‹ Fanfan la tulipe drame en sept actesChapitre 76 sur 121 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

MAURKI’AS, FITZ-ONNALL, FANFAN, caoué.

MAUREPAS, riaul.

Oh ! mais savez-vous, baronnet, que ce serait une aventure adoral)le !

FlTZ-ONNALL.

11 est positif que la marquise et mon nouveau cousin s’élaient déjà rencoptrés hier chez la Bonlemps.

MAUREPAS

...Je sais, moi, par Honorin, qu’elle a, en grand mystère, fait amener le galant à Versailles.

...Et ils viennent encore d’avoir ensemble un assez 1 ng entn tien. 11 y a là plus que des suppositions, il me semble.

MALREPAS.

c’est parfait 1 Cummenl, diable! je m’obstinais, moi, à viser la favorite à la tète, ne lui soupçonnant plus un cœur! On lui connaissait seulement un philosophe, deu.x. ou tiuis poètes, trois ou quatre peintres, ça ne lirait pas à con-équcncc ! Mais si nous obtenions une bonne preuve d’une vraie intrigue, ah! c’est pour le coup que nous serions sûrs de la victoire. La marquise, avec son adresse, se relèvcrail toujours d’une disgrâce momentanée, mais non pas d'un scandale bruyant et d’une répudiation éclatante!

F A K F AN J caeüé.

Miséricorde!

FITZ-ON NALL.

Et puis, d’une pierre on ferait deux coups , eu se débarrassant de ce cousin qui devenait gênant, en vérité, avec ses oppositions et ses airs de maiti e.

MAU REPAS

Oui, la Bastille le calmerait.

FITZ-ONNALL.

Oh! si vous le permettez, monsieur le comte, je vous demanderais quelque chose de plus?

• FANFAN

Merci !

Fl TZ-ONNALL.

Voyons, si en réalité cet héritier de fraîche date , actuellement substitué à la Compagnie des Indes, se trouve être un criminel de lèse-majesté, quelle difficulté verriez-vous à prononcer contre lui, en même temps que l’emprisonnement, la confiscation de ses biens ?

MAURE PAS

Au profit de son plus proche parent, peut-être?

FITZ-ONNALL.

Nécessairement je réclamerais mon droit.

FANFAN

Ah ! la lanterne s’éclaire !

MAUREPAS, riant.

C’est égal , vous n’êtes pas tendre pour votre famille, Fitz- Onnall 1

FITZ-ONNALL, tâtant Maiirepai.

Bah! qui sait?... mon nouveau cousin est soldat, il est même colonel, il va partir pour la guerre... qui sait si, en l’envoyant en prison, je ne le sauve pas d’un boulet?

M AU REPAS

Oh! mais vous commandez, je crois, au corps d’armée dont il fait partie, et vous le ménageriez.

FITZ-ONNALL, riant.

Oui, mais je ne pourrais cependant pas non plus lui refuser un poste d’honneur ou le priver d'un péril glorieux. Enfin ! je ne p.iurrais pas empêcher un des miens d’êire un héros et de SC faire tuer !

L'infâme !

MAU REPAS, graremen t .

Ahçà! pardon, mon cher, permettez- moi une question: vous êtes certain que cet homme est le marquis de la Tour d’Avon?

FI TZ-ONNALL.

Sans doute.

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