‹ Fanfan la tulipe drame en sept actesChapitre 65 sur 121 · ACTE quatrième · texte numérisé non relu

ACTE quatrième

Jarilius lie Versailles. — lue vasle lente formant salon d’été devant l’appartement de madame de Pomp.idour. — A gauehc, le rei-de-chaussée du château; table ronde en marbre, chargée de livres et d'albiims; un fauteuil en bambou aupre-. — A droite, grand vase en marbre blanc; ifs taillés. — l e rideau ouvert de la tente laisse voir au fond les parterres, le tapis vert, le bassin d’Apollon et la pièce d'eau des Suisses,

SCÈNJi: PREMIÈRE

QUKSNAY, BOUCHER, GABRIEL, SOUVRÉ et autres artiste et g' ns de cour, attendant, debout. Entre MADAM E DE POM- P AVPU R , telle que la représente la pastel de Latour.

, QUESNAY

Ah I messieurs, voici madame la Marquise.

MADAME DE POMPADOUU, a(>rè8 ,ivoir redescendant avec Qiieinay,

Monsieur de Maurepas n'est pas encore venu, doclenr?

QUESNAY

madame; je ne vois là que le marquis de Sottvrd.

plus grand donneur d’eau bénilequenous ayons àlacour.

QUESNAY

là aussi Boucher le peintre et votre ai chitoctcGabriel... m'entendez pas, madame? Quelle pensée a donc le pouvoir de plisser votre front?

MADAME DE POMPADOUR, vivement.

Est-ce que je plissais le front, docteur? Oh! vous fiites bien de m’en avertir, mon ami! Si un autre que vous s’en était aperçu! — Voyez-vous, docteur, la cabale de nvmsieur de Maurepas est au moment de l’emporter; je me sais sous le coup

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d’une prochaine disgrâce ; on nomme et on salue déjà cette jeune fille qui va, dit-on , me remplacer dans le cœur du roi; enfin, je vous parle la mort dans l’âme... mais on me regarde là-bas, et je vous parle le sourire aux lèvres! — parce que mon sourire, c’est ma seule arme à moi; parce que me montrer soucieuse, ce serait m’avouer vaincue; parce que, si je tombe et si je meurs, je dois encore tomber dans ma grâce et mourir avec coquetterie... On ne le voit plus du tout ce vilain pli, n’est-ce pas?

QUESN AY.

Non, vous ôtes radieuse, pauvre femme ! et vous pouvez vous’ laisser voir sans crainte à votre cour.

MADAME DE POMPADOUR

Bien! Maintenant regardez, philosophe, comme les maîtresses de roi ont la souffrance enjouée. (H.mi ) Approchez donc, messieurs, approchez. Qu'est-ce qu’il y a de nouveau, monsieur de Souvré?

SOUVRÉ

Il y a ce qu'il vous plaira, madame. N’ètes-vous pasj||^jours la reine, la reine par la grâce des Grâces?

MADAME DE POMPADODR.

Ah! marquis, si je conserve quelque influence, je vois promets et je me promets à moi-même une chose...

SOUVRÉ

0ht laquelle?

MADAME DE POMPADOUR, riant.

C’est de vous faire, nommer quelque part ambas.^rigiir. Quant à la grande nouvelle, heureuse et triste à la fois, la savez, messieurs : le roi quille Versailles demain. Monsi(u|||le maréchal de Saxe appelle Sa Majesité en Flandre, pour y gj^Ber leur bataille annuelle. 11 y a deux ans, c’était Fouterim^ràn dernier, c’était Rocoux... je vous dirai, dans un mois^H^om de la nouvelle victoire. Et pour la célébrer, messieurs, j Prompte donner à Choisy une grande fête, avec comédie et masques, dans le goût de Watteau... et de Boucher. Occupez-vous du projet tout de suite, monsieur Boucher, nous n’avons pas trop de temps à nous.

BOUCHER

Je m’y mettrai dès aujourd’hui, madame.

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