ACTE IV
MAURBPAS.
C'est qu'on est tous les jours la dupe d'un intrigant... Vous n'êtes pas sans avoir entendu parler de cette triste affaire Montgiron, qui a causé de tant bruit sous la Régence?
Oui, oui, le Montgiron était, je crois, un fourbe maladroit qui avait soudoyé un pauvre diable, une espèce d'homme de paille, pour ressusciter en sa personne un héritier perdu. Son complice le dénonça, comme de raison. N'avait-il pas aussi mêlé Dubois dans l'intrigue?
FAN FAN, à part
Pleine lumière! à la bonne heure!
MAURBPAS.
Oui, mais un Maurepas n'est pas un Dubois.
FITZ-ONNALL.
Et un Fitz-Onnall n'est pas un Montgiron.
MAURBPAS.
J'en suis convaincu.
FAN FAN, à part.
Pas moi. A mon tour, (n disparaît.)
FITZ-ONNALL.
Pour moi, monsieur le comte, si j'appelle ces rigueurs sur notre sauvage marquis, c'est qu'en vérité, pouf ce mariage de Blanche de Rosel, il se dresse contre nous comme un
vrai danger. . . (Panfan reparaît par le fond.) MAUREPAS.
Silence! le voici!
FITZ-ONNALL.
Ah î c'est vous, mon cher marquis.
FANFAN
Oui, je vous cherchais.
FITZ-ONNALL.
Qu*avie2-vous à me dire?
FANFAN
Ehl mon bon Dieul que j'ai réfléchi, et que, tout bien pesé, je ne me sens pas décidément de vocation pour être marquis.
FITZ-ONNALL.
Qu'est-ce que cela signiûe?
FANFAN
J'espérais pouvoir être utile à ceux que j'aime, mais je crois que je leur serais plutôt funeste. Reprenez vos titres et vos biens, je reprends ma hberté.
FITZ-ONNALL.
Êtes- VOUS fou? Vous repoussez la fortune?
FANFAN, IbulUant à sa poche.
Avec joie. Je vas vous rendre vos billets.
Vous renoncez à votre grade ?
FANFAN
Avec empressement. J'ai là votre brevet.
FITZ-ONNALL.
Oh! mais cela ne se peut pas, monsieur! On n'abdiqûè pas un nom^ on ne se dépouille pas d'un droit comme d'un habit. Vous êtes gentilhomme...
FANFAN
En êtes-vous bien sûr?