‹ Fanfan la tulipe drame en sept actesChapitre 8 sur 121 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

FITZ-ONNALL.

, Oh ! VOUS êtes ingrat pour l’ancien !• — Mon cher, parmi plusieurs irrdgulariU5s qu'on a relevées dans vos additions après votre départ, il en est une assez hardie : vous aviez reçu pour moi deux quartauts de vin d’Espagne, et vous n’en avez mis dans mes caves qu’un seul, mais en me faisant payer le prix des deux.

RAMPONNEAU

Monsieur le baronnet me croit capable!...

FITZ-ONNALL, tiraot un papier d'un portefeuille.

Tenez, j’ai apporté, pour vous la remettre sous les yeux, cette petite preuve signée de votre main, et qui ne laissera guère de doute aux Juges.

RAMPONNEAU

Aux juges! — Monseigneur! monseigneur! je m’étais figuré qu’étant de votre maison, j’avais le droit d’appliquer à ma consommation particulière ce peu de vin généreux, nécessaire à ma santé.

FITZ-ONNALL.

Fort bien ! Mais savez-vous ce qu’on réserve aux serviteurs d’une santé si... exigeante?

RAMPONNEAU

Non, je ne le sais pas. On les met en prison pour quelques jours peut-être?

FITZ-ONNALL.

On les pend, mon cher.

RAMPONNEAU

Oui, je le sais bien, monseigneur!

FITZ-ONNALL.

Vous le saurez encore mieux un jour. .

RAMPONNEAU

Monsieur le baronnet, grâce ! Quand vous m’aurez envoyé au gibet, quel profit en retirerez-vous?

FITZ-ONNALL.

Oh! j’aime la justice pour la justice. Vous êtes averti. A revoir.

RAMPONNEAU, à lui-mème.

11 pari ! Ah ! je ne peim rien risquer de i»is que d ’èlro pendu ! (uaoi.) Monsieur le baronnet, par pitié ! un mot.

FITZ-ONNALL.

Qu’est-ce encore?

Monseigneur!... la fortune de monseigneur n’est pas à la hauteur de son génie, et j'ai pu deviner, étant à son service, que monseigneur avait de grandes visées. 11 est mêlé à de vastes desseins, il aide M. de Muurepas dans sa lutte contre Madame de Pompadour. Pour rexécution de ses plans, il lui faut des créatures aveugles, des instruments dociles dont il puisse disposer sans réserve et sans scrupule...

FITZ-ONNALL.

Oh! comme vous êtes donc pénétrant, mou cher! Par bonheur, vous ne pouvez pas être dangereiLX.

RAMPONNEAU

Non! et je me flatte que je pourrais être utile. .Monsieur le bai’onnet comprendra que j’aie un peu hésité...

FITZ-ONN ALL.

En vérité!

RAMPONNEAU

Mais, maintenant, plutôt que de me donner à la potence, ch bien ! qu’il me prenne pour lui, qu’il fasse de moi à son gré : je lui appartiens à la vie... à la mort.

FITZ-ONNALi..

Eh! à quoi diable êtes-vous lion?

RAMPONNEAU

A tout, monseigneur ; j’ai bien des cordes à mon arc... trop 'de cordes!

FITZ-ONNALL.

11 est certain qu’on pourrait compter sur votre discrétion. Allons! on verra donc à vous utiliser autrement que comme épouvantail aux moineaux.

Monseigneur accepte?... (avoc mcUDcoiie.) Ah! je suis bien content!

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