‹ Fanfan la TulipeChapitre 101 sur 126 · ACTE VI · texte numérisé non relu

ACTE VI

me garder et à me défendre. Mais voilà que vous jetez dans notre bataille une femme... et qui ça? ellel Ah ! c'est lâche! Ah! j'en pleurerais!... Le méchant! le méchant! qu'il est donc méchant!

MADAME DE POMPADOUR, d'une voix brisée.

Que VOUS soyez ami ou traître, je veux savoir ce qui m'attend. Qu'ya-tr-il enfin? qu'y a-t-il?

FANFAN

Est-ce que je le sais moi-môme ? Voyons, madame, vous veniez secrètement rejoindre ici le roi, n'est-ce pas? Eh bien, le roi a quitté subitement ce moulin, cette place où nous sommes et où il était il y a quelques heures... Tenez, voilà encore, là, une pièce toute montée... Maison n'en a pas moins disposé tout sur votre route pour vous amener ici pas à pas; — est-ce vrai?

MADAME DE POMPADOUR

C'est vrai.

FANFAN

Moi de même : on s'est arrangé pour me faire choisir, pour me faire réclamer le poste, le danger où me voici. Ah ! c'était donc bien Fitz-Onnall qu'en venant j'ai cru entrevoir, dans un groupe d'hommes armés, à l'angle d'un mur!... Et maintenant nous voilà réunis, pris comme dans un filet! pris ensemble !

MADAME DE POMPADOUR

Oh! alors je serais perdue! Non! non!... je veux sortir d'ici... Je remonte en voiture,..

FANFAN

Votre voiture? j'ai entendu cette face blême, qui m'a averti de votre part, donner ordre à vos gens de gagner je ne sais quel village.

MADAME DE POMPADOUR

On a donc tout prévu?

FANFAN

Attendez ! j'avais dix ou douze hommes avec moi, je vais les appeler; nous vous garderons, (prêtant roreiiie.) Dieu! écoutez! Vn bruit de galop... (courtnt à la porte do gtacbe.) Âh ! les malheureux ! ils se replient vers le camp. Abandonné ! trahi ! Vous disiez bien, on a tout prévu, et chaque mouvement que nous tenterons pour nous sauver ne fera que nous perdre.

MADAME DE POMPADOUR

N'importe! je veux sortir! je no resterai pas dans ce lieu

do piège !

Où irez-vous? J'ai exploré les alentours. Cette baie donne sur un ravin impraticable môme le jour, et les Anglais occupent la crête opposée.

MADAME DE POMPADOUR

Cette pièce par où je suis entrée?

FANFAN

C'est de ce côté que le Fitz-Onnall guette.

MADAME DE POMPADOUR

Cette autre porte?

FANFAN entre rirement dans la pièce et ressorjt aussitdU

Elle ouvre sur une casemate, qui ramène à la route de l'embuscade.

MADAME DE POMPADOUR

Comment! il n'y a doue aucun moyeu de le conjurer, ce danger, ce danger lâche et traître, qui, dans le silence de cette nuit immobile, nous entoure de tous les côtés et qu'on ne voit nulle part? Voyons, réfléchissez, cherchez, trouvez! — Que pouvons-nous faire?

FANFAN

Nous!... ah ! voilà que vous dites nous! Ah ! ce danger, il a son bon côté, il rapproche. Et, dans ce moment-ci, je vous

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