ACTE PREMIEtl S
BRÉDIF.
Gommeot, sur quoi?... faut-il être sorcier pour devinei qu'une fois seule avec monsieur , vous êtes dépêchée de lui parler des Noriolis?
MADAME BRÉDIF
Ah! en effet...
BRÉDIF.
Et monsieur vous disait ? . . .
MADAME BRÉDIF.
Mais...
FRONDEVILLE
J*étais en train dé dire à madame le peu que je sais... Je me rappelle avoir vu les deux Noriolis, le fils et le père, il y a une quinzaine d'années... le père était déjà un beau vieillard^ criblé de dettes de la tète aux pieds. Quant au fils, quelques mois après le jour où je le vis pour la première fois, il liquida eu se brûlant la cervelle...
BIRNHEIM.
Pour les femmes, n'est-ce pas? Tout cela pour les femmesl
FRONDEVILLE
Te voilà content^toil
BIRNHEIM.
Je m? souviens très- bien de l'avoir vu, le vieux Noriolis, à rOpéra, dans le foyer de la danse; j'étais tout petit» moi, alors. Continue, mon ami!...
FRONDEVILLE
L'histoire ici tourne à la légende... Après la mort de son fils^ le vieux Noriolis. disparait... On le suit pendant quelque temps à Londres, perdu dans la plus basse misère... Il y a six mois, on apprit que le château de la famille venait d'être racheté, que le vieux marquis n'était pas mort, qu'il avait épousé à Londres, une femme très-riche, et qu'il allait revenir aux Roches-Blanches. En effet, il y revint avec sa femme*
* Birnheim, Fronde?ille, Brédif, mAdamc Brédii*.
f\ FANNY LEAU
MADAME BRRDIF *,
Mais le marquis et la marquise ne sont pas seuls au château ; n'y a-t-il pas une jeune fille?...
FRONDEVILLE
C'est la fille de celui qui s'est tué. Quant à elle, madame de Frondeville pourrait vous en parler mieux que je ne vous en parlerai moi-même.
MADAME BRÉDIP.
Madame de...
FRONDEVILLE
Oui, ma femme. Mademoiselle de Noriolis avait ëtë élevée dans un couvent, par charité. Quand elle eut dix-huit ans, madame de Frondeville, qui était seule, eut envie de la prendre avec elle ; s'autorisant du droit que lui pouvaient donner les relations qui avaient toujours existé entre les deux familles, elle fit les démarches nécessaires, et ce qu'elle demandait lui fut accordé : mademoiselle de Noriolis vint vivre près d'elle... Mais, il y a environ six semaines, madame de Frondeville m'écrivit que le vieux marquis redemandait sa petite-fille, et que cela lui faisait, à elle, beaucoup de peine... Elle fut cependant bien obligée de la laisser partir. Maintenant, vous en savez autant que moi... Voulez-vous que je sonne pour que l'on nous donne du thé?.,.
MADAME nuÉDIF, allant au fond allumer nn boageoir. Je VOUS rem rcie, quant à moi... deux heures de voiture ce matin, pour venir de Nizerolles ici, et il est onze heures déjà!...
BRÉDIF **.
Comment, onze heures... et... (a Bimheim.) Et à quelle heure m'avez-voas dit qu'il fallait nous lever demain?...
BIRNHEIM.
A quatre heures du matin.
Pourquoi faire? grands dieux!
* Birnhcim, Frondeville. madame Brédif Brédif.
* Birnheim, Brédif, madame Brédif., Frondevilla.