doit qui peut les payer.

(Elle remonte, toujours excitant.)

RAMPO.NNEAU.

Mais, vous ne savez pas, Guillemetle? je vais avoir ma guinguette ; le Tambour royal est à moi !

GUILLEMKTTE} à elle-même^ suivant des yeux un Pierrot qui paise«

Ah! Est-ce que ce n’est pas là Fanfan?

RAMPONNEAU

Guillemetle, écoutez donc...

GUILLEMETTE

Eh! oui, ce doit être lui! (uaut.) Dieu du ciel! Ramponneau, le baronnet!

RAMPONNEAU

Ohl mon faux nez! Non, ça ne me dissimule pas assez! Ah! négrillon, un verre J’eau ! (ii se sauve.)

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