‹ Fanfan la TulipeChapitre 94 sur 126 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

GUILLEMETTE, entrant.

On zy chaDteriom' à not'e lois! !...

Ah !... Je vous cherchais, Fanfan !

F AN FAN , arec une Toix grosse encore de larmes.

Te me cherchais?

GUILLEMETTE

Oui, pour vous faire savoir plusieurs choses. Et d'abord, j*ai si bien prêché M"« Blanche pour qu'elle ait confiance en vous, qu'enfin elle va tout à l'heure signer le contrat, sans trop de peur ni de peine.

FANFAN

Ah !... Tu me crois donc, toi, petite âme?

GUILLEMETTE

Eh ! oui, je vous crois. Je .ne connais pas votre idée, mais je suis sûre au dedans de moi que, si on ne vous contrarie pas, tout ira bien, et qu'avec vous, oh ! il n'y a pas de danger I — Vous ne vous souvenez donc pas, Fanfan ? quand j'étais petite et que vous me faisiez sauter en l'air dans vos bras, bien haut quelquefois, ma mère vous criait : Prend3 donc garde ! Mais moi je vous sentais fort et adroit, et je riais... je n'avais pas peur!

FANFAN

Ma petite sœur ! tu as un peu d'amitié pour moi, toi, alors ?

GUILLEMETTE

Un peu d'amitié?... Oh! Fanfan I penser à quelqu'un toute la journée, en faire des songes la nuit, ne rien tant souhaiter au monde que de le servir et de lui complaire, — est-ce que ça peut s'appeler avoir un peu d'amitié?

FANFAN

Guillemette! ma petite Guillemette!... Ah çà! mais, Zémire, j'étais donc un ingrat aussi, moi! — Ah! tiens mon enfant, tu me sauves !

lU FANFAN LA TULIPE.

GUILLBXETTE.

Je VOUS sauve?

FANFAN

Oui J'allais pourtant mo laisser avaler sans seulement crier : Dieu m'assiste! Mais non! non! non! je vas encore me mettre en travers.

UNE ORDONNANCE, entrant elrénettant un pli à Fanfan.

De la part de M. le maréchal de Saxe.

FANFAN

Merci! (uordonnance tort.) Le maréchal m'a tenu parole. Guillemotte, Ramponneau t'a-t-il dit qu'il s'était assuré d'une voiture pour emmener, ce soir, M"« de Rosel loin du camp, loin du roi, loin de moi-même?

GUILLBMETTE.

Oui, la voiture nous attendra à l'heure dite.

FANFAN

Bien ! Prends ce sauf-conduit mon enfant. Vous le montrerez, sur la route, à quiconque essaierait, fût-ce au nom du roi, de vous barrer le passage.

Oh ! Mademoiselle sera-t-elle contente !

FANFAN

Maintenant, tiens, Guillemette, tu remettras ce chapelet à Angélus; avec cet écrit, que j'ai dicté à Ramponneau, qui fl*ya compris goutte.

GUILLEMETTE

Ah ! mais, dites donc, vous n'êtes pas en danger, Fanfan?

FANFAN, l'embrassant.

Non! embrasse-moi, petite! Non! pas en danger! du moment qu'on m'aime I

Page 1