ACTE IV
Ahl ah! moi qui m'obstinais à ne viser la favorite qu'à la tète, ne lui soupçonnant pas... disons un cœuri Abl elle se passe un vrai caprice! Ceci rentre dans mes moyens. La chanson, vous savez, c'est mon grand outil de règne. Si je pouvais envoyer voltiger et fredonner sur les lèvres des hommes quelque friand refrain des royales amours de Fanfan la Tulipe!... Baronnet, à partir de ce moment, donnons-nous, vous et moi, ce but : prendre dans un doux flagrant délit la belle et son cavalier. La marquise, avec son adresse, se relèverait toujours d'une disgrâce momentanée, mais non pas d'un scandale bruyant et d'une répudiation éclatante.
FANFAN, caché.
Miséricorde !
FITZ-ONNALL, négligemment.
Et puis, d'une pierre on ferait deux coups, en se débarrassant de ce cousin, qui devenait gênant, en vérité, avec ses oppositions et ses airs de maître.
MAUREPAS
Oui, la Bastille le calmerait.
FITZ-ONNALL.
Oh l si vous le permettez, monsieur le comte, je vous demanderais quelque chose de plus?
FANFAN, àparU
Merci bien I
FITZ-ONNALL.
Si en réalité notre héritier de fraîche date, actuellement substitué à la Compagnie des Indes, se trouve gravement compromis dans cet esclandre, ne pourrait-on prononcer contre lui, en môme temps que l'emprisonnement, la conûscation de ses biens?
MAUREPAS
Au profit de son plus proche parent peutrètre?
FITZ-ONNALL.
Naturellement je réclamerais mon droit.
PANFAN, à part.
Ahl la lanterne s'éclaire 1
MAURBPAS, riADl.
Vous n*ôtes pas tendre pour votre famille, Fitz-Onnalll
FITZ-ONNALL, tétant Haurepas.
Bah! qui sait?... mon nouveau cousin' est soldat, il est même colonel, il va partir pour la guerre... Qui sait si, en l'envoyant en prison, je ne le sauverais pas d'un boulet?
MAVREPAS.
Oh! mais vous commandez, je crois, au corps d'armée dont il fait partie, et vous le ménageriez.
FITZ-ONNALL, riant.
Oui, mais je ne pourrais cependant pas non plus lui refuser un poste d'honneur, ou le priver d'un péril glorieux. Enfin, je ne pourrais pas empêcher un des miens d'être un héros et de se faire tuer.
F AN FAN, à part.
L'infâme !
MAUREPAS, grayement.
Ah çà! pardon, mon cher, permettez-moi une question ; vous êtes certain que cet homme est le marquis de la Tourd'Avon?
FITZ-ONNALL.
Sans doute.
MAUREPAS
Vous en avez les preuves?
FITZ-ONNALL.
Je vous les apportais. Des preuves irrécusables, appuyées d'pn iteoignage formel.