Fanny, étude. Avec une préf. nouv
Je suis certain que si Waller Scott et de Balzac avaient eu Tidôe d'écrire leurs Mémoires, et surtout s'ils y avaient (idôlement consigné tout ce qu'ils pouvaient raconter d'intéressant au public au sujet de la composition de leurs admirables romans, nous serions beaucoup moins exposés que nous ne le sommes, depuis vingt ans, à lire un grand nombre de livres mal faits, et les jeunes gens qui se destinent à la carrière littéraire, au lieu de disperser, comme ils le font, leurs forces et leur talent, s'émaciant et s'émasculant par des productions hâlives, et qui n'ont que des rapports excessivement éloignés avec la littérature , posséderaient enfm une sorte de grammaire qui leur enseignerait les éléments de l'art et leur éviterait de pénibles tâtonnements.
Je suis bien éloigné d'attacher à mes livres «— môme par modestie — l'imporlance que le monde entier accordera toujours aux œuvres des deux écrivains que je viens de nommer, mais je suis convaincu qu'il y aura, de tout
Il F A N N Y
temps, quelque chose d'utile à apprendre, pour le public, dans les plus minimes productions de tout écrivain qui prend son art au sérieux. C'est à ce titre seul que je vais essayer — en mettant de côté le sentiment de répulsion que j'éprouve à Pidée d'entretenir le public de ma personne — de vider ici une question qui lit pas mal de bruit, il y a douze ans, dans les salons et le monde de la critique, et que j'aurais laissé dormir, avec tant d'autres qui m'intéressent plus que personne, si je n'en avais été dissuadé, très-peu de temps avant sa mort, par l'un de mes meilleurs amis, par Sainte- Beuve, lô veux parler des origines de mon premier roman, du livreauquel jedois d'être le peu — mais tout le peu — que je suis, de Fanny, Lorsque je publiai cette première c étude, » qui devait m'attirer tant d'injures, et, par compensation, me faire tant d'ennemis — qui m'ont rendu service — la critique se fabriqua tout de suite une opinion sur sa provenance, opinion absurde et qui montre surabondamment combien les hommes forts, qui ont la prétention de nous apprendre notre métier, le connaissent peu. Cette opinion était que l'auteur du nouveau roman ne pouvait être qu'un c bon jeune