SCÈNE IV RAMPONNEAU, GUILLEMETTE
Ils entrent par la droite.
RA&IPONNEAU, regardant, craintif, s'éloigner FiU-OnnalU
Le baronnet s*en va; par ici, Guillemette, venez par ici.
GUILLEMETTE
L'irlandais vous fait-il si grand'peur, Ramponneau ?
RAMPONNEAU
Non, sûrement, je ne le crains pas; mais je l'évite. Et puis, j'ai des choses à vous dire, Guiliemette. Premièrement, que les dix mille livres promises par M. de Fitz-Onnall, M"® de Pompadour me les donne. Je vais avoir ma guinguette, ô gué I le Tambour Royal est à moi !
GUILLEMETTE
Je le savais, Ramponneau, et je vous en félicite.
RAMPONNEAU
Voilà donc ma première ambition satisfaite. Reste la seconde. Et je viens vous demander, Guiliemette, d'accepter mon nom, mon cœur et mon Tambour. Oui, malgré cette aventure du moulin de Lawfeld, je...
GUILLEMETTE
Je vous remercie, Ramponneau ; mais ces dettes-là, voyezvous, il n'y a que ceux qui les doivent qui peuvent les payer.
RAMPONNEAU
Fort bien I mais si Fanfan ne payait. pas la sienne?
GUILLBMBTTB,
Fanfan la paiera, il me l'a promis.
BAMPONNBAU.
Et s*il manquait à sa parole? S*il vous était infidèle?
GUILLBMBTTB.
Lui, Fanfan? c'est impossible I
BAMPONNBAU.
Guillemette, Fanfan est mon ami, mais je m'aime, comme de raison, plus que lui. Je ne le trahirais pour personne au monde, excepté, bien entendu, pour moi-môme. Eh bien, dites, Guillemette, s'il vous était démontré que Fanfan aime une autre femme et qu'il en est aimé ?
GUILLEMETTE
Vous moquez- vous ? Quelle est cette femme ?
Ah dame I ce n'est pas la première venue, et la conquête est flatteuse. C'est...
GUILLEMETTE
C'est?
RAMPONNEAU
C'est M*« dePompadourl
GUILLBMBTTB.
]^me (Je Pompadour !... La bonne histoire! Est-ce que vous croyez qu'à Lawfeld M"* de Pompadour venait à un rendezvous de Fanfan? Elle tombait dans un piège de Maurepas.
RAMPONNEAU
A Lawfeld, oui. Mais ici, à Choisy, pourquoi, au lieu de recevoir Fanfan honnêtement, devant tous, va-t-elle venir en catimini le rejoindre dans ce coin écarté où nous sommes?