‹ Fanfan la TulipeChapitre 13 sur 126 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

RAMPONNBAU.

Ah ! je ne suis pas méchant, mais on n'aime pas à voir manger son bien en herbe. Je m'élance à la jument, et je veux la tirer par la bride. Mais elle me montre les dents, en faisant hin! hini et en me dévisageant d'une façon quasi humaine. Je vas la pousser... par l'autre côté; elle me détache une ruade à m'ouvrir le bec plus grand qu'un four. Oh I alors, la colère, l'amour de la propriété, me monte aux yeux, j'empoigne un échalas, et pif! paf I je vous lui assène deux ou trois bons coups. Là-dessus, il éclate derrière moi un tonnerre : — Attends, gredin I

ANTOINE, le poussant.

Bien dit !

RAMPONNEAU, sautant en arrière-

Ah ! vous m'avez fait peur, vous I j'ai cru que c'était lui ! Ohl mes enfants, quand il viendra, il faudra pourtant qu'il y en ait un qui me cache pendant trois jours et trois nuits, en me donnant à boire et à manger. (Murmures.)

ANTOINB.

Mais, à la parfin, qui était-ce ?

AAMPONNEAV.

Qui c'était ? Un être soldatesque et sauvage, haut de sept pieds, corné de noir, queuté de blanc, et des moustaches tout autour de la tète. Dame I je ne l'ai vu qu'en bloc, vous pensez ! Je suis parti comme une arbalète. Mais le tonnerre a couru après moi, avec un tremblement de ferraille, de jurons et de grosses bottes de sept cents lieues. Trédieul je m'essoufflais d'une belle peur! Mais, crac! voilà devant moi votre satanée rivière, une enjambée de quinze pieds. Et, comme j'y regardais à plusieurs fois, boum ! je sens par derrière la grosse botte qui me touche... à même. Oh! la botte, la peur, l'élan, tout ça a fait une si belle poussée que, je ne sais pas comment, je me suis trouvé collé à pic sur l'autre berge.

tt FANFAN LA TULIPE.

GUILLBMBTTB, ilnt.

Impossible, du coup, aux grosses bottes de s'envoler par le même chemin I

Oui, mais, pendant que je m'accrochais et que je m'écorchais aux ronces du talus, savez-vous ce que me criait la grosse voix? c Je te rattraperai à Rosel, misérable I quand je devrais, pour te retrouver, y mettre tout à feu et à sang I »

TOUS, avee épooTante.

Ohl

BAMPONNBAU.

Et, à présent, où est-il, le brave qui va sauver ma pauvre peau?

ANTOINE

Pas moi, ni personne I

GUILLBMBTTB.

C'est votre faute.

ALISON

Payez votre méchanceté.

RAMPONNBAU.

Mais c'était pour garder nos herbages I

ALISON, regardant aa loin.

Ah ! le cheval et Thomme I

RAMPONNBAU.

A moif

TOUS

Sauve qui peut I (On roU Fanfan arrirant à cheral au grand troL Cris d'eflhoi. Boolerersement généraL Tous prennent éperdument la ftiite. La place est nette en un clin d'oeil. Ramponneau seul, repoussé de tous côtés, ahuri, défUllant, tombe, la foce renrersée sur la margelle de l'abreuroir.)

FANFAN, arrêtant son cheval et regardant autour de lui*

Jolie rentrée !

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