‹ FannyChapitre 7 sur 15 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

neuves, le frôlement de la robe, et puis Fanny est

entrée on ne sait oij, dans la muraille. Est-ce une ombre, une femme? Est-ce un fantôme? Au même instant le silence et la nuit complaisante tombent sur cette maison discrète. On ne sait plus si elle est habitée, si elle appartient aux vivants.... Écoutez. Tous les bruits se taisent! tous les habitants de cette maison se calment par enchantement. Pas un ménage oii l'on se dispute, pas un chien qui aboie, et pas même le cri d'un enfant! Dans ces maisons parisiennes, hospitalières aux amours défendues, on dirait que chacun s'est donné le mot pour ne rien entendre, et pour ne rien voir. Les habitants ne songent plus à descendre, et l'huissier lui-même n'ose plus entrer. Telle sera la maison du jeune, amoureux de Fanny, tant que Fanny sera là-haut.

Fanny, c'est la dame annoncée et prédite par toutes les écritures de l'amour. Elle est la sœur de la belle Hélène, et la sœur de Corinne, amoureuse d'Ovide. Ovide en ses Amours la célèbre, et plus d'un trait se pourrait appliquer à l'amant de Fanny ; même je vous avertis que cette fois l'amant est plus jeune, et de beaucoup, que la maîtresse ; il n'a que vingt-quatre ans, elle en a trente-cinq. J'ai l'honneur de vous le dire, elle a onze ans de plus que ce jeune homme, et ces onze ans de plus donnent tout de suite à nos fictions les apparences les plus vives de la réalité. Que ce livre, en effet, soit de V école réaliste^ il nous serait impossible de le dire avant que l'on ait inventé un mot plus français que ce réalisme. Ah ! les barbares qui font ces barbaries et qui les expliquent avec des paroles dignes des plus hi-

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