‹ Fanfan la tulipe drame en sept actesChapitre 66 sur 121 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

MADAME DE POMPADOUR

Ah! tenez, j’ai achevé ma gravure, d'après votre dessin du Temple de l’Amitié. Qu’en dites-vous, mon confrère?

BOUCHER

Je dis, madame, que tontes les fois que je me vois gravé par vous, je suis content de moi.

MADAME DE POMPADOUR

Comme ils se flattent, ces artistes 1 — Monsieur Gabriel, j’ai à vous annoncer que le roi est enchanté de vos plans pour la place Louis XV et le Garde-Meuble. (Gabriel s’incline.)

BOUCHER

Madame la Marquise ne sait transmettre aux serviteurs de Sa Majesté que des paroles de bienveillance et de grâce.

MADAME DE POMPADOUR

Comment! mais un roi qui serait mal gracieux aux artistes, c’est un modèle qui ferait la grimace à son peintre ! (a Qnetnay.) N’est-ce pas votre avis, docteur? Et, en ce moment même, le cher c^teur aurait bonne envie de nous quitter, pourquoi? parce que c^t aujourd’hui samedi, jour des réunions de l’Entresol, et qu’il ^lâte d’aller rejoindre là-haut d’Alembcrt, baflbn, Diderot, Turgot, et autres princes de la Postérité. Eh bien, nous vous rendons votre liberté, Quesnay... ah! à deia petites conditions, cependant...

QUESNAY

Dites, madame. (EulreDl Maurepat et Fitz-Oonall, qui sc licnncntau fond.)

MADAME DE POMPADOUR

D’abord, vous voudrez bien, en passant, m’envoyer ce brave soldat, vous savez, l’homme aux pommes.

‘r FITZ-ONN ALL, bas à Maurepaa.

entendez?

QUESNAY, qui aperçoit Maurepos.

Je croyais que madame la Marquise avait d’abord à entretenir monsieur de Maurepas, que voilà.

MADAME DE POMPADOUR, reDilanl Maurepaa son salut.

Oh! je n’ai qu’un mot à dire à monsieur de Maurepas.

QUESNAY

Et l’autre condition, madame*^

FANFAN LA TL'LIPE MADAME DE P 0 .M l> A DO U R.

C est de ne pas oublier, docteur, que vous logez chez le roi et dans mon entresol, et de ne pas amonceler trop d'orages audessus de nos tètes. Monsieur de Alaur''pas assure qu'cn hébergeant la philosophie on ne sait pas ce qu’on fait. Hélas ! au fond, c’est bien possible! ceux qui croient régenter ce monde sont un pi’u comme les ouvriers des Gobclins — qui fissent leur trame .1 I envcns. Ainsi, rncnagez-nous, et soyez sage, philosophe! — A bientôt, messieurs, (tous saluoot et sortent.)

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