SCENE
Entrent FITZ-ONNALL, arrivant au fond par la gauche, MAUREPAS, arrivant par la droite.
FITZ-ONNALL, à quelques officiers.
Le maréchal de Saxe passera forcément par ici; je vais l'attendre.
MAUREPAS
Ah 1 monsieur le baronnet, un mot.
FITZ-ONNALL, apercevant Ramponneau.
Ramponneau! ne vous éloignez pas. (sortent Ramponneau et Guillemette.)
MAUREPAS, brusquement.
Eh bien, monsieur... la Pompadour l'emporte! voilà notre partie décidément perdue !
ttS FANFAN LA TULIPE.
FITZ-ONNALL.
Comment, perdue?
MAUREPAS
Et d*abord, voyons, cette partie, oui ou non, la jouionsnous ensemble?
FITZ-ONNALL.
Assurément, monseigneur*
MAUREPAS
Ah I c'est qu'il me semble bien que vous tenez vos cartes, mais non les miennes. Votre cousin a été encore une fois exposé cette nuit à un péril mortel...
FITZ-ONNALL.
Dont il s'est encore tiré par un coup de bonheur et d'audace incroyable. Mais, pour vous comme pour moi, monsieur le comte, cet homme est l'obstacle, et c'est votre jeu comme le mien de le briser.
MAUREPAS
Eh non I il ne faut songer à briser les obstacles que quand on ne peut pas les tourner. Quel est — ou plutôt quel était — mon jeu à moi? Viser d'abord à surprendre dans un téte-àtôte un peu transparent ma marquise et votre marquis. Hâter ensuite, au gré du roi, le mariage de votre pupille... son mariage avec vous, son mariage avec lui, n'importe ! l'essentiel était qu'il fût expédié vite. Mais, que diable I pour atteindre ce double et gracieux but, il n'y avait qu'à procéder à la française, avec un peu d'esprit et quelque légèreté de main. Inutile d'avoir recours à vos moyens tragiques. Quand on n'a qu'à broder du Marivaux*, à quoi sert de broyer du Crébillon?
FITZ-ONNALL.
Oh! monsieur, convenez aussi qu'il était exaspérant do