‹ Fanfan la TulipeChapitre 49 sur 126 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

VOUS donner toutes les explications que vous pouvez désirer.

FANPAN.

Ah ! eh bien, franchement, vous me ferez plaisir. Je ne serais pas fâché de savoir au juste où je vais, où je suis, si je dors ou si je rêve.

Asseyez-vous donc.

FANFAN

Pardon I si ça vous est égal, je suis plus à mon aise debout.

F ITZ -ONNAL L, «Mis, obserrant Taffet de ton récit sur Fanfan.

Vous connaîtrez plus tard en détail les douloureux événements qui ont précédé votre naissance : à savoir la longue et implacable inimitié qui divisait deux des plus illustres maisons de Bretagne, les Pen-Hoël et les La Tour-d'Avon. Vous avez bien entendu parler de ces guerres de famille ?...

FANFAN

Oui, c'est assez Tusage : les petits entre eux s'aiment, mais les grands se haïssent.

FITZ-ONNALL.

Un jour, le duc de Pen-Hoël, en débarquant à Brest d'un voyage aux Indes, reçut ce coup affreux : en son absence, sa fille unique, Armande de Pen-Hoël, avait été séduite — par qui ? Par le jeune marquis de La Tour-d'Avon 1

FANFAN

Oui, c'est l'usage encore : les vieux se haïssent, les jeunes s'aiment.

FITZ-ONNALL.

Le choc des deux hommes fut violent et comme sauvage. Le duc débuta par souffleter le marquis, lui fit mettre ainsi répée à la main, et le tua.

9Î FANFAN LA TULIPB.

FANFAN-

Oh t oh t il était vif, ce seigneur I

FITI-ONNALL, patliéUqae.

11 alla ensuite à sa ûlle. c Je vous apporte des nouvelles de votre amant, i Elle releva la tète : « Il n'est pas mon amant, il est mon mari ; nous sommes mariés secrètement. — Eh bien, vous êtes veuve. » Elle tomba de sa hauteur, évanouie ; la ûèvre la prit, le délire ; elle expira le surlendemain. Mais, avant de rendre Tâme, elle eut une lueur de raison terrible et cria à son père : c Et mon enflant? avez-vous tué aussi mon enfant ? »

FANFAN, éma.

Oh 1 elle avait un enfknt, la pauvre femme I

FITZ-ONNALL.

Oui, un fils, né depuis dix jours. En apprenant le retour de son père, elle avait envoyé son mari mettre à Tabri leur plus cher trésor, et le marquis de La Tour-d'Avon revenait justement de confier son fils à des mains sûres quand il avait été provoqué et tué par le duc.

FANFAN

Lui seul alors aurait pu dire ce qu'était devenu l'entant.

FITZ-ONNALL.

Lui seul. Et le duc de Pen-Hoël au désespoir eut beau fouiller, hameau par hameau, la Bretagne, il ne retrouva pas son petit-fils, tout ce qui lui restait au monde. Fou de douleur, il alla rejoindre Dupleix aux Indes et s'y jeta à corps perdu dans la lutte et dans le danger. Il n'a pourtant réussi à y mourir que l'année dernière.

Oui, c'est là une cruelle aveftturel

FITZ-ONNALL, rivement.

N'est-ce pas ? ^

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